La tribune anti-Bolloré publiée dans Libération continue de fissurer le front des signataires. L’acteur et réalisateur Jean-Pascal Zadi a présenté ses excuses à Canal+ et invoque une lecture rapide du texte. Plusieurs autres figures du cinéma français nuancent désormais publiquement leur engagement initial.
Selon des informations du Journal du Dimanche reprises par Midi Libre, Jean-Pascal Zadi a contacté Canal+ pour s’excuser de sa signature. L’acteur a rappelé que la chaîne avait financé ses films à hauteur de 80 millions d’euros au cours de sa carrière. “J’avais mal lu le texte”, a-t-il déclaré au JDD, invoquant une signature donnée sans avoir mesuré la portée de la critique adressée au groupe Bolloré.
La pétition initiale, parue dans Libération, dénonçait l’influence du groupe Bolloré sur le paysage audiovisuel français. Elle avait recueilli 600 signatures de professionnels du cinéma. Plusieurs d’entre eux étaient inconnus du grand public, ce qui a alimenté la polémique sur la nature même de la mobilisation.
D’autres signataires prennent leurs distances
Jean-Pascal Zadi n’est pas le seul à infléchir sa position. Le cinéaste Arthur Harari, lui aussi signataire, a refusé toute critique frontale contre Canal+ lors d’une conférence de presse sur la Croisette. Il estime que le groupe est “en faveur de la diversité” et n’assimile pas la politique d’aide au cinéma à la stratégie globale du groupe Bolloré.
Selon le quotidien Midi Libre, plusieurs personnalités du milieu ont publiquement contesté les termes de la pétition initialement portée par le président du CNC Gaëtan Bruel et l’acteur Mathieu Kassovitz. L’une des figures du “Bureau des Légendes” a notamment estimé qu’aucun cinéaste n’a été censuré par Canal+ et que la chaîne “fait bien son boulot”.
Cannes 2026 sous tension
Le Festival de Cannes, ouvert depuis quelques jours, sert de caisse de résonance à cette controverse. Plusieurs ministres et figures politiques sont intervenus pour appeler à l’apaisement entre les signataires et le patron de Canal+. Le ministère de la Culture a notamment exhorté les deux camps à “retrouver les voies du dialogue”.
