Un cerf élaphe adulte dans une clairière

Chasse à courre : un chasseur de 19 ans encorné par un cerf en Gironde

Une chasse à courre a mal tourné en Gironde. Mardi 3 novembre 2026, à Saint-Laurent-Médoc, un chasseur de 19 ans a été encorné par le cerf qu’il poursuivait avec son équipage. Grièvement blessé au thorax, avec une atteinte au poumon, le jeune homme a été pris en charge par les secours. Ses jours ne sont pas en danger.

Le Médoc, ses pinèdes, ses forêts humides. C’est là, sur la commune de Saint-Laurent-Médoc, que l’accident s’est produit mardi, selon Le Parisien. Le jeune homme participait à une chasse à courre, ce mode de chasse où une meute de chiens, suivie par des cavaliers et des suiveurs à pied, poursuit un animal jusqu’à son épuisement.

L’animal traqué, un cerf, s’est retourné contre lui. Le chasseur de 19 ans a été touché à la poitrine par les bois de l’animal. Selon La Dépêche, il souffre d’une blessure au thorax avec atteinte pulmonaire. Les circonstances précises de la charge, comme le déroulement de l’intervention des secours, n’ont pas été détaillées. Le pronostic vital n’est pas engagé.

Une chasse légale et encadrée

La vènerie, nom officiel de la chasse à courre, est l’un des trois modes de chasse autorisés en France, aux côtés de la chasse à tir et de la fauconnerie, en vertu du code de l’environnement. Un rapport d’information du Sénat publié en 2023 en rappelle le cadre. Chaque équipage doit obtenir une attestation de meute délivrée par le préfet. La saison court du 15 septembre au 31 mars, soit un mois de plus que la chasse à tir.

Pour le cerf, le gros gibier par excellence de la vènerie, une meute d’au moins trente chiens est exigée. La Société de vènerie limite elle-même ses meutes à quarante chiens en forêt périurbaine et soixante ailleurs. Son règlement intérieur interdit aussi de chasser les grands cerfs, ceux de dix cors et plus, avant le 1er octobre.

Le moment le plus dangereux

Le cerf aux abois, acculé par les chiens au terme de la poursuite, reste un animal puissant. Un mâle adulte peut dépasser 150 kilos et ses bois sont une arme redoutable. C’est généralement à ce stade, celui de la mise à mort, que les veneurs s’en approchent au plus près. Les circonstances précises de l’accident de mardi n’ont pas été communiquées.

Un débat qui ne s’éteint pas

L’accident intervient dans un contexte de controverse récurrente autour de la chasse à courre. Ses opposants, regroupés notamment au sein du collectif Abolissons la vénerie aujourd’hui, réclament son interdiction, comme dans plusieurs pays européens. Ses défenseurs y voient une tradition rurale et un savoir-faire cynégétique. Le Sénat, dans son rapport de 2023, a formulé des propositions spécifiques à la vènerie, sans en demander l’interdiction.

La période n’est pas anodine. Le brame, saison des amours du cerf, s’étend de la mi-septembre à la mi-octobre. Les mâles y sont particulièrement combatifs. Début novembre, les grands cerfs sortent de cette période éprouvante, mais conservent leurs bois, qui ne tombent qu’à la fin de l’hiver avant de repousser au printemps. Les accidents de vènerie impliquant des blessures humaines par l’animal restent rares, ce qui explique l’écho donné à celui-ci.

Dans le vocabulaire de la vènerie, le cerf acculé est dit aux abois. Ce mardi, en Médoc, c’est lui qui a mené la charge.


Sources : Le Parisien ; La Dépêche via Titrespresse ; Sénat, rapport d’information n° 470 (2022-2023)