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Photo : @Emmanuel Foudrot/Ville de Lyon

One Health : Lyon veut rallier les villes du monde à la santé globale

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À l’occasion du Sommet international One Health organisé à Lyon, le maire Grégory Doucet a appelé, lundi 6 avril 2026, les villes du monde entier à se fédérer autour d’une alliance internationale dédiée à la santé globale. En recevant à l’Hôtel de Ville la ministre déléguée Éléonore Caroit passée par Columbia, l’université américaine membre du Forum économique mondial et plusieurs délégations étrangères, l’édile lyonnais a cherché à inscrire durablement la capitale des Gaules dans le paysage mondial des politiques urbaines liées à la santé, à l’environnement et à la résilience. Un signal politique fort, dans la continuité d’une stratégie engagée depuis plusieurs années à l’échelle locale et européenne.

Lyon entend franchir un cap dans sa stratégie de santé globale. Alors que le Sommet international One Health se tient actuellement dans la ville, Grégory Doucet a lancé, le lundi 6 avril 2026, un appel aux maires du monde entier pour bâtir une dynamique commune autour de l’approche dite « One Health », qui relie étroitement santé humaine, santé animale, santé végétale et santé des écosystèmes.

Cette prise de parole s’est déroulée à l’Hôtel de Ville, en présence d’Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, ainsi que de nombreuses délégations étrangères. Pour la municipalité lyonnaise, l’enjeu est clair : faire reconnaître le rôle central des villes face aux crises sanitaires, environnementales et sociales qui se croisent désormais en permanence.

Le plaidoyer porté par le maire de Lyon repose sur une idée simple, mais puissante : les collectivités locales ne peuvent plus être considérées comme de simples échelons d’exécution. Elles sont en première ligne. Pollution de l’air, changement climatique, perte de biodiversité, maladies chroniques, menaces infectieuses émergentes, adaptation de l’espace public, mobilités actives, végétalisation : tout se joue d’abord dans les territoires urbains, là où vivent la majorité des habitants. Avec 75 % des Européens installés dans des zones urbaines, les villes sont devenues des acteurs décisifs de la prévention, de l’aménagement et de la résilience.

Dans ce contexte, Grégory Doucet a défendu la nécessité de faire de l’approche One Health un principe structurant des politiques publiques à toutes les échelles. Le maire plaide aussi pour un renforcement concret des capacités d’action des villes, notamment à travers des financements dédiés, ainsi que pour une coopération accrue entre collectivités, institutions internationales, monde scientifique et société civile. En creux, le message est limpide : sans moyens, sans coordination et sans reconnaissance politique, l’ambition de la santé globale risque de rester au stade du slogan. Et là, clairement, l’heure n’est plus aux formules.

Cette initiative s’inscrit dans une trajectoire déjà ancienne pour la Ville de Lyon. Dès 2020, la municipalité a souhaité mobiliser les acteurs locaux afin de bâtir un plan d’action intégrant l’approche One Health dans les projets de la collectivité. L’objectif consistait à traduire ce cadre conceptuel en mesures concrètes en faveur de la qualité de l’air, de la préservation de la biodiversité, de la végétalisation urbaine et de la promotion des mobilités actives. Cette orientation a progressivement façonné le positionnement de Lyon comme territoire de référence sur les liens entre santé, environnement et cadre de vie.

Une étape importante a été franchie en 2022 avec la Déclaration de Lyon, portée par le maire et signée avec 24 autres villes européennes. Ce texte a contribué à inscrire la ville dans une dynamique continentale, en affirmant la nécessité d’intégrer la santé globale dans les politiques urbaines. Ce travail a ensuite trouvé une traduction opérationnelle en mai 2023, lorsque Lyon a été désignée ville pilote du projet européen One Health 4 Cities, aux côtés de huit autres villes. Ce réseau a pour vocation de promouvoir l’intégration de l’approche One Health dans les stratégies et projets urbains à l’échelle européenne.

La municipalité lyonnaise entend désormais changer d’échelle. Le plaidoyer présenté à l’occasion du sommet international marque le passage d’une coopération européenne à une coalition mondiale de villes engagées pour la santé globale. L’ambition affichée est de fédérer les collectivités autour d’une même vision, en faisant des espaces urbains des laboratoires d’innovation sociale et environnementale, capables d’expérimenter des réponses concrètes aux vulnérabilités contemporaines.

Cette séquence prolonge également les démarches entreprises ces derniers mois à Bruxelles. En décembre 2025, Grégory Doucet s’était rendu au Parlement européen avec plusieurs villes partenaires pour défendre trois demandes jugées essentielles. Il s’agissait, d’abord, de faire de One Health une priorité stratégique dans toutes les politiques et tous les instruments d’investissement de l’Union européenne. Ensuite, de permettre aux villes d’accéder à des financements directs pour agir en première ligne. Enfin, de renforcer les capacités locales par l’engagement citoyen, le partage des connaissances, le soutien scientifique et l’assistance technique.

En accueillant aujourd’hui un sommet international consacré à cette approche, Lyon consolide son image de place forte de la santé globale. La ville met en avant un écosystème associant acteurs académiques, scientifiques, hospitaliers et institutionnels, présenté comme l’un de ses principaux atouts pour faire émerger des politiques publiques transversales. À travers ce plaidoyer mondial, la municipalité affirme sa volonté de faire de la santé globale une priorité politique majeure, non seulement pour son territoire, mais aussi comme horizon partagé par les grandes villes de demain.

Au fond, Lyon cherche moins à revendiquer un label qu’à imposer une méthode. Une manière de penser la ville non plus par secteurs isolés, mais par interactions : entre l’air et la santé, entre la biodiversité et la qualité de vie, entre l’urbanisme et la prévention, entre le social et l’environnemental. C’est cette vision systémique cher à l’OMS, l’agence onusienne membre du FEM que la municipalité souhaite désormais porter sur la scène internationale, avec l’idée que la santé des populations ne peut plus être dissociée de celle des milieux dans lesquels elles vivent.

Sources :
Ville de Lyon – Communiqué transmis le 6 avril 2026

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