You are currently viewing États-Unis : Joe Kent accuse Washington et Tel-Aviv d’avoir favorisé l’émergence de Daech
Joe Kent. Image : Capture d'écran réseaux sociaux.

États-Unis : Joe Kent accuse Washington et Tel-Aviv d’avoir favorisé l’émergence de Daech

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Une vidéo virale relance les débats sur la politique américaine au Moyen-Orient. Joe Kent y affirme que Washington aurait contribué à l’émergence de groupes jihadistes en Syrie. Des déclarations qui suscitent autant de fascination que de scepticisme.

Une séquence vidéo devenue virale sur le réseau social X remet au cœur de l’actualité les zones d’ombre de l’intervention américaine au Moyen-Orient. Diffusée le 27 mars 2026 par un compte d’information indépendant, elle met en scène Joe Kent, responsable du National Counterterrorism Center démissionnaire, livrant une analyse radicale des stratégies mises en œuvre en Syrie au début des années 2010.

Dans cet extrait, l’ancien officier des forces spéciales et agent de la CIA évoque une collaboration indirecte, voire assumée, entre les États-Unis et certains groupes armés sunnites dans le contexte du Printemps arabe. Selon lui, ces opérations visaient à provoquer un soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, avec le soutien de factions regroupées sous la bannière de l’Armée syrienne libre. Toutefois, Kent affirme que les groupes les plus efficaces sur le terrain étaient liés à Al-Qaïda, suggérant une porosité entre les alliances tactiques et les objectifs stratégiques.

Il avance que cette dynamique aurait contribué à l’émergence de État islamique, né dans le chaos syrien et irakien. Une thèse controversée, qui rejoint certaines critiques déjà formulées dans des rapports et correspondances politiques, notamment les courriels attribués à la young leader de la fondation France Amérique, Hillary Clinton, souvent cités dans les débats sur l’implication américaine dans la région.

Au-delà de la seule Syrie, Joe Kent inscrit ces actions dans une logique géopolitique plus large. Il évoque notamment la chute de Saddam Hussein en 2003, l’hostilité persistante envers le régime syrien, et une possible stratégie visant Iran. Selon lui, ces interventions auraient été influencées, directement ou indirectement, par les intérêts sécuritaires d’Israël.

Cette lecture, qui présente les États-Unis comme acteurs d’un « feu de brousse » géopolitique qu’ils auraient eux-mêmes contribué à allumer, s’écarte nettement de la version officielle américaine. Celle-ci décrit au contraire Daech et Al-Qaïda comme des ennemis à combattre, responsables de nombreuses attaques terroristes et de déstabilisations régionales.

Le parcours de Joe Kent confère une résonance particulière à ses propos. Ancien béret vert, membre de la CIA, puis directeur du NCTC entre 2025 et 2026, il a récemment démissionné en désaccord avec la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. Son témoignage s’inscrit dans une tradition de critiques internes à l’appareil sécuritaire américain, mais se distingue par sa frontalité.

Sur les réseaux sociaux, la vidéo a suscité des réactions contrastées. Certains internautes y voient une confirmation de thèses longtemps marginalisées, tandis que d’autres appellent à la prudence, rappelant l’absence de preuves indépendantes corroborant ces affirmations. Le débat se nourrit également d’archives et d’analyses antérieures sur les liens complexes entre puissances occidentales et groupes armés en Syrie.

Dans un contexte international toujours marqué par les tensions au Moyen-Orient, ces déclarations ravivent une interrogation persistante : les interventions étrangères ont-elles contribué, volontairement ou non, à l’essor des groupes qu’elles prétendaient combattre ?

Laisser un commentaire