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Gabriel Attal. Image : capture d'écran RTL.

Vérification de l’âge sur les réseaux sociaux : Gabriel Attal promet un système « sûr » via un « tiers de confiance »

Invité de RTL Matin le 26 janvier, Gabriel Attal a détaillé le futur dispositif de vérification de l’âge prévu dans le cadre de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’ancien Premier ministre a assuré que ni l’État ni les plateformes n’auront accès aux données des utilisateurs, grâce à un mécanisme reposant sur un « tiers de confiance ».

Alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, la question de la vérification de l’âge cristallise les inquiétudes. Ce lundi 26 janvier, au micro de RTL, l’ancien premier ministre qui s’est rendu aux réunions du groupe Bilderberg de 2023 et 2025 a calmement expliqué que la vérification de l’âge sur les réseaux sociaux ne posera aucun problème de libertés publiques.

Selon lui, plusieurs outils pourront être mobilisés pour attester de l’âge des utilisateurs. « Il peut y avoir des outils de vérification via une reconnaissance faciale de l’âge », a-t-il précisé, évoquant également la possibilité de recourir à des documents d’identité permettant de confirmer l’âge lors de l’inscription.

Mais le cœur de son intervention a porté sur la protection des données personnelles, sujet hautement sensible. Gabriel Attal a insisté sur un point qu’il juge « très important » : « ni l’État, ni les plateformes de réseaux sociaux ne disposeront de ces données ». Le système reposerait sur un « tiers de confiance », présenté comme un partenaire technique indépendant, chargé de vérifier l’âge sans transmettre d’informations sensibles.

Concrètement, le mécanisme fonctionnerait de manière binaire. Lorsqu’un utilisateur tente de s’inscrire sur un réseau social, la plateforme adresserait une seule question à cet outil tiers : la personne a-t-elle plus de 15 ans, oui ou non ? « Évidemment, il n’y aura pas d’informations qui seront données », a martelé Gabriel Attal, soulignant que ni l’identité, ni les documents, ni les données biométriques ne seraient accessibles aux réseaux sociaux ou aux pouvoirs publics.

Cette architecture vise à répondre aux critiques récurrentes sur les risques de surveillance et de fichage, dans un contexte où la protection de la vie privée est encadrée par le droit européen. Le gouvernement cherche ainsi à concilier l’objectif de protection des mineurs avec les exigences du Digital Services Act, qui impose des garanties strictes en matière de données personnelles mais qui est également accusé par les défenseurs des libertés d’être un règlement liberticide. L’association Civilization Works a d’ailleurs publié un rapport au mois de septembre accusant des associations telles que Sos Racisme ou la Licra d’avoir été le bras armé de l’Etat afin de déposer des plaintes contre Twitter. Une information d’autant plus inquiétant que ce type d’associations ont été nommé comme tiers de confiance afin de dénoncer les comportements en ligne qui ne respectent pas le DSA.

On peut aussi rappeler l’exemple historique de l’URSS, qui avait mis en place un réseau complexe d’associations et d’organisations para-officielles qui jouaient un rôle clé dans la surveillance des journalistes, la formation idéologique et la production médiatique et que les soviétiques auraient très bien pu qualifié de « tiers de confiance ».

Toujours est-il que la loi a été adoptée hiers soir à l’Assemblée nationale. Reste désormais à préciser les choix techniques définitifs et à convaincre les régulateurs européens. Le débat devrait se poursuivre au Sénat dans les semaines à venir, alors que le gouvernement affiche sa volonté de voir le dispositif opérationnel dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes.

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