Raphaël Glucksmann : place de la République, le défilé n’a pas eu lieu

Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate à la présidentielle 2027, n’a pas pu défiler jeudi 5 novembre à Paris lors de la manifestation contre la vie chère. Bloqué près d’une heure place de la République par des manifestants hostiles, le leader de Place publique a quitté les lieux, non sans avoir lancé qu’il se « contrefout » de ces militants.

Jeudi après-midi, place de la République. Le cortège parisien contre la vie chère s’apprête à s’élancer. Raphaël Glucksmann arrive, entouré de cadres socialistes, parmi lesquels le député Boris Vallaud. Il n’ira pas plus loin.

Pendant près d’une heure, selon l’AFP, le candidat reste coincé à son point de départ, encerclé par des manifestants. Les slogans fusent : il ne serait pas un camarade, Mélenchon président, tout le monde déteste le PS. D’autres scandent son prénom suivi de « président ». Quelques applaudissements percent le vacarme.

Son équipe indique que la préfecture de police l’a averti de la présence de black blocs sur la place. Le candidat repart sans avoir fait un pas dans le cortège.

Un cortège de République à Nation

La journée n’avait pourtant rien d’un rassemblement partisan. Les syndicats appelaient à manifester dans toute la France contre la vie chère, avec un cortège parisien reliant la place de la République à celle de la Nation. La CGT a revendiqué 350 000 manifestants dans la capitale, selon ICI (ex-France Bleu). Le même jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la réunion, lundi à Matignon, d’une conférence sociale avec les syndicats et le patronat, rapporte France Info.

C’est dans ce décor que le candidat social-démocrate espérait s’afficher. La rue, ce jeudi, parlait salaires avant de parler présidentielle.

Une journée « des travailleurs »

À son arrivée, il avait pourtant donné le ton devant les caméras de l’AFP : l’hostilité de militants politiques, il s’en moque, et même il s’en « contrefout ». Pour lui, cette journée appartient aux travailleurs, pas aux partisans d’un autre candidat.

Il se dit aux côtés de l’intersyndicale, réclame des salaires dignes et une hausse du Smic, et se présente comme le candidat d’une rupture démocratique, promettant une redistribution qui n’irait plus des plus modestes vers les plus riches. Son proche Jérôme Auslender assure qu’il reviendra manifester aussi souvent que nécessaire.

La rue, terrain miné

L’épisode n’a rien d’isolé. Depuis le début de sa campagne, Raphaël Glucksmann peine à se montrer dans les manifestations, où il est régulièrement pris à partie par des militants de la gauche radicale. Il dénonce un harcèlement orchestré, selon lui, par La France insoumise.

La fracture ne date pas d’hier. Député européen depuis 2019, Raphaël Glucksmann avait conduit la liste commune du Parti socialiste et de Place publique aux élections européennes de 2024, arrivée en tête de la gauche avec près de 14 % des voix, loin devant celle des insoumis. Depuis, les deux camps se disputent le leadership à gauche, et la rue est devenue l’un des terrains de cette concurrence.

La journée du 5 novembre était présentée comme un test de rue pour le candidat. Le même jour, neuf des dix-sept députés du groupe communiste et ultramarin de l’Assemblée nationale annonçaient leur soutien à Jean-Luc Mélenchon. À gauche, tout le monde manifeste. Pas forcément ensemble.

Raphaël Glucksmann voulait prouver qu’il avait sa place dans le cortège. Il a surtout mesuré le fossé qui le sépare d’une partie de la gauche. La place porte le nom de la République, pas celui de l’union.


Source : Le HuffPost – https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/siffle-lors-de-la-manifestation-a-paris-raphael-glucksmann-se-contrefout-des-militants-hostiles_352514.html