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Béatrice Chirouze, inspectrice académique et pilote du programme « Non au harcèlement ». Photo : La Rédaction.

« Non au harcèlement » : Béatrice Chirouze, inspectrice académique de Lyon détaille les nouveaux défis du cyberharcèlement

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À l’occasion de la 13e édition du prix « Non au harcèlement », Béatrice Chirouze, inspectrice académique et pilote du programme « Non au harcèlement », revient sur l’évolution du dispositif, la prise en charge des signalements et les nouveaux enjeux liés aux réseaux sociaux et à la prévention en milieu scolaire. Plus de 1 000 situations ont été traitées cette année dans l’académie.

Le harcèlement scolaire reste une problématique importante dans les établissements, avec 1 059 situations traitées au cours de l’année. Dans son entretien, Béatrice Chirouze rappelle que ces signalements proviennent principalement des familles via le 3018 et la plateforme Stop Harcèlement, mais aussi directement des établissements scolaires.

Les cas recensés restent globalement stables d’une année sur l’autre, mais certaines périodes sont plus sensibles, notamment avant les vacances de Noël, où les tensions en milieu scolaire tendent à augmenter. Le dispositif repose sur un suivi continu des situations, avec des relevés hebdomadaires transmis à l’échelle académique.

Le traitement des cas s’organise autour d’un maillage entre l’échelon académique et des cellules départementales de proximité. Ces équipes, composées de professionnels, interviennent directement dans les établissements afin d’assurer une prise en charge rapide. Le délai moyen de traitement est d’environ deux mois, même si certaines situations restent ouvertes le temps de réunir tous les éléments nécessaires.

Béatrice Chirouze insiste sur le fait que les chiffres ne sont pas figés : les situations s’ouvrent et se clôturent en permanence, ce qui rend l’analyse du volume global plus complexe. L’enjeu principal reste donc la qualité du traitement et la rapidité d’intervention.

Le dispositif a également évolué ces dernières années. En 2023Gabriel Attal a renforcé l’organisation avec la création de postes spécifiques et la mise en place d’un maillage territorial plus serré. Des échanges réguliers, notamment via des visios avec les chefs d’établissement, ont permis d’améliorer la coordination entre les différents niveaux.

Autre évolution importante : la reconnaissance du harcèlement scolaire comme délit à la suite de la loi Balanant. Cette avancée juridique a modifié la manière de traiter certaines situations, notamment lorsque les auteurs changent d’établissement, un phénomène désormais mieux encadré par les équipes éducatives.

La 13e édition du prix « Non au harcèlement » illustre cette dynamique. L’événement réunit une cinquantaine de votants chargés de départager les productions des élèves. Ce concours, organisé par leministère de l’Éducation nationale et la MAE, vise à encourager la sensibilisation et la prévention à travers des projets réalisés en milieu scolaire.

Les équipes académiques observent également une montée en qualité des productions des élèves, qui abordent désormais de manière plus fine les mécanismes du harcèlement et le ressenti des victimes comme des auteurs. Cette évolution est perçue comme un signe d’une meilleure compréhension du phénomène.

Enfin, le dispositif s’appuie sur une mobilisation large : établissements scolaires, équipes éducatives, associations et partenaires institutionnels travaillent ensemble pour renforcer la prévention, la formation et l’accompagnement des élèves. Une dynamique qui s’inscrit désormais durablement dans le fonctionnement de l’Éducation nationale.

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