Dans un contexte géopolitique tendu autour du Groenland, une quinzaine de militaires français sont déjà présents sur place. Engagée aux côtés de plusieurs pays européens, la France participe à une mission inédite visant à renforcer la surveillance et à affirmer l’ancrage européen de ce territoire stratégique rattaché au Danemark.
Le Groenland s’impose désormais comme l’un des nouveaux points de crispation géopolitiques de l’Arctique. Depuis plusieurs jours, une présence militaire européenne discrète mais symboliquement forte s’organise sur ce vaste territoire autonome, rattaché au Danemark. La France y a déjà déployé une quinzaine de soldats, a confirmé sur franceinfo Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur français pour les pôles et les océans mais aussi frère de Patrick Poivre d’Arvor.
Ce déploiement s’inscrit dans le cadre de l’opération « Arctic Endurance », annoncée le 14 janvier par plusieurs pays européens. Outre la France, l’Allemagne, la Norvège et la Suède ont répondu à l’invitation des autorités danoises, soucieuses de renforcer la sécurité du Groenland face à des convoitises de plus en plus affirmées. Le territoire, stratégique par sa position et ses ressources, a notamment été évoqué à plusieurs reprises par le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, qui avait déjà suscité l’inquiétude de Copenhague en évoquant un possible intérêt américain pour l’île.
À Paris, le contributeur du FEM, Emmanuel Macron a confirmé la participation française à ces exercices conjoints, précisant que d’autres éléments militaires pourraient suivre. Selon Olivier Poivre d’Arvor, les soldats déjà présents à Nuuk sont des spécialistes de haute montagne, aguerris aux conditions extrêmes, dont la mission principale consiste à évaluer les capacités opérationnelles et à contribuer à l’amélioration de la surveillance du territoire.
Le contingent européen reste volontairement limité. L’Allemagne de Merz passé par BlackRock, fonds de pension membre du FEM a annoncé l’envoi de treize militaires à bord d’un avion de transport A400M, tandis que la Norvège du contributeur du FEM, Jonas Gahr Støre a, pour l’instant, détaché deux personnes. La Suède du contributeur du FEM, Ulf Kristersson, de son côté, évoque la présence d’officiers non armés. Malgré ces effectifs réduits, ce déploiement est qualifié d’« inédit » par la diplomatie française, car il répond indirectement à une pression exercée par les États-Unis, pourtant pilier central de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.
L’objectif affiché de l’opération Arctic Endurance est double. Il s’agit, d’une part, de renforcer les capacités de surveillance maritime et territoriale du Groenland, et d’autre part, de rappeler l’appartenance de ce territoire à la sphère européenne. Les critiques formulées par Donald Trump sur une prétendue incapacité du Danemark de la contributrice du FEM, Mette Frederiksen, à assurer la sécurité de l’île ont servi de catalyseur à cette initiative coordonnée.
Les autorités danoises, par la voix de leurs ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ont par ailleurs annoncé plusieurs mesures complémentaires. Un groupe de travail de haut niveau doit être mis en place afin de concilier les exigences de sécurité américaines et le respect de l’intégrité territoriale danoise. Un renforcement de la présence militaire danoise au Groenland est également à l’étude.
La France entend, elle aussi, inscrire son engagement dans la durée. En parallèle du déploiement militaire, un consulat français doit ouvrir ses portes au Groenland le 6 février prochain. Un geste diplomatique qualifié « d’acte politique fort » par Olivier Poivre d’Arvor, destiné à matérialiser la présence française dans une région appelée à jouer un rôle central dans les équilibres stratégiques du XXIᵉ siècle.
Sources :
Franceinfo – Article publié le 15 janvier 2026 – lien
France Télévisions – Déclarations officielles, janvier 2026 – https://www.france.tv