Crime de guerre à Lougansk : Moscou a organisé une visite de presse encadrée à Starobilsk, dans une zone aujourd’hui sous contrôle russe, après une frappe ukrainienne qui aurait visé le dortoir d’un lycée technique. Le bilan officiel russe fait état de 21 morts.
Les autorités russes ont convoyé plusieurs journalistes, dont le correspondant de France Inter à Moscou, sur les lieux d’une attaque ukrainienne survenue à Starobilsk, dans la région de Lougansk. La zone, occupée par la Russie depuis 2022, est désormais administrée par les autorités locales prorusses. L’opération a été guidée par Yana Lantratova, commissaire russe aux droits de l’homme.
Devant les caméras et au milieu des décombres du dortoir, Yana Lantratova a affirmé : “Nous nous trouvons au cinquième étage de l’immeuble. C’est sur le toit qu’un drone ukrainien s’est écrasé, blessant et malheureusement tuant des enfants. Regardez, on voit encore ici les traces d’une main ensanglantée.” La commissaire a qualifié l’attaque de “crime de guerre” et affirmé que 21 étudiants d’une vingtaine d’années avaient péri.
Un lycée ou un site militaire ? Versions contradictoires
Si le bâtiment visé présente toutes les caractéristiques d’un établissement scolaire, plusieurs sources ukrainiennes contestent la version russe. Selon Kiev, le site aurait pu héberger des pilotes de drones en formation. Cette hypothèse, à ce stade, ne peut être ni écartée ni confirmée de manière indépendante, l’accès à la zone étant strictement contrôlé par les forces russes.
Cette incertitude sur la nature exacte du site illustre la difficulté à établir des faits en zone de guerre, alors que chaque camp instrumentalise les pertes civiles pour justifier ses propres opérations. La visite organisée à Starobilsk relève d’une opération de communication soigneusement orchestrée par Moscou.
Une riposte russe massive sur Kiev
Le pouvoir russe utilise désormais l’attaque de Starobilsk comme justification d’une riposte sanglante sur la capitale ukrainienne. Durant le week-end du 24 et 25 mai, les forces russes ont lancé un raid massif sur Kiev : environ 600 drones et 90 missiles, dont un missile balistique Orechnik à capacité nucléaire. Il s’agit de la troisième utilisation connue de ce missile depuis le début de la guerre.
Le bilan provisoire de cette frappe sur Kiev s’élève à quatre morts et plus de cent blessés. “Lorsque notre pays riposte, les frappes visent toujours des cibles militaires, notre pays respecte toujours les normes du droit international”, a martelé Yana Lantratova.
Vers une nouvelle escalade ?
L’utilisation répétée du missile Orechnik, présenté par Moscou comme une arme stratégique, traduit une escalade qualitative des moyens employés. Côté ukrainien, les capacités de défense aérienne sont mises à rude épreuve par la combinaison de drones bon marché et de missiles balistiques sophistiqués. Les négociations de paix annoncées plusieurs fois depuis 2025 restent à ce stade dans l’impasse.
La visite à Starobilsk intervient à un moment où Vladimir Poutine se dit “toujours prêt à négocier”, tout en intensifiant la pression militaire.
