Trois jours après l’interception en Méditerranée d’une flottille humanitaire en direction de Gaza, Israël a annoncé le 21 mai 2026 avoir expulsé l’ensemble des militants étrangers détenus. Parmi eux, 37 ressortissants français ont été renvoyés vers la Turquie avant leur rapatriement.
Le 21 mai 2026, le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé avoir expulsé l’ensemble des militants étrangers arrêtés dans le cadre de la « flottille pour Gaza », interceptée trois jours plus tôt en Méditerranée, à l’ouest de Chypre. L’opération concerne environ 430 participants répartis sur une cinquantaine de bateaux.
Parmi eux, 37 ressortissants français ont été expulsés vers la Turquie. Selon le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, ils doivent être pris en charge à leur arrivée à Istanbul par l’ambassade de France, en vue d’un rapatriement « dès que possible ».
Le ministère israélien a confirmé l’expulsion en déclarant, par la voix de son porte-parole Oren Marmorstein : « Israël n’autorisera aucune violation du blocus naval légal imposé à Gaza ». Il a également indiqué que les militants avaient été expulsés sans préciser s’ils avaient été jugés.
Les militants avaient été interceptés lundi en mer par l’armée israélienne, puis transférés en Israël et détenus à la prison de Ktziot, dans le sud du pays, selon l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui assure leur représentation juridique.
Selon cette même organisation, les détenus ont été transportés vers l’aéroport de Ramon, près d’Eilat, avant leur expulsion. Les ressortissants de certains pays, notamment égyptiens et jordaniens, ont été renvoyés directement vers leurs États d’origine, respectivement via les points frontaliers de Taba et Aqaba.
Une flottille humanitaire interceptée en mer
D’après France 24 et Le Monde, la « Global Sumud Flotilla », le terme « sumud » signifiant « résilience » en arabe, regroupait des militants étrangers qui affirment vouloir attirer l’attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, théâtre d’un conflit prolongé depuis plus de deux ans.
Les bateaux avaient quitté différents ports en direction de Gaza dans le but de « briser le blocus maritime imposé par Israël ». L’armée israélienne a procédé à leur interception en haute mer, invoquant la nécessité de faire respecter ce blocus.
Le gouvernement israélien a défendu l’opération. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël avait « pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza », selon les propos rapportés par la presse.
Des tensions diplomatiques et des images controversées
L’affaire a provoqué des réactions diplomatiques dans plusieurs pays européens, notamment en Italie, qui a jugé le traitement des détenus « inadmissible » et demandé des excuses officielles, ainsi que des sanctions contre le ministre israélien Itamar Ben Gvir.
Une vidéo diffusée par ce dernier montrant des militants à genoux et menottés a suscité un tollé international. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a lui-même estimé que ces images « ne sont pas conformes aux valeurs d’Israël », accusant Ben Gvir d’avoir « sciemment nui » à l’image du pays.
Selon la rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese, citée dans plusieurs médias, le traitement infligé aux militants constituerait un « traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes », appelant notamment à une réévaluation des relations entre l’Union européenne et Israël.
Une opération impliquant plusieurs centaines de militants
Les données relayées par les organisations de défense des droits humains indiquent qu’environ 430 personnes ont été concernées par l’interception, réparties sur une cinquantaine de navires. Parmi elles, environ 78 ressortissants turcs auraient également été pris en charge par des vols spéciaux organisés par Ankara depuis l’aéroport de Ramon.
Les autorités israéliennes affirment avoir procédé à l’expulsion de l’ensemble des militants étrangers concernés, sans préciser les procédures judiciaires éventuelles, tandis que les organisations juridiques évoquent une absence de passage systématique devant les tribunaux.
Sources :
France 24
Le Monde
20 Minutes
