Un match de jeunes au Brésil s’est terminé avec 51 cartons rouges, un record mondial. Lors d’une demi-finale du championnat U20 du Minas Gerais entre Uberlândia et Mamoré, une bagarre générale a duré près de 40 minutes. Une enquête de police est ouverte et Uberlândia s’est retiré de la compétition.
Mamoré mène 3-1. Le dernier but est fêté de façon jugée provocatrice par le camp adverse. Il n’en faut pas davantage. Selon TF1info et Maxifoot, qui reprennent les informations du quotidien brésilien O Tempo, joueurs et membres des encadrements en viennent aux mains, et aux pieds, à l’aller de cette demi-finale du championnat régional des moins de 20 ans de l’État du Minas Gerais.
La rixe éclate à la 54e minute. Elle dure près de quarante minutes, soit presque une mi-temps entière de coups. Des bouteilles volent, une glacière aussi, et même une civière, ce qui en dit long sur l’état d’esprit des belligérants. Six ramasseurs de balles auraient participé à la mêlée. La police militaire a dû venir constater les dégâts dans l’enceinte.
43 joueurs, 8 encadrants, un arbitre
Une fois le calme revenu, l’arbitre sort son carnet. Et ne le range plus. Il distribue 51 cartons rouges : 43 à des joueurs, 8 à des membres des staffs. Faites le calcul : deux équipes de onze, plus les remplaçants, et il reste encore de quoi expulser une partie du banc. Le total dépasse, selon la presse brésilienne, le précédent record mondial d’expulsions dans un même match, qui tenait depuis 2011.
Ce record de 2011 avait été établi en Argentine, lors d’une rencontre de divisions inférieures entre Claypole et Victoriano Arenas, conclue par 36 expulsions. Le Minas Gerais l’enfonce de quinze unités. Une performance dont personne, sur place, ne semble revendiquer la paternité.
Pour mesurer l’écart, il suffit de regarder le football professionnel. En Série A brésilienne comme en Ligue 1, un match à trois ou quatre expulsions fait déjà les gros titres du lendemain. La célèbre « bataille de Bordeaux », un Brésil-Tchécoslovaquie de la Coupe du monde 1938 resté dans les mémoires pour sa violence, s’était soldée par trois expulsions. Le Minas Gerais vient de multiplier ce chiffre par dix-sept, dans un championnat de jeunes où les gradins sont clairsemés et la sécurité réduite au strict minimum.
L’histoire a d’abord circulé sur les réseaux sociaux brésiliens avant d’être reprise par la presse sportive européenne. Le chiffre, à lui seul, a suffi à faire le tour du monde : 51, c’est davantage que l’effectif cumulé de deux équipes professionnelles inscrites sur une feuille de match.
Retrait, enquête et finale sur tapis vert
Les suites sont aussi rapides que le match a été long. Une enquête policière a été ouverte. Uberlândia a annoncé son retrait de la compétition, ce qui entraîne l’annulation du match retour. Mamoré, qui menait au moment des faits, est qualifié pour la finale. Les éventuelles sanctions disciplinaires individuelles de la fédération du Minas Gerais n’étaient pas connues au moment de la publication.
L’affaire relance une question récurrente au Brésil : celle de la violence dans le football de formation, où les enjeux de détection et la pression des encadrements pèsent lourd sur des joueurs qui n’ont pas vingt ans. Elle rappelle aussi que le football amateur, loin des caméras de la Série A, échappe largement aux dispositifs de sécurité des grands stades.
Le football brésilien a donné au monde le jogo bonito. Avec 51 cartons rouges, une poignée de moins de 20 ans vient de lui inventer une autre catégorie de records. L’arbitre, lui, mérite sans doute une médaille.