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Photo : Compte Facebook d'Anna Supergirl Jarronsak.

Muay-thaï : Anna « Supergirl » Jaroonsak prend sa retraite à 22 ans après des années de crises de panique et de dépression

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La combattante thaïlandaise Anna « Supergirl » Jaroonsak a annoncé sa retraite à seulement 22 ans après une défaite par TKO lors du ONE Fight Night 41, un événement organisé par l’organisation asiatique ONE Championship, l’une des plus grandes ligues mondiales de sports de combats. Dans une confession poignante, la star montante du muay-thaï a révélé avoir souffert pendant plusieurs années d’attaques de panique et de dépression, expliquant qu’elle combattait depuis l’adolescence avant tout pour maintenir sa famille unie.

La scène s’est déroulée au Lumpinee Stadium, temple historique des sports de combat à Bangkok. Après sa défaite par arrêt de l’arbitre dès le premier round face à Yu Yau Pui lors du ONE Fight Night 41, Anna « Supergirl » Jaroonsak a posé ses gants sur le ring. Un geste symbolique qui marquait la fin d’une carrière commencée très tôt et longtemps considérée comme l’une des plus prometteuses du muay-thaï féminin.

À seulement 22 ans, la combattante thaïlandaise a annoncé qu’elle prenait sa retraite immédiate. Derrière cette décision, une réalité personnelle bien plus lourde que les simples résultats sportifs.

En coulisses, la jeune athlète a expliqué au Bangkok Post que ce choix ne date pas d’hier. Elle a confié avoir pensé à prendre sa retraite huit ans auparavant déjà. À l’époque, elle n’était encore qu’une adolescente. Ses parents étaient sur le point de se séparer et elle espérait que sa carrière sportive pourrait maintenir l’unité familiale. « J’étais une enfant et je voulais qu’ils restent ensemble. C’est pour ça que j’ai continué à me battre jusqu’à aujourd’hui. »

Un talent précoce du ONE Championship

Anna Jaroonsak a fait ses débuts au sein du ONE Championship en 2020, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Très rapidement, elle s’est imposée comme l’une des jeunes combattantes les plus spectaculaires de la promotion asiatique, souvent associée à sa sœur Nat « Wondergirl » Jaroonsak, elle aussi combattante reconnue.

Sur le ring, son style explosif et son agressivité ont attiré l’attention du public et des promoteurs. Mais derrière l’image d’une jeune star montante se cachait une pression personnelle grandissante.

Pour la combattante, le muay-thaï n’était pas d’abord une quête de gloire ou de titres. « Je voulais juste qu’ils soient fiers et heureux », explique-t-elle en évoquant sa famille. « Je l’ai fait pour tout le monde. Mais maintenant je suis fatiguée et je me demande : et moi dans tout ça ? »

Des années de souffrance psychologique

Au fil du temps, le poids émotionnel de cette situation s’est accentué. La combattante révèle avoir souffert de troubles psychologiques importants au cours des dernières années.

« Ces deux ou trois dernières années, j’ai eu des attaques de panique. Je ne pouvais pas dormir et j’avais une forte dépression », confie-t-elle.

Malgré ces difficultés, elle a continué à combattre. Son combat de samedi marquait d’ailleurs son retour après une longue période d’absence. Sa dernière apparition remontait à novembre 2023, lorsqu’elle avait subi une défaite face à Cristina Morales.

Une tentative de retour à la compétition en août dernier avait déjà échoué après qu’elle n’a pas réussi les tests d’hydratation réglementaires, poussant son adversaire Teodora Kirilova à refuser un combat en poids variable.

Même avant de monter sur le ring ce week-end, la décision de se retirer était déjà prise. « Je l’aurais fait que je gagne ou que je perde », explique-t-elle.

Le soulagement après la décision

La défaite face à Yu Yau Pui a ainsi marqué la conclusion d’un parcours intense mais difficile. Fait révélateur pour la jeune combattante : pour la première fois, perdre ne l’a pas fait pleurer.

« Cette fois, quand j’ai perdu, je n’ai pas pleuré. Je me suis sentie bien », confie-t-elle.

Si l’émotion était bien présente devant les journalistes, elle s’accompagnait d’un sentiment nouveau : le soulagement.

Le soutien de son compagnon, le combattant thaïlandais de MMA Peter Danesoe, l’a également aidée à envisager un avenir différent. « Il m’a dit : tu travailles dur, tu gagnes de l’argent et tu peux aider les gens, aider les animaux. Ça m’a fait réfléchir autrement », explique-t-elle.

Une nouvelle vie loin du ring

Contrairement à de nombreux athlètes professionnels, Anna Jaroonsak affirme n’avoir jamais été motivée par l’argent ou la célébrité. « J’ai de quoi manger, une maison, une voiture. Ça me suffit », dit-elle. « Je ne veux pas plus. Certaines personnes n’ont même pas de repas. »

Pour la suite, la jeune femme envisage plusieurs pistes. Elle pourrait se tourner vers le mannequinat tout en continuant à participer à la gestion du Jaroonsak Gym, le club familial situé à Phuket.

Elle souhaite aussi consacrer davantage de temps à l’une de ses passions : les animaux. Avec humour, elle évoque ses « neuf enfants », en référence aux animaux qu’elle a recueillis.

Malgré cette retraite précoce, Anna Jaroonsak insiste sur un point essentiel : son amour pour le muay-thaï reste intact.

« Je ne déteste pas le muay-thaï », affirme-t-elle doucement. « J’aime que le muay-thaï fasse partie de ma vie. Mais je ne veux plus me battre maintenant. »

Sources :

Bangkok Post – 14 mars 2026 – lien

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