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Nouveau pétrolier sous sanctions internationales en provenance de Russie : le Tagor. Photo : Capture d'écran du compte X d'Emmanuel Macron.

Flotte fantôme russe : la France arraisonne le pétrolier Tagor et relance le bras de fer sur les sanctions pétrolières

Un pétrolier en provenance de Russie, soupçonné d’appartenir à la flotte dite « fantôme », a été arraisonné par la France au large de l’Atlantique avant d’être conduit en baie de Douarnenez. L’opération, menée dans un contexte de tensions autour des sanctions européennes, suscite une vive réaction de Moscou et relance les accusations de contournement du droit international.

Le pétrolier Tagor, en provenance du port russe de Mourmansk, a été intercepté dimanche par la Marine française à plus de 400 milles nautiques, soit environ 740 kilomètres à l’ouest de la Bretagne. Le navire se dirigeait vers Limbé, au Cameroun, lorsqu’il a été stoppé dans le cadre d’une opération maritime autorisée par la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

Selon les autorités françaises, le bâtiment, suspecté d’utiliser un faux pavillon camerounais, faisait partie de la « flotte fantôme » russe, un ensemble de navires utilisés pour contourner les sanctions occidentales visant les exportations de pétrole de Moscou.

Le navire a ensuite été escorté jusqu’à la baie de Douarnenez, dans le Finistère, où il est arrivé mardi aux alentours de 8 heures, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.

Une enquête ouverte pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer

Une fois immobilisé, le pétrolier a été placé à disposition de la justice française. Une enquête de flagrance a été ouverte pour « défaut de pavillon » et « refus d’obtempérer ».

Le capitaine du navire, de nationalité russe, aurait selon le parquet maritime de Brest « refusé à de multiples reprises d’obtempérer aux consignes » des militaires français. Cette résistance a conduit à la décision de monter à bord du bâtiment pour en prendre le contrôle.

Le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, a indiqué qu’un point serait fait sur la procédure judiciaire dans les jours suivants, alors que le navire reste immobilisé en baie de Douarnenez.

Moscou dénonce une opération « à la limite de la piraterie internationale »

L’arraisonnement a immédiatement provoqué une réaction du Kremlin. Par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, la Russie a dénoncé une opération « à la limite de la piraterie internationale », contestant la légalité de l’intervention française.

Côté français, la position est inverse. Emmanuel Macron a défendu l’opération, affirmant qu’« il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans ».

Le président français a également réaffirmé la « détermination constante et totale » de la France à lutter contre les navires impliqués dans le contournement des sanctions européennes.

La « flotte fantôme », un réseau maritime au cœur des sanctions

Le navire Tagor s’inscrit dans un phénomène plus large : celui de la flotte dite « fantôme » russe. Ces pétroliers, souvent anciens et opérant sous pavillons changeants ou contestés, sont soupçonnés de permettre à la Russie de continuer à exporter son pétrole malgré les sanctions européennes.

Selon plusieurs sources françaises et européennes, cette opération est la quatrième intervention de ce type menée par la France depuis 2025, après les arraisonnements du Boracay en septembre 2025 au large d’Ouessant, puis du Deyna et du Grinch en 2026 en Méditerranée.

Une arrivée surveillée en baie de Douarnenez

L’arrivée du pétrolier dans la baie de Douarnenez, au large du Crozon, a été observée mardi matin dans un climat de forte surveillance maritime. Le navire y restera immobilisé le temps de l’enquête, sous contrôle des autorités françaises.

Cette opération illustre l’intensification des contrôles en mer visant les navires soupçonnés de violer les sanctions internationales, dans un contexte de tension persistante entre l’Union européenne et la Russie.

Sources :
Le Figaro
Ouest-France
Le Télégramme
Le Monde

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