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Photo : compte Linkedin de Roxane Laigle.

Roxane Laigle, cofondatrice de Lemrock : « Les marques doivent se préparer à vendre dans ChatGPT et Claude »

À l’occasion du festival Zero to One organisé à Lyon, Roxane Laigle, cofondatrice de la deeptech française Lemrock, a présenté sa vision d’un marché en pleine émergence : le commerce agentique. Un secteur encore méconnu du grand public mais qui pourrait transformer en profondeur la manière dont les consommateurs découvrent et achètent des produits sur Internet.

Selon l’entrepreneure, les sites e-commerce traditionnels pourraient progressivement céder du terrain face aux assistants conversationnels dopés à l’intelligence artificielle comme ChatGPT, Claude ou Gemini.

« Demain, les consommateurs n’iront plus nécessairement sur les sites web traditionnels. Ils effectueront leurs recherches et leurs achats directement dans des interfaces conversationnelles », explique-t-elle.

Face à cette évolution, Lemrock ambitionne d’accompagner les marques et les e-commerçants dans leur transition vers ce nouvel écosystème.

Qu’est-ce que le commerce agentique ?

Le commerce agentique désigne l’intégration d’offres commerciales directement au sein des conversations générées par les intelligences artificielles.

Contrairement au référencement classique ou au GEO (Generative Engine Optimization), qui consiste à tenter d’influencer les réponses des modèles d’IA, Lemrock propose une approche différente.

L’entreprise développe une couche technologique capable d’identifier les intentions d’achat formulées dans une conversation et de faire apparaître les produits les plus pertinents au bon moment.

L’objectif est double : améliorer l’expérience utilisateur tout en permettant aux marques de conserver leur visibilité dans un environnement où les moteurs de recherche traditionnels pourraient perdre de leur importance.

« Nous détectons les intentions d’achat pertinentes dans une conversation et nous faisons apparaître le bon produit au bon moment pour la bonne personne », résume Roxane Laigle.

Au-delà de la publicité : les vitrines commerciales dans les IA

Si OpenAI prépare l’arrivée de la publicité dans ChatGPT, le commerce agentique ne se limite pas à un simple modèle publicitaire.

La dirigeante évoque notamment l’émergence de nouvelles formes de présence commerciale basées sur des MCP Apps permettant aux marques de disposer de véritables vitrines numériques au sein des assistants IA.

Ces mécanismes reposent notamment sur des protocoles spécialisés permettant aux agents conversationnels de dialoguer directement avec les catalogues des marchands.

Les approches diffèrent selon les acteurs du marché.

Chez Anthropic, la découvrabilité des commerçants s’appuie déjà sur ce type de protocoles. Du côté de ChatGPT, les mécanismes commerciaux restent plus limités en Europe tandis que les formats publicitaires sont progressivement déployés.

Pour les marchands, cette fragmentation représente un défi important.

C’est précisément là que Lemrock entend se positionner en proposant une solution centralisée capable de gérer simultanément les différents standards imposés par les grands modèles d’intelligence artificielle.

Une levée de fonds de 7 millions d’euros pour accélérer

Lemrock a récemment annoncé une levée de fonds de 7 millions d’euros afin d’accélérer son développement.

L’opération a notamment été menée avec le soutien de fonds spécialisés dans le retail et le e-commerce ainsi que l’arrivée au conseil d’administration de Jean-Baptiste Rudelle, fondateur de Criteo.

Cette nouvelle enveloppe financière permettra à la startup de renforcer ses équipes et d’accélérer son déploiement à l’international.

Après avoir consolidé sa présence en Europe, l’entreprise prévoit de se développer au Royaume-Uni puis aux États-Unis.

Pourquoi construire une startup IA en Europe ?

Alors que de nombreuses jeunes pousses technologiques choisissent de s’implanter directement aux États-Unis, Lemrock revendique son ancrage européen.

Pour Roxane Laigle, ce choix repose avant tout sur des considérations pragmatiques.

Elle met en avant la qualité du vivier de talents européens, la disponibilité des financements publics et privés ainsi que la solidité des relations commerciales développées sur le continent.

Selon elle, l’Europe offre un environnement particulièrement favorable à la construction d’entreprises technologiques durables.

« La technologie n’a plus réellement de frontières. On peut construire une entreprise européenne avec une ambition mondiale dès le premier jour », affirme-t-elle.

Régulation européenne : un avantage concurrentiel ?

Présente ce jeudi 28 mai à Zero to One lors d’une table ronde consacrée à la régulation européenne, la cofondatrice de Lemrock estime que le cadre réglementaire européen peut constituer un véritable avantage compétitif.

Alors que le commerce agentique reste encore largement à définir, plusieurs sujets sont déjà au centre des discussions : transparence des agents IA, traçabilité des recommandations, protection des données personnelles ou encore auditabilité des systèmes algorithmiques.

Lemrock participe activement à ces réflexions afin de contribuer à la création de standards européens pour ce nouveau marché.

L’ambition affichée est claire : éviter que l’ensemble de cet écosystème ne soit dominé exclusivement par des plateformes américaines fonctionnant comme des « boîtes noires ».

RGPD et IA : une approche “Privacy First”

La question de la protection des données occupe une place centrale dans la stratégie de l’entreprise.

Lemrock affirme respecter l’ensemble des exigences du RGPD ainsi que les réglementations européennes relatives à l’intelligence artificielle.

L’entreprise revendique une approche « Privacy First », intégrée dès la conception de ses technologies.

Cette philosophie conduit notamment à développer des modèles adaptés aux contraintes européennes plutôt que de reproduire certains modèles américains moins exigeants en matière de confidentialité.

Pour Roxane Laigle, cette orientation constitue non seulement une nécessité réglementaire mais également une opportunité économique majeure.

Le commerce agentique, prochain champ de bataille de l’IA

À mesure que les assistants conversationnels deviennent les nouveaux points d’entrée du web, la bataille pour la visibilité des marques se déplace progressivement vers ces interfaces intelligentes.

Pour les e-commerçants, l’enjeu dépasse désormais le référencement traditionnel : il s’agit d’apprendre à vendre dans un environnement où les recommandations seront de plus en plus générées par des agents conversationnels.

Avec sa technologie et ses ambitions internationales, Lemrock entend bien faire partie des acteurs européens qui définiront les règles de ce futur marché du commerce agentique.

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