Après un premier débat télévisé catastrophique, Jean-Michel Aulas reconnaît un exercice « frustrant ». Le candidat aux municipales 2026 à Lyon a profité d’une prise de parole sur Facebook pour tenter de rectifier le tir et clarifier plusieurs propositions phares, notamment sur la gratuité des TCL et la sécurité.
Le baptême du feu médiatique n’a pas été à la hauteur de ses espérances. On ne reconnait plus l’ancien président de l’Olympique Lyonnais qui était alors si combattif Invité mardi soir sur le plateau de BFMTV pour un premier grand débat des municipales 2026 à Lyon, Jean-Michel Aulas s’est fait taclé par ses adversaires, Alexandre Dupalais en tête, qui par dessus le marché, le tançait en exprimant le respect qu’il a eu pour lui. « Lyon n’est pas un trophée de plus », a lancé celui qui se présentait comme le seul candidat de droite du plateau. Depuis, certains évoquent un « naufrage » télévisuel pour qualifié la prestation d’Aulas. Le principal intéressé préfère parler d’un exercice « frustrant ».
Au lendemain de l’émission, le candidat a publié un long message sur ses réseaux sociaux pour revenir sur cet échange qui l’opposait à Dupalaus, mais aussi et surtout au maire sortant Grégory Doucet et à Anaïs Belouassa-Cherifi. « J’y ai découvert un exercice frustrant avec ses propres codes, ses moments forts… mais aussi ses postures et ses invectives partisanes », écrit-il, rappelant qu’il ne vient « pas du monde politique » mais « du monde de l’entreprise, de l’action concrète et des résultats mesurables ».
Un débat centré sur la sécurité
La soirée a été largement dominée par les questions de sécurité, dans le contexte de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Un cadrage qui, selon Jean-Michel Aulas, a laissé peu de place à d’autres sujets qu’il juge centraux : attractivité, logement, mobilités, écologie ou commerce.
« Après cet échange, je ressens la frustration d’avoir eu trop peu de temps pour parler de l’attractivité, du rayonnement de notre ville, de la protection de nos commerçants », affirme-t-il. Il critique par ailleurs la « politique de décroissance » menée selon lui ces dernières années, estimant que le nombre de logements construits aurait été « au moins divisé par cinq », contribuant à la hausse des loyers. « Un euro investi dans le logement génère deux à trois euros de retombées : en freinant la construction, on freine la croissance », soutient-il.
Gratuité des TCL et sécurité renforcée
Profitant de cette prise de parole, Jean-Michel Aulas a tenu à clarifier sa proposition sur la gratuité des transports en commun lyonnais. « Nous instaurerons la gratuité des TCL pour les Lyonnais gagnant moins de 2 500 euros nets par mois », précise-t-il. Un seuil de revenu qui ne figurait plus explicitement dans la version récente de son programme, ce que son équipe présente comme une « erreur » appelée à être corrigée.
Le candidat détaille également d’autres engagements : gratuité des cantines et du périscolaire, mise en œuvre d’un « plan fraîcheur » à l’échelle métropolitaine, végétalisation ambitieuse de la place Bellecour, ou encore création d’un nouveau tunnel de Fourvière destiné à contourner Lyon afin de réduire congestion et pollution.
Sur le plan événementiel, il promet que, dès 2028, le Tour de France masculin et féminin partirait de Lyon et que la Fête des Lumières retrouverait « sa date fondatrice du 8 décembre », avec une création confiée à Jean-Michel Jarre. Il défend par ailleurs un plan spécifique en faveur du commerce et de l’artisanat de proximité.
La sécurité constitue l’un des piliers de son programme : 500 policiers municipaux supplémentaires, 200 agents dédiés aux transports, un nouvel Hôtel des Polices doté d’un centre de supervision 24h/24 et 1 200 caméras « pilotées par l’intelligence artificielle ». À cela s’ajoutent des consultations citoyennes annuelles et la mise en place d’un « City Score » censé mesurer l’efficacité des politiques municipales.
Peu à l’aise dans un débat politique, qu’il avait tout fait pour éviter, le plus longtemps possible, Jean-Michel Aulas tente ainsi de redresser la barre sur un terrain qu’il maitrise beaucoup mieux, celui des réseaux sociaux. Reste à savoir si cette opération de clarification suffira à inverser la perception laissée par son premier débat. À quelques mois du scrutin, l’ancien président de l’OL jouit toujours de son aura, même s’il ne semble plus que l’ombre de lui même. La campagne lyonnaise entre dans une phase plus âpre, où l’image et la maîtrise des codes politiques comptent presque autant que les programmes.