La place du Marché (Rynek Główny) de Cracovie, en Pologne

Tuerie de Cracovie : le suspect fasciné par l’extrême droite

Le suspect de la tuerie de Cracovie, un Polonais de 24 ans, était fasciné par les idéologies d’extrême droite, selon le ministre de l’Intérieur. La fusillade a fait six morts et une quinzaine de blessés samedi sur la place du Marché, au cœur de la vieille ville. Trois autres corps ont été découverts à son domicile, et le Premier ministre Donald Tusk parle d’un acte terroriste.

Il était environ 15 heures samedi lorsque les premiers coups de feu ont retenti sur la place du Marché de Cracovie, l’un des lieux les plus fréquentés de Pologne, rendez-vous des touristes au cœur de l’ancienne capitale historique. La vieille ville de Cracovie est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1978. Selon les éléments rapportés par l’AFP et repris par Le Dauphiné Libéré, le tireur a ouvert le feu au hasard sur les passants.

Le bilan s’établit à six morts, quatre femmes et deux hommes, dont un ressortissant britannique. Quinze personnes ont été hospitalisées. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un policier faisant feu à plusieurs reprises, à courte distance, sur un homme en tenue militaire, casqué et masqué. Le suspect, armé d’un fusil semi-automatique de type AR-15, a été blessé lors de son interpellation puis transporté à l’hôpital. D’autres armes et une importante quantité de munitions ont été retrouvées dans sa voiture, a indiqué à la chaîne TVN24 Katarzyna Cislo, porte-parole de la police de Cracovie.

Un profil qui se dessine

Le ministre polonais de l’Intérieur, Marcin Kierwinski, a livré les premiers éléments sur la personnalité du suspect. « Tout indique qu’il était fasciné par des idéologies d’extrême droite », a-t-il déclaré, en précisant que ce point devait encore être vérifié.

L’enquête a pris une dimension plus sombre encore avec la découverte de trois corps au domicile du jeune homme : deux femmes et un homme. Leur identité n’a pas été officiellement confirmée, mais il pourrait s’agir de ses parents et de sa sœur. Le déroulement exact des faits et les motivations du tireur restent à établir.

Sur place, lors d’une conférence de presse, Donald Tusk a qualifié les faits de terrorisme, estimant que la Pologne n’avait jamais connu un acte aussi radical, et a dénoncé un attentat atroce contre la vie des gens. Le pays observe deux jours de deuil national, dimanche et lundi.

Un pays qui s’arme

Les fusillades meurtrières restent rares en Pologne, pays de 38 millions d’habitants. Mais le drame survient dans un climat déjà tendu. Le pays avait été placé en état d’alerte maximale après une série d’attaques au couteau en octobre, à la suite desquelles Donald Tusk avait dénoncé un culte de la violence, nourri notamment par les réseaux sociaux.

Dans le même temps, le nombre de détenteurs d’armes à feu progresse fortement. Plus de 50 000 nouveaux permis ont été délivrés en 2025, pour un total de 411 000, selon les chiffres de la police polonaise.

Le deuil au milieu de la crise politique

La tuerie frappe un pays en pleine crise institutionnelle. Le gouvernement de centre droit de Donald Tusk a fait intervenir la police au Tribunal constitutionnel de Varsovie sur fonds de polémique autour des juges. Le président de cette juridiction, proche du parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS), qui soutient le chef de l’État nationaliste Karol Nawrocki, a été destitué, poussant celui-ci à annuler un voyage diplomatique pour revenir contester la situation. Le face-à-face entre forces de l’ordre et manifestants se poursuit, alors que les nationalistes dénoncent une tentative de coup d’Etat.

La Pologne enterre ses morts sous le regard d’une classe politique déjà à couteaux tirés. Reste à savoir si la tuerie de Cracovie rapprochera les deux camps, ou si elle deviendra un argument de plus dans leur affrontement.


Source : Le Dauphiné Libéré (avec AFP) – https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2026/11/08/fascine-par-des-ideologies-d-extreme-droite-qui-est-le-suspect-de-la-tuerie-de-cracovie