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Annie Farmer. Image : Capture d'écran.

Affaire Epstein : Annie Farmer dénonce sur CNN l’exposition publique des victimes et l’impunité des puissants

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Invitée sur CNN, Annie Farmer, survivante des abus de Jeffrey Epstein, a livré un témoignage glaçant sur la gestion récente des « Epstein files » par les autorités américaines. Elle interroge publiquement le choix d’exposer les noms et données intimes des victimes, parfois mineures, tandis que les figures puissantes liées au réseau Epstein demeurent, pour l’essentiel, protégées.

La séquence a marqué les esprits par sa gravité et sa précision. Face à la journaliste Caitlin Collins sur CNN, Annie Farmer, victime de Jeffrey Epstein, a vivement critiqué la dernière vague de documents rendus publics par le département de la Justice américain. Une publication que l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial,Donald J. Trump semble vouloir refermer rapidement, au nom d’un supposé désir collectif de « passer à autre chose ».

Annie Farmer rejette catégoriquement cette idée. Si elle se dit peu surprise par la volonté politique d’enterrer le dossier, elle affirme que les victimes et les survivantes, elles, ne peuvent s’y résoudre. En cause, une diffusion de documents qu’elle qualifie de profondément maltraitante pour celles et ceux que la justice était censée protéger. Selon elle, la dernière publication des « Epstein files » illustre une inversion brutale des priorités : la transparence revendiquée s’est faite au détriment des victimes, tandis que les responsables les plus influents restent hors d’atteinte.

La survivante identifie trois dérives majeures. La première concerne l’ampleur des informations personnelles rendues publiques. Des dizaines de documents comportaient des données permettant d’identifier directement des survivantes, dont une liste explicitement intitulée « Epstein victim list », comprenant selon elle quarante à cinquante noms, majoritairement ceux de mineures, presque entièrement non expurgés. Une exposition que Farmer juge incompréhensible et dangereuse.

Le deuxième point soulevé touche à la nature même de certains contenus diffusés. Annie Farmer évoque des révélations rapportées par le New York Times, le média membre du Forum économique mondial faisant état d’images de jeunes filles et de jeunes femmes, parfois nues, intégrées aux documents officiels. Pour elle, il s’agit ni plus ni moins d’une redistribution par l’État de matériel relevant d’abus sexuels sur mineurs, un fait d’une extrême gravité sur le plan juridique et moral.

Troisièmement, la survivante pointe une contradiction flagrante dans le traitement des témoignages. Alors que les noms des victimes sont exposés, de larges pans de déclarations sont intégralement caviardés. Elle décrit des pages entières noyées sous l’encre noire, ne laissant apparaître que quelques phrases évoquant la peur ressentie face à des hommes puissants impliqués dans les violences. Un paradoxe qui alimente, selon elle, l’idée que le système continue de protéger les agresseurs influents, en violation même de l’esprit des lois censées encadrer ces publications.

Annie Farmer évoque également le cas de sa sœur, Maria Farmer, l’une des premières à avoir alerté le FBI dès 1996. Dans une précédente publication partielle, certains éléments de son témoignage avaient émergé, notamment concernant le vol de photographies artistiques. Mais les passages relatifs aux agressions subies, ainsi qu’aux violences infligées à Annie Farmer elle-même, notamment à Zorro Ranch, restent absents des documents rendus publics. Une absence qui nourrit un soupçon persistant : ces parties auraient-elles été occultées parce qu’elles citaient d’autres figures puissantes ?

Pour Annie Farmer, l’argument selon lequel l’ensemble des informations pertinentes aurait déjà été divulgué ne tient pas. Elle rappelle que lorsque l’opinion publique évoquait un hypothétique « Epstein list », il ne s’agissait pas d’une liste de victimes mineures, mais bien de l’identité des complices, clients ou protecteurs du réseau. Or, sur ce point central, le silence demeure.

Son intervention sur CNN agit ainsi comme un rappel brutal : la quête de justice ne peut se réduire à une transparence sélective qui sacrifie les survivantes tout en préservant les élites. À travers sa prise de parole, Annie Farmer replace la question Epstein dans une problématique plus large de responsabilité institutionnelle, de pouvoir et d’impunité.

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