En marge du Forum économique mondial de Davos, une réunion stratégique s’est tenue autour de l’inauguration officielle d’un nouveau centre européen d’excellence en intelligence artificielle, basé à Paris. Porté par le Forum économique mondial en partenariat avec des acteurs économiques majeurs, ce centre ambitionne de renforcer la souveraineté technologique européenne et de faire de l’Europe un acteur structurant de l’IA mondiale.
L’événement a réuni plusieurs dirigeants internationaux, dont Emmanuel Macron et Maurice Lévy, cofondateur du Salon Vivatech, ancien président du groupe Publicis, partenaires clés du projet et membre du Forum économique mondial, mais aussi membre du club Le Siècle et du conseil de la fondation du FEM
Un centre européen pensé pour la souveraineté et la compétitivité
Présenté comme une étape structurante, ce centre d’excellence vise à positionner l’Europe non seulement comme un espace d’adoption de l’intelligence artificielle, mais aussi comme un territoire capable d’en définir les règles, les usages et les standards. L’objectif affiché est clair : concilier innovation technologique, compétitivité économique, protection des droits fondamentaux et réduction des dépendances stratégiques.
Adossé au réseau mondial du Forum économique mondial, qui regroupe déjà plusieurs dizaines de centres spécialisés, le centre parisien se veut un point d’ancrage européen, connecté à une communauté internationale d’experts, de chercheurs, d’industriels et de décideurs publics.
Maurice Lévy : une IA européenne, souveraine et humaine
Dans son intervention, Maurice Lévy a salué l’engagement personnel du président français en faveur de l’intelligence artificielle et de l’écosystème technologique européen. Il a souligné le rôle joué par la French Tech, les chercheurs et les entrepreneurs dans la montée en puissance de la France sur ce terrain hautement concurrentiel.
Pour le dirigeant de Publicis, le centre d’excellence a vocation à promouvoir une intelligence artificielle souveraine, responsable et humaine, capable de servir les intérêts économiques de l’Europe tout en respectant ses valeurs. Il a également insisté sur la nécessité de proposer une alternative européenne crédible face aux modèles dominants américain et chinois.
Emmanuel Macron : faire de Paris le hub de l’IA européenne
La prise de parole d’Emmanuel Macron, située au cœur de la réunion, a clarifié l’ambition politique du projet. Le président de la République a rappelé que l’Europe dispose de plusieurs atouts majeurs : une énergie disponible, des capacités de calcul en croissance, des talents reconnus, des laboratoires de pointe et un tissu dynamique de start-up et de grands groupes.
Selon lui, l’enjeu principal n’est plus seulement national, mais pleinement européen. Pour permettre aux entreprises de l’IA de changer d’échelle, leur marché domestique doit être celui des 450 millions de consommateurs de l’Union européenne, et non celui de chaque État membre pris isolément. Le centre d’excellence est ainsi conçu comme un accélérateur, destiné à fédérer les initiatives existantes et à faire émerger des champions européens natifs.
Un accélérateur pour l’innovation et l’investissement
Au-delà de la recherche et de la gouvernance, le centre entend jouer un rôle concret dans la transformation économique. Il doit faciliter le passage de l’expérimentation à l’impact réel, soutenir la montée en compétences de la main-d’œuvre, accompagner les entreprises dans l’adoption de l’IA et stimuler l’investissement dans les secteurs stratégiques, de la santé à l’énergie, en passant par l’industrie et les services.
Plusieurs intervenants ont également insisté sur l’importance de faire revenir en Europe les talents partis à l’étranger, notamment aux États-Unis, et de créer des emplois qualifiés autour de l’intelligence artificielle.
Une étape clé pour l’Europe de l’IA
La signature officielle marquant la création du centre à Davos symbolise une volonté politique et économique partagée : faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance, de souveraineté et de coopération européenne. Pour Emmanuel Macron, ce lancement intervient à un moment charnière, alors que les investissements mondiaux dans l’IA atteignent des niveaux inédits et que la compétition technologique s’intensifie.
Avec ce centre d’excellence basé à Paris, l’Europe affirme son ambition de ne pas subir la révolution de l’IA, mais d’y prendre pleinement part, en défendant un modèle fondé sur l’innovation, la responsabilité et la coopération.