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Drapeau de la France. Photo : Pxhere.

Attractivité : la France reste numéro un en Europe pour la septième année mais les signaux d’alerte se multiplient

La France conserve en 2025 sa place de premier pays européen pour les investissements étrangers, selon le baromètre EY. Mais derrière cette première position, les indicateurs se dégradent nettement avec une chute des projets industriels, un effondrement des centres de recherche et une baisse marquée des investissements internationaux.

La France reste en 2025 le pays le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers, selon le baromètre EY. Mais cette première place masque une nette dégradation des indicateurs économiques, dans un contexte mondial tendu et alors que plusieurs secteurs industriels historiques décrochent fortement.

Selon les chiffres publiés le 20 mai 2026, le nombre de projets d’investissements étrangers annoncés en France a reculé de 17 % sur un an. Une baisse plus importante que chez plusieurs concurrents européens : le Royaume-Uni affiche un recul de 14 %, contre 10 % pour l’Allemagne.

Malgré ce ralentissement, la France conserve la première place européenne en volume de projets. « 2025 a été une année particulièrement difficile pour l’ensemble du monde, peut-être la plus difficile depuis que le baromètre existe », explique Marc Lhermitte, associé EY chargé du baromètre. Il souligne que les investissements dits « greenfield », c’est-à-dire la création de nouvelles unités de production, ont chuté de 16 % au niveau mondial.

Dans ce contexte, il estime que « cette première place française, avec en moyenne plus de deux investissements par jour, est donc une véritable réussite ».

Une chute brutale dans l’industrie et la recherche

Derrière ce maintien symbolique en tête du classement européen, plusieurs indicateurs inquiètent fortement. Les implantations et extensions d’usines ont diminué de 15 % en un an. Plus spectaculaire encore, les projets liés aux centres de recherche et développement se sont effondrés de 47 %.

Selon les données relayées par Le Figaro et La Tribune, plusieurs secteurs historiquement puissants en France sont particulièrement touchés. L’automobile, la chimie, la métallurgie ou encore la plasturgie connaissent un « total décrochage ».

La crise de l’automobile européenne, les difficultés du secteur chimique et le ralentissement industriel mondial expliquent une partie de cette tendance. Les investisseurs américains et allemands, historiquement très présents en France, ont également réduit leurs engagements.

Malgré ce recul, près de 28 000 emplois ont encore été générés par les investissements directs étrangers en 2025. La baisse reste limitée à 4 %, un chiffre inférieur à la moyenne européenne. Toutefois, le rapport souligne qu’« moins de 5 % des projets concentrent à eux seuls la moitié des créations d’emplois », principalement dans le secteur de la logistique.

Coût du travail, fiscalité : les faiblesses françaises réapparaissent

Le ralentissement actuel remet également en lumière les difficultés structurelles de l’économie française. Selon les analyses citées par Le Point et Le Figaro, les investisseurs pointent toujours le coût élevé du travail, l’instabilité fiscale et un climat politique jugé incertain.

Marc Lhermitte avertit ainsi : « Les périodes pré-électorales sont toujours compliquées, mais cette année 2026 risque de l’être encore plus. »

Les perspectives à court terme restent prudentes. Seuls 11 % des dirigeants interrogés anticipent une amélioration de la situation économique dans les douze prochains mois. La majorité des investisseurs renvoie désormais un éventuel rebond à l’horizon 2027-2028.

« Tout l’enjeu sera d’être bien positionnée lorsque les investissements d’avenir reprendront, par exemple dans la mobilité électrique », analyse encore Marc Lhermitte.

L’Espagne et la Pologne progressent rapidement

Pendant que la France ralentit, plusieurs voisins européens gagnent du terrain. L’Espagne et la Pologne apparaissent comme deux des pays les plus dynamiques du moment en matière d’attractivité économique. Ces pays bénéficient notamment de coûts de production plus faibles, d’une forte dynamique industrielle et d’une meilleure perception de stabilité économique pour certains investisseurs internationaux.

Sources :
Le Figaro
Le Point
La Tribune

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