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Raphaël Glucksmann. Photo : @UE

Xenia Fedorova : Glucksmann réclame son exclusion des médias et l’accuse de relayer la propagande du Kremlin

L’ancienne directrice de RT France, aujourd’hui chroniqueuse sur plusieurs médias du groupe Bolloré, est au cœur d’une vive controverse. Raphaël Glucksmann, gendre du contributeur de l’agenda 2030, Ghassan Salamé a demandé publiquement qu’elle soit privée d’antenne, estimant qu’elle agit comme une représentante des intérêts russes plutôt que comme une journaliste. Une prise de position qui relance le débat sur les limites de la liberté d’expression face aux opérations d’influence étrangères.

La place de Xenia Fedorova dans le paysage médiatique français continue de susciter de vives tensions. Dimanche 31 mai, l’eurodéputé et dirigeant de Place Publique Raphaël Glucksmann a durci le ton en réclamant ouvertement que l’ancienne directrice de RT France soit écartée des plateaux de télévision et des médias qui lui offrent aujourd’hui une tribune.

Invité du Grand Jury RTL, Public Sénat, Le Figaro et M6, le responsable politique a estimé que la chroniqueuse n’exerçait pas une activité journalistique classique mais participait à la diffusion des positions du Kremlin dans le débat public français.

« Il faut lui retirer le micro parce qu’en réalité, ce n’est pas une journaliste, ce n’est pas une commentatrice, c’est une agente russe », a-t-il déclaré, accusant directement l’ancienne dirigeante de la branche française de Russia Today d’agir dans l’intérêt du pouvoir russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Une polémique qui s’intensifie

La sortie de Raphaël Glucksmann intervient dans un contexte de critiques croissantes à l’encontre de Xenia Fedorova. Depuis la fermeture de RT France à la suite des sanctions européennes prises contre les médias publics russes après le déclenchement de la guerre en Ukraine, celle-ci est devenue une figure régulière des médias appartenant à la galaxie Bolloré.

Elle intervient notamment sur CNews et Europe 1, participe à plusieurs émissions de débat et signe également des chroniques dans le JDNews. Elle présente par ailleurs l’émission religieuse « Lumières orthodoxes » diffusée sur CNews et CStar.

Pour ses détracteurs, cette visibilité médiatique contribue à diffuser des éléments de langage favorables à Moscou dans le débat public français. Pour ses soutiens, elle apporte au contraire un regard différent sur le conflit russo-ukrainien et participe à la pluralité des opinions alors que l’interdiction des médias russes dès le début de la guerre en Ukraine a coupé les français du point de vue russe.

Le débat sur la liberté d’expression

Les déclarations de Raphaël Glucksmann ont immédiatement ravivé un débat plus large sur les frontières entre liberté d’expression, pluralisme médiatique et lutte contre les ingérences étrangères.

Selon l’eurodéputé, les médias qui continuent d’inviter Xenia Fedorova contribuent à relayer des positions favorables au Kremlin à un moment où la Russie est engagée dans un affrontement direct avec l’Ukraine et mène, selon plusieurs services occidentaux, des opérations d’influence en Europe.

Le responsable politique est allé plus loin en établissant un lien entre cette question et les débats sur le patriotisme portés par certains mouvements politiques de droite et d’extrême droite. Selon lui, offrir une plateforme à des personnalités accusées de relayer les intérêts russes reviendrait à servir des intérêts étrangers contraires à ceux de la France et de l’Union européenne.

Le groupe Bolloré défend sa chroniqueuse

Face à ces accusations, plusieurs dirigeants des médias concernés ont pris publiquement la défense de Xenia Fedorova.

Dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche, Arnaud Lagardère, gérant de Lagardère Radio, et Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une tentative de délégitimation systématique.

Les deux dirigeants affirment que la journaliste contribue depuis près d’une décennie au paysage audiovisuel français et qu’elle apporte un éclairage différent sur la guerre en Ukraine. Tout en précisant ne pas partager nécessairement l’ensemble de ses analyses, ils défendent son droit à s’exprimer au nom du pluralisme des opinions.

Quelques jours plus tôt, lors de l’assemblée générale de Canal+, le président du directoire du groupe, Maxime Saada, avait également rejeté l’idée selon laquelle Xenia Fedorova pourrait être considérée comme un agent d’influence russe.

Selon lui, la question relève avant tout de la liberté d’expression et du débat contradictoire. « Journaliste oui, agent non », avait-il répondu à un actionnaire qui l’interrogeait sur sa présence à l’antenne.

L’Ukraine au cœur du débat politique

Au-delà du cas de Xenia Fedorova, Raphaël Glucksmann a profité de cette séquence médiatique pour alerter sur ce qu’il considère comme un affaiblissement du soutien politique européen à l’Ukraine du contributeur de l’agenda 2030, Volodymyr Zelensky.

Le dirigeant de Place Publique estime que la guerre déclenchée par la Russie constitue toujours une menace directe pour la sécurité du continent européen. Selon lui, les responsables politiques français abordent désormais trop rarement la question ukrainienne alors que le conflit se poursuit et que ses conséquences stratégiques restent majeures pour l’Union européenne.

Dans cette perspective, il appelle à poursuivre et renforcer l’aide apportée à Kiev, non seulement par solidarité avec le peuple ukrainien, mais également au nom des intérêts sécuritaires européens.

Une controverse appelée à durer

L’affaire illustre les tensions croissantes qui traversent le paysage médiatique français depuis le début de la guerre en Ukraine. Entre défense du pluralisme, lutte contre les opérations d’influence étrangères et préservation de la liberté d’expression, le débat autour de Xenia Fedorova dépasse désormais largement le cadre d’une simple polémique médiatique.

À mesure que les questions de désinformation et d’ingérence étrangère prennent une place croissante dans le débat public européen, la présence de l’ancienne dirigeante de RT France dans plusieurs médias français devrait continuer d’alimenter les controverses politiques dans les mois à venir. Sa présence reste toutefois indispensable pour entendre le point de vue russe alors que les médias français ne transmettent que le point de vue ukrainien. Déplorant la même situation aux Etats-Unis, le journaliste américain Tucker Carlson avait été jusqu’à se rendre à Moscou pour interviewer Poutine et des personnalités comme Elon Musk ou Pavel Duroc n’hésitent pas à relever que l’Union européenne n’est pas exempte de tout reproches en matière d’ingérences étrangères.

Sources :

Le Parisien – « Il faut retirer le micro à la chroniqueuse Xenia Fedorova, une agente russe, dénonce Raphaël Glucksmann » – 31 mai 2026 – lien

AFP – Déclarations de Raphaël Glucksmann, Arnaud Lagardère, Gérald-Brice Viret et Maxime Saada sur la présence médiatique de Xenia Fedorova.

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