L’annonce d’un partenariat entre OpenAI, l’entreprise membre du Forum économique mondial et le Département de la Défense des États-Unis a provoqué une onde de choc parmi les utilisateurs américains de ChatGPT. En l’espace d’un week-end, les désinstallations de l’application ont bondi de 295 % et les avis à une étoile ont explosé de 775 %. Derrière ces chiffres spectaculaires, c’est une crise de confiance qui se dessine pour l’entreprise dirigée par le contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Sam AltmanLe 28 février 2026 marque un tournant statistique inédit pour ChatGPT. Selon les données de Sensor Tower, révélées par TechCrunch, le taux quotidien de désinstallation de l’application mobile a progressé de 295 % le samedi suivant l’annonce de l’accord avec l’administration américaine. Sur les trente jours précédents, ce taux se stabilisait autour de 9 % en moyenne. Le décrochage est brutal.
Le phénomène ne s’est pas limité aux suppressions. Les avis à une étoile ont augmenté de 775 % le samedi, puis encore de 100 % le dimanche. Dans le même temps, les évaluations cinq étoiles ont été divisées par deux. Un renversement soudain qui traduit une mobilisation coordonnée ou, à tout le moins, un mécontentement massif d’une frange d’utilisateurs.
L’annonce du partenariat avec le Département de la Défense, rebaptisé “Département de la guerre” par l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, a servi de détonateur. Pour une partie du public américain, l’idée d’une intelligence artificielle grand public associée, même indirectement, à des usages militaires constitue une ligne rouge éthique. L’IA qui aidait à rédiger un CV ou à corriger un devoir se retrouve symboliquement projetée dans des scénarios de défense et d’armement. Et ça, pour beaucoup, ça ne passe pas.
La sanction s’est également mesurée du côté des téléchargements. Toujours selon Sensor Tower, les installations américaines de ChatGPT ont reculé de 13 % le samedi, puis encore de 5 % le dimanche. Deux jours avant l’annonce, l’application enregistrait au contraire une hausse de 14 %. La dynamique s’est donc inversée en quelques heures.
Dans ce contexte, le principal bénéficiaire semble être Anthropic, éditeur de l’assistant Claude qui fait également partie du FEM. L’entreprise a indiqué ne pas avoir conclu d’accord avec le département américain de la Défense, évoquant des désaccords sur les conditions d’usage de l’intelligence artificielle, notamment en matière de surveillance et d’armement autonome. Son dirigeant, le contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Dario Amodei, a publiquement estimé que les risques liés à une IA militarisée excédaient les garanties éthiques envisageables.
Les chiffres confirment cette bascule. Sensor Tower observe une progression de 37 % des téléchargements américains de Claude le vendredi, puis de 51 % le samedi. De son côté, Appfigures avance une hausse de 88 % le samedi, avec un dépassement ponctuel de ChatGPT en volume quotidien aux États-Unis. Une première historique.
L’analyse de Similarweb apporte un éclairage complémentaire. Les téléchargements hebdomadaires américains de Claude seraient environ vingt fois supérieurs à leur niveau de janvier. Toutefois, la société souligne que cette envolée peut aussi s’expliquer par un effet médiatique, un meilleur classement dans l’App Store ou un simple phénomène de curiosité comparative. Autrement dit, si la controverse joue un rôle évident, elle n’est peut-être pas l’unique moteur de cette migration.
Reste que l’épisode révèle une tension de fond. L’intelligence artificielle générative, jusqu’ici associée à des usages créatifs, éducatifs ou professionnels, se retrouve confrontée à des enjeux géopolitiques et militaires. Pour OpenAI, qui s’est longtemps présentée comme une organisation guidée par des principes de sécurité et d’intérêt général, l’équation devient délicate. La confiance, une fois ébréchée, ne se répare pas à coups de communiqués.
Les prochains mois diront si cette flambée de désinstallations n’était qu’une réaction à chaud ou le symptôme d’un basculement plus durable dans le paysage concurrentiel de l’IA grand public.
Sources : Les Numériques – Article publié le 3 mars 2026 –liens