Plusieurs pays européens expérimentent une nouvelle méthode de lutte contre le moustique-tigre : le largage par drone de mâles stériles au-dessus des villes. Cette technique, sans insecticide, vise à réduire les populations responsables de la propagation de la dengue, du chikungunya et du virus Zika. Les premiers prototypes peuvent transporter jusqu’à 50 000 insectes par vol.
Selon Les Numériques, la méthode repose sur l’élevage en laboratoire de moustiques mâles, exposés à une irradiation qui les rend stériles sans altérer leur capacité à s’accoupler. Les femelles qui s’unissent à eux ne donnent alors aucune descendance viable. À mesure que la proportion de mâles stériles augmente, le nombre de naissances diminue, entraînant un déclin progressif de la population.
Le largage par drone permet de diffuser ces insectes sur de larges zones urbaines, là où les interventions au sol sont difficiles. Les nouveaux appareils peuvent embarquer jusqu’à 50 000 moustiques par vol, un saut quantitatif par rapport aux premières expérimentations.
Un cadre réglementaire assoupli
Le déploiement s’est accéléré après la révision de la réglementation européenne sur les drones, entrée en vigueur en janvier 2026. Les missions de santé publique bénéficient désormais d’un cadre administratif plus souple, facilitant les interventions en milieu urbain sous certaines conditions de sécurité.
Le projet OptiMoustik, lancé en 2026, combine cette diffusion aérienne avec l’outil de cartographie prédictive Arbocarto, qui anticipe les zones de prolifération. Cette approche associe robotique, biologie et données pour cibler les interventions au plus près des foyers.
Une alternative aux insecticides
Contrairement aux traitements chimiques, cette stratégie ne vise qu’une seule espèce et ne repose sur aucun produit toxique. Elle répond à une double préoccupation : l’efficacité de la lutte antivectorielle et la réduction de l’impact environnemental des campagnes de démoustication.
Le moustique-tigre, désormais implanté dans une grande partie de la France métropolitaine, est surveillé de près par les autorités sanitaires, qui activent chaque année des dispositifs renforcés à l’approche de l’été.
Conclusion : en confiant à des drones le largage de moustiques stériles, la lutte antivectorielle entre dans une nouvelle ère. Reste à confirmer, à grande échelle, l’efficacité d’une méthode prometteuse mais encore expérimentale.
Source : Les Numériques
