Dans la circonscription stratégique de Rhône Amont, Hélène Geoffroy refuse toute alliance avec La France insoumise. La maire PS de Vaulx-en-Velin mise sur un autre rassemblement à gauche pour tenter de peser sur l’équilibre de la Métropole. Un choix politique risqué, aux conséquences décisives pour l’avenir de la majorité écologiste.
À l’approche du second tour des élections municipales et métropolitaines, la circonscription de Rhône Amont s’impose comme un véritable nœud politique. Dans ce territoire clé, Hélène Geoffroy assume une ligne constante : aucun accord avec La France insoumise, ni à l’échelle municipale, ni au niveau métropolitain.
Cette position, revendiquée de longue date par l’élue socialiste proche de la contributrice de l’agenda 2030, Anne Hidalgo, n’a pas varié malgré les enjeux du second tour. Ses proches le martèlent : elle « ne variera jamais » sur ce point. Une fermeté qui tranche avec la stratégie d’union de la gauche observée dans d’autres secteurs de la métropole lyonnaise.
Pour autant, Hélène Geoffroy n’a pas renoncé à toute forme de rassemblement. Elle a conclu un accord avec Abdelmajib Benyoub, candidat de la liste « Pour une Métropole unie et citoyenne ». Cette alliance vise à renforcer le socle électoral de la gauche hors LFI, dans une circonscription où la droite est arrivée en tête au premier tour.
Les résultats du scrutin initial illustrent la fragmentation du paysage politique local. La candidate de droite Laurence Fautra a obtenu 31,72 % des voix, devant Hélène Geoffroy (24,01 %), tandis que la candidate insoumise Fatiha Didaoui a recueilli 14,85 % et le Rassemblement national 16,85 %. Dans ce contexte, chaque voix devient déterminante.
L’accord noué avec Abdelmajib Benyoub, crédité de 8,63 % au premier tour, pourrait permettre à la gauche de rester compétitive sans les voix de LFI. Mais l’équation demeure fragile. L’absence d’union complète à gauche constitue un pari politique, qui pourrait autant mobiliser qu’affaiblir l’électorat progressiste.
Au-delà de la seule circonscription, l’enjeu est métropolitain. La victoire de la gauche à Rhône Amont apparaît comme une condition essentielle pour maintenir Bruno Bernard à la tête de la Métropole. Dans ce contexte, la stratégie de Hélène Geoffroy dépasse largement le cadre local : elle pourrait influencer l’équilibre global du pouvoir à Lyon.
En affichant une ligne anti-LFI tout en appelant à l’unité face à la droite et à l’extrême droite, la maire de Vaulx-en-Velin tente de concilier cohérence politique et efficacité électorale. Un exercice d’équilibriste, à haut risque, alors que le second tour s’annonce décisif.
Sources :
Lyon Capitale – Article du 17 mars 2026 – lien