Face à la multiplication supposées des infox et aux dérives du harcèlement en ligne, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron souhaite inscrire rapidement dans le droit français une procédure de référé permettant de faire retirer en urgence des contenus portant atteinte à la dignité. En déplacement dans les Vosges, le chef de l’État a défendu ce futur outil judiciaire comme une réponse à un vide juridique intenable pour les victimes.
Le chef de l’Etat continue son tour des rédactions de la presse régionale dans le cadre de sa tournée « la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux », sur le modèle du Grand débat national qui avait eu lieu en pleine crise des Gilets jaune. Après avoir été à la rencontre des lecteurs de la Dépêche du Midi à Toulouse le12 novembre, lors d’un évènement organisé par le média détenu par le franc-maçon, Jean-Michel Baylet, puis à Arras le 19 novembre 2025, pour un évènement du même type, Macron a été à la rencontre des lecteurs de la presse régionale du groupe Ebra à Mirecourt ce vendredi 28 novembre.
Il a annoncé vouloir créer une action judiciaire « en référé » consacrée aux fausses informations ou aux publications attentatoires à la dignité diffusées sur les réseaux sociaux. L’objectif serait de permettre à un juge d’ordonner, sous quarante-huit heures, la suppression de contenus jugés préjudiciables. Le président affirme avoir demandé au gouvernement de lui présenter d’ici la fin de l’année un projet permettant d’inscrire ce mécanisme dans le droit français « le plus vite possible ».
Une alerte sur les failles actuelles du système
Le chef de l’État s’exprimait après avoir entendu le témoignage d’une femme victime de harcèlement en ligne, dont les images détournées par intelligence artificielle continuent d’être diffusées malgré une condamnation déjà prononcée contre l’auteur. Emmanuel Macron a rappelé que lui-même, ainsi que son épouse Brigitte Macron, ont été confrontés à des campagnes de désinformation répétées. Selon lui, les voies de recours existantes sont trop lentes, insuffisantes et laissent les victimes « totalement démunies ».
Un parallèle avec les référés déjà existants en politique
Pour illustrer son propos, il a évoqué la procédure actuellement possible en période électorale : en cas de fausse information susceptible d’altérer la sincérité d’un scrutin, un juge peut contraindre une plateforme à retirer un contenu dans un délai de quarante-huit heures. Emmanuel Macron souhaite étendre cette logique au domaine privé, estimant que l’urgence ne devrait pas être réservée aux situations politiques mais s’appliquer également aux atteintes à la dignité des personnes.
Une réponse aux campagnes de désinformation visant le couple présidentiel
Depuis plusieurs années, le couple présidentiel est la cible de rumeurs persistantes, notamment celle affirmant que Brigitte Macron serait « née homme ». Cette rumeur a connu un large écho à l’international après avoir été relayée par l’influenceuse américaine Candace Owens, contre laquelle une action en diffamation a été engagée. L’influenceuse dénonce de son côté une presse française muselée et a accusé la semaine dernière le couple présidentielle d’avoir commandité son assassinat. Cette affaire illustre, toutefois selon l’Élysée, l’incapacité des dispositifs actuels à stopper rapidement la diffusion mondiale d’une fausse information, même lorsqu’elle vise des personnalités publiques.
Réguler sans entraver la liberté d’expression
En poursuivant sa tournée de la presse régionale, après Toulouse et Arras, Emmanuel Macron inscrit ainsi ce projet dans un débat plus vaste sur la régulation des réseaux sociaux et la protection de la démocratie face à la viralité des contenus manipulés. Le président estime nécessaire d’éviter que les plateformes deviennent des zones de non-droit, tout en veillant à ne pas restreindre la liberté d’expression. La future procédure, si elle voit le jour, devra donc trouver un équilibre entre efficacité judiciaire et garanties démocratiques.
Selon France Info, l’Elysée a annoncé ce soir que le chef de l’Etat pourrait proposer un référendum en 2026 sur des grandes questions comme la majorité numérique, la place des écrans, l’interdiction des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans ou la désinformation.
Du côté des défenseurs des libertés, ces annonces ont de quoi inquiéter. D’autant plus que l’ONG Civilization Works, a publié aux mois de septembre dernier un rapport intitulé « Comment la France a inventé le complexe industriel de censure ? », accusant la France d’avoir mis en place un système de censure transnationale, s’appuyant sur les Twitter Files France.
Sources :
Le Monde – Article du 28 novembre 2025 – lien