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Catherine (maman de Rayane) et Florence (maman de Théo). Photo : @Grégory Fiori

Lyon : la marche en soutien à Théo rattrapée par la présence de figures d’extrême droite

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Organisée par la mère de Théo, étudiant agressé dans le 7e arrondissement de Lyon, la marche silencieuse se voulait sans étiquette politique. Pourtant, seuls des candidats d’extrême droite étaient présents dans le cortège, entonnant même la Marseillaise à la fin de la manifestation, devant la mairie du 7e. Une séquence qui a nourri un malaise, d’autant plus fort que la maman de Rayane, jeune homme agressé par des militants d’ultra-droite était venu soutenir la maman de Théo.

Sous une pluie persistante, le cortège s’est formé devant la station de métro Dubourg, dans le 7e arrondissement, non loin du lieu où Théo s’est fait agressé le 31 janvier par six jeunes dans le hall de son immeuble. Filmée par une caméra de vidéosurveillance, la scène montre une violence extrême : coups répétés, tête visée, corps laissé au sol. Le jeune homme s’en est sorti avec dix jours d’ITT et deux mois de rééducation. Un procès est prévu le 17 mars. Près de 200 personnes ont répondu à l’appel de Florence, sa maman qui souhaite en arrêté avec l’impunité. . « Combien de victimes, combien de morts il va falloir avoir pour qu’on réagisse ? » demandait-elle.

La veille, elle avait demandé, sur le plateau de l’émission de Cyril Hanouna, que les images de l’agression soient diffusées. « C’est important parce que je pense qu’aujourd’hui, s’il y a autant de monde, c’est les images qui font réagir. »

Dans le cortège, Catherine, mère de Ryan, connaît cette épreuve. Son fils avait été violemment agressé en 2024 à la sortie du Boston Café, place des Terreaux. « Je suis là pour soutenir mon amie et pour soutenir toutes les personnes victimes d’agressions », nous a-t-elle expliqué.

Agnès Maemblé, engagée contre les violences et auteure d’un récit autobiographique visant à sensibiliser les jeunes aux phénomènes de bandes, voit dans cette affaire un symptôme plus large. « Je suis venue soutenir la maman de Théo, parce que son combat est noble et mérite d’être encouragé », explique-t-elle. Elle s’interroge : « Comment expliquer qu’une personne puisse être agressée trois fois de suite ? Ce n’est pas normal. À la première fois, il faut sévir de façon plus efficace. Les choses ne sont pas prises en charge correctement. »

La présence exclusive de l’extrême droite pose question

À l’origine, Florence l’avait martelé : la marche en soutien à son fils Théo ne devait faire l’objet d’aucune récupération politique. Son combat, répétait-elle, est celui d’une mère. Rien d’autre. Pourtant, au fil du rassemblement, un contraste s’est imposé. Dans le cortège, seuls des élus d’extrême droite étaient présents, parmi lesquels Tiffany Joncour : candidate du Rassemblement National (RN) pour la présidence de la Métropole de Lyon et Alexandre Dupalais tête de liste de l’Union des droites pour la République (UDR) et du RN pour les municipales.

Alexandre Dupalais nous a expliqué vouloir marquer sa solidarité avec la famille de Théo. Il a dénoncé « le laxisme judiciaire qui tue dans notre pays » et estime qu’« aujourd’hui, c’est Théo et sa famille qui doivent se cacher et fuir Lyon plutôt que les agresseurs, qui sont à ce jour en liberté ». Évoquant une « culture de l’excuse » qu’il assimile à« une culture de l’agression et des meurtres impunis », il a inscri son engagement politique dans la continuité de drames récents, citant notamment le meurtre de Thomas à Crépole, ainsi que les affaires Lola et Philippine. Selon le candidat aux municipales, « il y a à Lyon un manque criant de sécurité, un manque criant de police nationale comme de police municipale ». Il a appellé à « rétablir la sécurité du quotidien », afin que chacun puisse « vivre sa vie en toute liberté ». 

Sur X, Agnès Marin, Secrétaire générale d’Identité et Libertés, le mouvement de Marion Marechal a tenu le même discours évoquant « l’agression d’une collégienne à Saint-Genis Laval la semaine dernière » relèvant , selon elle, « de la même ultra violence contre laquelle les politiques doivent agir avec une extrême fermeté ».

Sur place, nous n’avons reconnu aucun représentants d’autres parties de l’échiquier politique. Selon nos informations, plusieurs responsables locaux à gauche auraient fait le choix de ne pas se rendre sur place afin de respecter la volonté affichée d’apolitisme de la mère de Théo, même si au final, ils ont ainsi laissé le champ libre à la droite radicale.

La scène a pris une dimension particulière lorsque les candidats et leur soutien ont entonné la Marseillaise, devant une Florence visiblement partagée. Soucieuse de « garder [son] statut de maman », elle a hésité à apparaître en photo à leurs côtés, allant jusqu’à s’excuser auprès d’eux. Une posture délicate, presque inconfortable, qui traduisait la tension d’un moment où l’intime se heurte au politique.

D’autant que comme nous l’a expliqué la mère de Rayane, venue soutenir Florence, son fils avait été violemment agressé en 2024 à la sortie du Boston Café, place des Terreaux. par « des personnes de l’ultra-droite », nous a-t-elle rappelé. Les agresseurs, condamnés à six mois et deux ans de prison ferme, appartenaient à la mouvance radicale lyonnaise.

https://twitter.com/gregoryfiori/status/2021591253255614743

Parmi les citoyens venus apporter leur soutien à la maman de Théo, nous avons également rencontré deux parents d’élèves scolarisés à la Cité scolaire internationale de Lyon, dans le quartier de Gerland. Plusieurs élèves auraient été violemment pris pour cible à la sortie des cours. Concrètement, ils ont mis en place des rondes et effectué une marche autour de l’école, afin d’être présents sur le terrain et d’attirer l’attention sur le problème. L’un d’entre eux, Thomas Stemper, est un architecte allemand travaillant avec des entreprises telles que Jaguar Land Rover ou JLL, membres du Forum économique mondial.

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