Coupe du monde 2030 : la droite espagnole menace de se retirer si le Maroc accueille la finale

La bataille pour accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 prend une tournure politique. Alberto Núñez Feijóo, chef de l’opposition espagnole, menace de retirer son pays de l’organisation du tournoi si le Maroc obtient le dernier match. Une déclaration qui ravive les tensions entre Madrid et Rabat, alors que les deux nations se disputent l’un des événements sportifs les plus prestigieux de la planète.

La Coupe du monde 2030 n’a pas encore commencé que sa finale provoque déjà des remous diplomatiques. Alors que l’Espagne, le Maroc et le Portugal doivent organiser conjointement la compétition, la désignation du pays hôte de la finale devient un sujet de confrontation politique. Au cœur de cette polémique, Alberto Núñez Feijóo, président du Parti populaire (PP), qui refuse catégoriquement de voir le Maroc accueillir le match le plus attendu du tournoi.

Invité jeudi soir de l’émission espagnole El Chiringuito, le chef de l’opposition a affirmé que la finale devait se jouer sur le territoire espagnol. Pour lui, il ne s’agit pas simplement d’une question d’infrastructures sportives, mais également de prestige national.

« Là où c’est juste, là où c’est opportun, là où c’est indiscutable : en Espagne », a-t-il déclaré pour défendre la candidature de son pays.

Interrogé sur un éventuel retrait de l’Espagne de l’organisation du Mondial 2030 si le Maroc obtenait la finale et s’il accédait au poste de Premier ministre, Alberto Núñez Feijóo n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. « Oui. La réponse est oui », a-t-il répondu.

« On n’humilie pas l’Espagne » : Feijóo durcit le ton

Le lendemain de son intervention télévisée, le dirigeant conservateur a prolongé son offensive sur le réseau social X, en partageant l’extrait de son entretien.

« Retrouver la fierté de notre pays passe aussi par le fait de ne se laisser piétiner par personne », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « On n’humilie pas la première puissance internationale du football. »

Cette référence à la puissance footballistique espagnole intervient dans un contexte particulier, l’Espagne étant présentée dans l’article source comme championne du monde 2026.

La prise de position du dirigeant du PP s’inscrit également dans la campagne précédant les élections législatives anticipées du 29 novembre. Selon les sondages évoqués par Le Figaro et l’AFP, le Parti populaire devancerait les socialistes du Premier ministre Pedro Sánchez, sans disposer nécessairement d’une majorité suffisante pour gouverner seul. Une alliance avec l’extrême droite pourrait alors entrer dans les discussions.

Maroc-Espagne : le Bernabéu face au grand stade de Casablanca

Derrière cette confrontation politique se joue une autre compétition, celle des infrastructures sportives. Deux projets incarnent particulièrement les ambitions espagnoles et marocaines.

Madrid défend le stade Santiago Bernabéu, enceinte emblématique du Real Madrid, modernisée pour accueillir les plus grandes rencontres internationales. L’Espagne entend s’appuyer sur le prestige de ce stade et sur son expérience dans l’organisation de compétitions majeures.

De son côté, le Maroc mise sur un projet d’une tout autre dimension : un stade d’environ 115 000 places à Benslimane, dans la région de Casablanca. Cette infrastructure doit constituer l’un des principaux atouts du royaume dans sa volonté d’accueillir la finale du Mondial 2030.

La Fédération royale marocaine de football affiche d’ailleurs ses ambitions sans détour. En septembre, son président, Fouzi Lekjaa, avait assuré que la finale se déroulerait au Maroc, « que cela plaise à certains ou non ».

Une déclaration particulièrement affirmée, alors que la FIFA avait précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise concernant le lieu de la finale.

Le choix reste donc ouvert entre les pays organisateurs, chacun cherchant à mettre en avant ses équipements, ses capacités d’accueil et son rayonnement international.

Les tensions entre Madrid et Rabat s’invitent dans le football

La polémique autour du Mondial 2030 intervient également dans un climat diplomatique marqué par des tensions migratoires entre l’Espagne et le Maroc.

Selon les éléments rapportés par Le Figaro et l’AFP, des dizaines de milliers de migrants avaient tenté de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta depuis le territoire marocain à la fin du mois de juillet, provoquant une crise dont les conséquences demeuraient sensibles au moment de la publication.

Alberto Núñez Feijóo a directement mis en cause le Maroc, qu’il accuse d’être derrière ce qu’il qualifie d’« invasion ». Le dirigeant conservateur a également promis une politique de « fermeté » envers le royaume chérifien s’il prenait la tête du gouvernement espagnol.

Ces déclarations illustrent la manière dont les relations bilatérales peuvent désormais peser sur le débat autour de l’organisation de la Coupe du monde.

Pourtant, le Mondial 2030 repose sur une coopération entre trois pays voisins, l’Espagne, le Portugal et le Maroc, avec une dimension symbolique particulière : celle d’un tournoi réunissant les deux rives de la Méditerranée.

À ce stade, la FIFA n’a pas annoncé officiellement le stade qui accueillera la finale. La candidature du Santiago Bernabéu et celle du futur grand stade de Casablanca restent au centre des ambitions respectives de Madrid et de Rabat.

La menace formulée par Alberto Núñez Feijóo demeure, quant à elle, conditionnée à son éventuelle arrivée au pouvoir et à l’attribution de la finale au Maroc.

Sources :

Le Figaro avec AFP, « On n’humilie pas l’Espagne : la droite menace de se retirer si le Maroc obtient la finale de la Coupe du Monde 2030 »

Reuters – Déclarations de Feijóo et positions espagnole et marocaine

El Chiringuito – Entretien original d’Alberto Núñez FeijóoEl País – Précisions sur la position de la FIFA et les stades candidats