Plus de sept décennies après la fin de la guerre de Corée, les cendres de deux anciens combattants français ont été accueillies en Corée du Sud avant leur inhumation dans le cimetière des Nations unies à Busan. Un dernier hommage symbolique à des soldats engagés dans l’un des conflits majeurs de la guerre froide.
Les cendres de deux vétérans français de la guerre de Corée sont arrivées ce mardi 26 mai à l’aéroport international de Séoul-Incheon, en Corée du Sud, où elles ont été accueillies par une haie d’honneur. Il s’agit de l’adjudant-chef Jacques Grisolet et du caporal André Datcharry, décédés l’an dernier en France et qui avaient exprimé le souhait d’être inhumés auprès de leurs anciens compagnons d’armes.
Leur inhumation est prévue mercredi dans le carré français du Cimetière mémorial des Nations unies à Busan, au sud du pays. Ce site unique au monde regroupe plus de 2 300 soldats de 22 pays ayant combattu aux côtés de la Corée du Sud pendant la guerre.
Un conflit majeur de la guerre froide
La guerre de Corée s’est déroulée entre 1950 et 1953 et a opposé la Corée du Nord, soutenue par ses alliés, à la Corée du Sud appuyée par une coalition internationale placée sous mandat des Nations unies. Le conflit a fait entre 2,5 et 3 millions de morts civils et militaires selon les estimations.
La France y a participé à travers le Bataillon français de l’ONU, créé en 1950. Cette unité, forte de 3 421 volontaires et placée sous le commandement du général Ralph Monclar, figure de la France libre, a pris part à plusieurs combats particulièrement violents, dont la bataille dite de Crève-cœur à l’automne 1951.
Au total, 269 soldats français ont été tués durant ce conflit, qui a également marqué un tournant stratégique pour la France au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en renforçant ses liens avec les États-Unis et en affirmant son rôle au sein du camp occidental.
Des parcours marqués par les combats
Les deux anciens combattants inhumés à Busan ont connu des parcours militaires particulièrement intenses. André Datcharry a servi en Corée entre mars 1953 et août 1954 et a été blessé à deux reprises. Jacques Grisolet, lui, a effectué deux déploiements successifs entre 1951 et 1953, participant à plusieurs engagements majeurs du conflit.
Leur transfert vers la Corée du Sud s’inscrit dans une tradition prévue par le mémorial de Busan, où tout ancien combattant étranger ayant servi pendant la guerre peut, s’il le souhaite, être inhumé auprès de ses camarades. Avant eux, 35 vétérans de différentes nationalités avaient déjà fait ce choix.
Un hommage international durable
Le cimetière des Nations unies de Busan demeure aujourd’hui un lieu de mémoire majeur du conflit. Il rassemble des combattants venus de 22 pays engagés aux côtés de la Corée du Sud, rappelant la dimension internationale de cette guerre souvent considérée comme l’un des premiers affrontements de la guerre froide.
Plus de 70 ans après la fin des combats, ces inhumations illustrent la persistance du souvenir et l’attachement des anciens combattants et de leurs familles à ce pan de l’histoire militaire française et internationale.
Sources :
TV5MONDE – Arrivée à Séoul des corps de deux vétérans français de la guerre de Corée
Le Figaro – Les corps de deux anciens combattants français de la guerre de Corée sont arrivés à Séoul
