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Poutine reçoit le président kazakh Tokaïev au Kremlin. Photo : capture d'écran de Buzz Plus Français - Youtube.

Kazakhstan : la Russie accorde un prêt de 16,5 milliards de dollars pour construire la première centrale nucléaire du pays

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Vladimir Poutine et le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev ont signé un accord stratégique prévoyant un prêt russe de 16,5 milliards de dollars pour financer la première centrale nucléaire du Kazakhstan. Un projet d’envergure confié à Rosatom qui marque un tournant énergétique majeur pour le pays d’Asie centrale.

Le jeudi 28 mai 2026, lors d’un déplacement officiel au Kazakhstan, le président russe Vladimir Poutine et son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev ont officialisé un accord de coopération énergétique majeur. Celui-ci prévoit un prêt de 16,5 milliards de dollars accordé par la Russie afin de financer la construction de la toute première centrale nucléaire du Kazakhstan.

Selon plusieurs sources, dont le média d’État kazakh The Astana Times, ce financement doit permettre de lancer un projet stratégique confié à l’entreprise publique russe Rosatom, spécialisée dans le nucléaire civil. La future centrale sera construite sur les rives du lac Balkhach, dans l’est du pays.

Vladimir Poutine a qualifié ce projet de « coopération énergétique clé entre les deux pays », estimant qu’il contribuera à la « sécurité énergétique à long terme du Kazakhstan » et permettra de fournir une électricité « abordable et à faible émission carbone » aux populations et aux entreprises.

Un tournant pour le Kazakhstan et son histoire nucléaire

Ce projet intervient dans un pays dont l’histoire avec le nucléaire est profondément marquée. Ancienne république soviétique, le Kazakhstan a longtemps servi de terrain d’essais nucléaires pour Moscou durant la guerre froide, notamment sur le site de Semipalatinsk. Ces essais ont laissé des conséquences sanitaires et environnementales durables, touchant des générations entières et contaminant de vastes zones du territoire.

Après son indépendance en 1991, le Kazakhstan avait fait du refus du nucléaire une position politique forte, jusqu’à un changement progressif d’orientation au cours des dernières années. Face à la hausse des besoins énergétiques et à la pression environnementale, le gouvernement kazakh a finalement relancé l’option nucléaire civil.

En 2024, un référendum national a confirmé ce choix avec environ 71 % de votes favorables, selon plusieurs sources dont Novastan. Ce vote, soutenu par une importante campagne gouvernementale, a ouvert la voie à la construction de la première centrale nucléaire du pays.

Le site retenu, le village d’Ülken, situé au bord du lac Balkhach, possède une forte charge symbolique. Un projet similaire y avait déjà été envisagé en 1984 à l’époque soviétique, avant d’être abandonné, selon plusieurs témoignages d’experts locaux comme Dmitry Kalmykov, directeur de l’écomusée de Karaganda.

Rosatom au cœur du projet

L’entreprise russe Rosatom a été choisie comme principal constructeur de la centrale. Acteur majeur du nucléaire mondial, elle est déjà impliquée dans de nombreux projets similaires à l’étranger. Le prêt russe de 16,5 milliards de dollars doit permettre de financer les infrastructures, les technologies et la mise en service progressive du site.

Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a salué un accord « d’importance stratégique », affirmant qu’il devrait renforcer la coopération scientifique, technologique et industrielle entre les deux pays, tout en soutenant le développement énergétique du Kazakhstan.

Selon The Astana Times, le projet devrait également favoriser la création d’un écosystème industriel autour de l’énergie nucléaire, incluant formation, recherche et développement.

Un équilibre diplomatique entre Moscou, Bruxelles et Washington

Ce rapprochement énergétique entre Astana et Moscou intervient dans un contexte diplomatique délicat. Depuis plusieurs années, le Kazakhstan cherche à diversifier ses alliances et à réduire sa dépendance historique à la Russie, notamment en renforçant ses relations avec l’Union européenne et les États-Unis.

En novembre 2024, le président kazakh avait signé avec Emmanuel Macron une déclaration de partenariat stratégique renforcé entre la France et le Kazakhstan. Quelques mois plus tard, en février 2026, The Astana Times rapportait également des échanges diplomatiques entre Kassym-Jomart Tokaïev et les États-Unis, illustrant une volonté d’équilibre géopolitique.

Malgré ces ouvertures vers l’Occident, la signature du prêt russe souligne la persistance de liens économiques et stratégiques forts entre Moscou et Astana, notamment dans les secteurs énergétiques et industriels.

Sources :
Le Figaro
Zonebourse
Boursorama

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