Après plusieurs mois de stagnation, la production pétrolière américaine repart à la hausse grâce à l’ouverture de nouveaux puits, principalement au Texas. Cette accélération intervient dans un contexte de tensions géopolitiques autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz, qui provoquent une flambée des prix du pétrole et poussent les majors américaines à revoir leur stratégie.
Les États-Unis renouent progressivement avec une politique d’expansion pétrolière massive. Depuis plusieurs semaines, les grandes compagnies énergétiques américaines augmentent leur activité de forage afin de profiter de la hausse du prix du baril provoquée par les tensions au Moyen-Orient.
Le slogan « Drill, baby, drill », popularisé par Donald Trump durant sa campagne présidentielle, semble retrouver une nouvelle résonance en 2026. Mais selon les analyses du Monde, cette reprise de la production américaine est davantage liée au contexte géopolitique international qu’aux décisions directes de la Maison-Blanche.
Une hausse du nombre de puits après plusieurs mois de stagnation
Selon les données du cabinet spécialisé Baker Hughes relayées par Reuters et Le Monde, les États-Unis comptent désormais 425 puits pétroliers actifs à la fin du mois de mai 2026. Le pays stagnait autour de 410 installations depuis janvier.
Le solde net est donc de 18 nouveaux puits ouverts sur le seul mois de mai 2026, marquant un changement de tendance après plusieurs mois de ralentissement du secteur énergétique américain.
L’essentiel des nouveaux forages se concentre dans le bassin permien, au Texas, considéré comme le plus grand gisement de pétrole de schiste des États-Unis. Cette région stratégique repose principalement sur la fracturation hydraulique, une technique régulièrement dénoncée pour son impact environnemental important.
La guerre en Iran et le détroit d’Ormuz bouleversent le marché
Cette relance de la production intervient alors que les marchés pétroliers mondiaux sont secoués par l’aggravation des tensions autour de Iran et la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
Les craintes sur l’approvisionnement énergétique mondial ont entraîné une forte hausse du prix du baril ces dernières semaines, poussant les majors pétrolières américaines à accélérer leurs investissements dans de nouveaux puits.
Le détroit d’Ormuz représente un axe essentiel pour les exportations mondiales d’hydrocarbures. Toute perturbation dans cette zone provoque immédiatement des réactions sur les marchés internationaux.
Selon Reuters, plusieurs compagnies pétrolières américaines avaient pourtant réduit leurs activités de forage au début de l’année 2026 face à des prix jugés moins favorables et à une demande plus hésitante.
Une production américaine déjà proche des records historiques
Les États-Unis restent déjà le premier producteur mondial de pétrole. En 2024, la production américaine avait atteint des niveaux historiques, notamment grâce à l’exploitation du pétrole de schiste au Texas et au Nouveau-Mexique.
Le Figaro rappelait déjà en janvier 2024 que la production américaine battait régulièrement des records malgré les engagements climatiques affichés par Washington.
Aujourd’hui, la hausse des prix du pétrole redonne de l’élan à un secteur qui restait prudent depuis le début de l’année 2026. Les compagnies énergétiques cherchent désormais à profiter rapidement de conditions de marché jugées exceptionnellement favorables.
Des critiques environnementales toujours très fortes
Cette accélération du forage relance toutefois les critiques des organisations écologistes américaines. Le développement du bassin permien repose principalement sur la fracturation hydraulique, une méthode accusée de provoquer des émissions importantes de méthane, une forte consommation d’eau et des risques de pollution.
Les opposants dénoncent également un paradoxe politique : alors que les États-Unis affichent des objectifs climatiques ambitieux, la production pétrolière nationale continue de progresser sous l’effet des tensions géopolitiques et des intérêts économiques.
Pour l’instant, les marchés semblent néanmoins privilégier les impératifs énergétiques immédiats. Avec la hausse du baril et les incertitudes au Moyen-Orient, l’industrie pétrolière américaine retrouve un nouveau souffle.
Sources :
Le Monde
Reuters
Le Figaro
