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Enseigne du groupe japonais SoftBank. Photo : @MIKI Yoshihito / Flickr

Centres de données IA : SoftBank investit 75 milliards d’euros en France et accélère la course aux infrastructures géantes

La France confirme son statut de place forte européenne pour les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle. À l’occasion du sommet Choose France 2026, le groupe japonais SoftBank annonce un investissement record de 75 milliards d’euros pour développer plusieurs centres de données géants dans le nord du pays. Une annonce qui illustre l’intensification de la compétition mondiale autour de l’IA, tout en relançant les débats sur l’énergie, l’eau et l’aménagement du territoire.

La neuvième édition du sommet Choose France, organisée le 1er juin 2026, restera marquée par une annonce d’une ampleur inédite. Le groupe japonais SoftBank prévoit d’investir 75 milliards d’euros en France dans le développement de centres de données destinés à l’intelligence artificielle. Selon les informations dévoilées avant l’événement, il s’agit du plus important investissement de ce type jamais annoncé en Europe.

Cette décision intervient alors que l’attractivité globale de la France pour les investissements étrangers montre des signes de ralentissement. Malgré une baisse du nombre de projets recensés sur un an, l’Hexagone conserve un avantage stratégique dans un domaine devenu central : l’accueil des infrastructures numériques nécessaires à l’essor de l’intelligence artificielle.

Au cœur du projet figurent trois centres de données qui seront implantés dans les Hauts-de-France, à Dunkerque, Bouchain et Bosquel. La première phase prévoit 45 milliards d’euros de dépenses d’ici à 2031. Le site de Bosquel, développé avec la société française Sesterce, affichera une puissance de 1 gigawatt. À lui seul, il représentera une capacité proche de celle déjà installée aujourd’hui dans l’ensemble du pays. Les deux autres installations atteindront également 1 gigawatt chacune. Le groupe français Schneider Electric participera à la réalisation industrielle de ces infrastructures.

Cette annonce prend une dimension particulière lorsqu’elle est comparée aux précédents engagements enregistrés dans le cadre de Choose France. Depuis la création de l’événement en 2018 par Emmanuel Macron, les investissements cumulés représentaient environ 87 milliards d’euros. Le projet porté par SoftBank approche à lui seul ce montant historique et illustre la montée en puissance spectaculaire des besoins liés à l’intelligence artificielle.

L’un des principaux arguments ayant convaincu SoftBank réside dans les caractéristiques du système électrique français. Grâce à son parc nucléaire, la France dispose d’une production abondante, relativement stable et largement décarbonée. La mise en place d’une procédure accélérée par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE a également facilité l’identification de terrains capables d’accueillir des centres de données de très grande taille avec des délais de raccordement réduits.

Le gouvernement a par ailleurs renforcé son arsenal législatif afin d’attirer ces investissements stratégiques. La récente loi de simplification de la vie économique permet à certains projets de bénéficier du statut de « projet d’intérêt national majeur ». Ce dispositif offre plusieurs avantages administratifs, notamment pour les raccordements électriques et les procédures d’autorisation.

Cependant, la croissance rapide des centres de données ne fait pas l’unanimité. Ces infrastructures nécessitent d’importantes quantités d’électricité mais aussi d’eau pour le refroidissement des équipements informatiques. Le texte de loi prévoit d’ailleurs qu’un permis de construire puisse être refusé dans les zones confrontées à des tensions durables sur la ressource en eau. Plusieurs organisations environnementales et élus locaux s’interrogent déjà sur les conséquences à long terme de la multiplication de ces installations géantes.

Au-delà de SoftBank, d’autres acteurs internationaux profitent du sommet Choose France pour annoncer de nouveaux engagements. Le fonds canadien Brookfield envisage d’accroître ses investissements dans les infrastructures numériques françaises tandis que le gestionnaire d’actifs Ardian et la société Verne prévoient le développement de nouvelles capacités de calcul. Ensemble, ces projets témoignent de l’accélération de la compétition mondiale autour de l’intelligence artificielle et des infrastructures qui la rendent possible.

Le secteur industriel bénéficie également de cette dynamique. Le groupe taïwanais Foxconn doit annoncer un investissement de 120 millions d’euros à Angers pour lancer une production de cartes mères électroniques en partenariat avec Bull. Cette initiative s’ajoute à un précédent projet industriel en Gironde destiné à la fabrication de composants électroniques stratégiques.

À travers ces annonces, la France cherche à consolider sa position au sein de la nouvelle géographie mondiale de l’intelligence artificielle. Mais derrière les montants spectaculaires et les ambitions technologiques, une question demeure : comment concilier souveraineté numérique, attractivité économique et gestion durable des ressources énergétiques et environnementales ?

Sources :

[Le Monde] – Le dernier sommet Choose France d’Emmanuel Macron confirme la course au gigantisme des centres de données pour l’IA – https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/01/le-dernier-sommet-choose-france-d-emmanuel-macron-confirme-la-course-au-gigantisme-des-centres-de-donnees-pour-l-intelligence-artificielle_6695879_3234.html

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