Hubert Aiwanger, chef du parti des Électeurs libres (Freie Wähler) et numéro deux du gouvernement bavarois, a été retrouvé mort le mercredi 4 novembre 2026 dans un hôtel du quartier de Mitte, à Berlin. Âgé de 55 ans, il était venu inaugurer un bureau de son parti. La cause du décès reste inconnue et la police a ouvert une enquête. Son nom restait associé à l’affaire d’un tract antisémite de jeunesse, révélée en 2023.
Il devait couper un ruban, il n’est jamais arrivé. Selon le quotidien Bild, cité par le site The Local, Hubert Aiwanger se trouvait à Berlin pour l’ouverture d’un bureau des Freie Wähler, mais a manqué l’événement parce qu’il ne se sentait pas bien. Son corps a ensuite été découvert dans sa chambre d’hôtel.
La police berlinoise et le parquet ont ouvert une enquête pour établir la cause et les circonstances exactes du décès, et pour écarter toute intervention d’un tiers. Aucun élément n’avait été communiqué jeudi sur l’origine de la mort. Hubert Aiwanger était père de deux enfants et vivait avec sa compagne, selon des médias allemands.
« Une véritable tragédie »
Le ministre-président de Bavière, Markus Söder (CSU), dont il était le partenaire de coalition, a parlé d’une véritable tragédie, se disant profondément touché et adressant ses pensées à la famille et aux enfants du défunt. Le gouvernement de Munich est sous le choc.
Agriculteur de formation, Hubert Aiwanger avait pris la tête de la branche bavaroise des Freie Wähler en 2006, avant de diriger le parti au niveau national. C’est sous sa conduite que cette formation populiste et conservatrice, très implantée dans les campagnes bavaroises, est entrée pour la première fois au gouvernement régional en 2018, comme partenaire minoritaire de la CSU. Il cumulait depuis les fonctions de vice-ministre-président et de ministre de l’Économie du Land.
Le déplacement berlinois n’était pas anodin. Les Freie Wähler, solidement installés au Parlement de Munich, n’ont jamais réussi à franchir la barre des 5 % nécessaire pour entrer au Bundestag. Ouvrir un bureau dans la capitale fédérale, c’était afficher une ambition nationale que Hubert Aiwanger portait depuis des années, avec un discours tourné vers les agriculteurs, les artisans et les élus locaux, et une méfiance assumée envers les partis de Berlin. Son style, volontiers rugueux et ponctué de formules en dialecte de Basse-Bavière, avait fait de lui une figure à part dans la politique allemande, régulièrement critiquée par les écologistes et les sociaux-démocrates, mais populaire dans les zones rurales.
L’ombre d’un cartable
Sa carrière avait vacillé à l’été 2023. Le quotidien Süddeutsche Zeitung révélait alors qu’un tract antisémite, qui tournait en dérision les victimes de la Shoah, avait été retrouvé dans son cartable de lycéen à la fin des années 1980. Hubert Aiwanger avait contesté en être l’auteur, son frère affirmant l’avoir écrit, puis présenté des excuses, tout en refusant de démissionner.
Markus Söder l’avait maintenu à son poste après lui avoir soumis une liste de questions écrites. L’affaire, loin de lui coûter, avait coïncidé avec une progression de son parti aux élections régionales d’octobre 2023, où les Freie Wähler avaient obtenu près de 16 % des voix. Une partie de l’électorat bavarois avait vu dans la polémique une campagne médiatique contre lui, ce qu’il n’avait cessé de dénoncer.
Le tribun des campagnes bavaroises s’est éteint loin de ses terres, dans un hôtel de la capitale. L’enquête dira de quoi. La Bavière, elle, doit déjà se trouver un nouveau numéro deux.
Sources : Le Parisien ; The Local Germany