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Le poulpe bleu, de la nouvelle espèce « Microeledone galapagensis », à plus de 1.700 m de profondeur au large des îles Galapagos. Photo : Capture d'écran de La Libre.

Découverte scientifique : un poulpe bleu des abysses identifié comme une nouvelle espèce aux Galápagos

À près de 1 773 mètres de profondeur, des chercheurs ont mis au jour un petit poulpe bleu jusqu’alors inconnu. Capturé puis analysé à Chicago, le spécimen a été identifié comme une nouvelle espèce, baptisée Microeledone galapagensis, révélant des caractéristiques uniques et relançant les connaissances sur les céphalopodes des grandes profondeurs.

C’est une scène digne d’une exploration des fonds marins les plus inaccessibles. Le 26 mai 2026, des chercheurs britanniques travaillant avec la Charles Darwin Foundation ont annoncé la découverte d’un petit poulpe bleu observé à 1 773 mètres de profondeur, dans une zone encore très peu explorée des abysses.

L’émotion des scientifiques est perceptible dès les premières images retransmises depuis le sous-marin télécommandé équipé d’une caméra. « Il est petit ! Il est bleu ! », s’exclame l’équipe en direct, selon les propos rapportés par Le Figaro. Une réaction spontanée qui traduit la rareté de la découverte dans un environnement où chaque observation peut potentiellement correspondre à une espèce inconnue.

Une découverte validée après analyse scientifique

Le spécimen a ensuite été confié à la chercheuse Janet Voight, spécialiste des invertébrés au Field Museum d’histoire naturelle de Chicago. Interrogée par l’AFP, elle explique avoir immédiatement perçu le caractère inhabituel de l’animal : « Tout de suite, j’ai compris qu’il était particulier ». Elle précise que l’espèce la plus proche connue évolue dans une zone très éloignée, au large de l’Uruguay, dans l’océan Atlantique, ce qui rend cette observation encore plus intrigante.

Après son extraction, le poulpe a été envoyé à Chicago, où il a été étudié plus en détail. « Quand il est arrivé, préservé dans un bocal de formol, je me suis dit : Mon Dieu, comme il est beau », confie la chercheuse, évoquant un spécimen si fragile qu’il tient « dans la main ». Pour éviter de l’endommager, les scientifiques ont privilégié une analyse par rayons X plutôt qu’une dissection classique.

Une nouvelle espèce baptisée Microeledone galapagensis

Les travaux ont permis d’identifier ce spécimen comme une nouvelle espèce appartenant au genre Microeledone, une famille de céphalopodes encore mal connue. L’animal a été nommé Microeledone galapagensis, et appartient à la famille des Megaleledonidae, généralement associée aux eaux froides proches de l’Antarctique.

Cette classification oblige les chercheurs à revoir certaines hypothèses. Les Megaleledonidae étaient jusqu’ici considérés comme des espèces endémiques de l’océan Austral, avec une morphologie plutôt massive. Or, ce nouveau spécimen présente des caractéristiques très différentes, notamment une petite taille et une structure plus fine.

Un animal adapté aux profondeurs extrêmes

Le poulpe bleu possède des traits distinctifs remarqués par les chercheurs, notamment « de petits bras trapus, dotés d’une seule rangée de ventouses », selon les observations de Janet Voight. Sa coloration est également singulière : un dos clair et une face ventrale d’un violet très foncé.

Cette particularité pourrait jouer un rôle de protection dans son environnement extrême. Les scientifiques estiment que cette couleur permettrait de masquer la lumière émise par certaines proies bioluminescentes, évitant ainsi d’attirer des prédateurs.

Selon les chercheurs, ce type d’adaptation illustre la complexité encore largement méconnue des écosystèmes des grandes profondeurs, où chaque nouvelle exploration révèle des formes de vie inattendues.

Une découverte qui enrichit la biodiversité marine

Les spécialistes rappellent que ce type de découverte n’est pas totalement exceptionnel dans les zones peu explorées des océans, mais reste toujours scientifiquement majeur. Janet Voight explique d’ailleurs avoir déjà observé d’autres espèces inconnues lors de missions précédentes, notamment en 2023 au large du Costa Rica.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue scientifique Zootaxa, confirmant officiellement l’existence de cette nouvelle espèce. Une découverte qui rappelle que les abysses restent l’un des derniers territoires largement inconnus de la planète.

Sources :
Le Figaro
TVA Nouvelles

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