Kévin T., suspect de l’attentat de Trappes et de La Verrière qui a fait un mort et sept blessés le 23 octobre, aurait tenté de mettre fin à ses jours en détention, selon BFMTV et l’AFP. Brièvement hospitalisé, il a regagné sa cellule le jour même, ses jours n’étant pas en danger. Mis en examen pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante de racisme, il reste présumé innocent.
L’information, révélée par BFMTV et confirmée par l’AFP, a été reprise mercredi 4 novembre par le média local Temps Réel 78. Les faits remontent à quelques jours. Pris en charge par les secours, le détenu a été conduit à l’hôpital puis reconduit en détention dans la journée. L’établissement pénitentiaire n’a pas été précisé.
À noter qu’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux avait montré l’accueil réservé à Kevin T. lors de son arrivée en prison où les détenus le menaçaient.
Ses avocats, Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, regrettent la rapidité avec laquelle l’information a été rendue publique. Ils estiment que l’épisode interroge sur l’état mental de leur client et réclament une évaluation médicale approfondie.
Une matinée, deux communes
Le 23 octobre, vers 10 h 30, un homme de 39 ans ouvre le feu sur des passants à Trappes, puis à La Verrière, dans les Yvelines. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est tué. Sept personnes sont blessées, dont quatre grièvement. Le tireur présumé est interpellé à Coignières, commune voisine.
En garde à vue, le suspect a reconnu avoir visé des personnes qu’il pensait musulmanes, africaines ou maghrébines. Le 29 octobre, un juge d’instruction antiterroriste l’a mis en examen et placé en détention provisoire. Trois magistrats instructeurs du pôle antiterroriste poursuivent désormais l’enquête.
La schizophrénie invoquée, mise en doute
La question psychiatrique est déjà au cœur du dossier. Kévin T. affirme souffrir de schizophrénie. Le parquet national antiterroriste a fait savoir que le médecin qui l’a examiné voyait dans ce diagnostic davantage une interprétation du suspect lui-même qu’un constat médical. Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment des faits, ainsi que de substances compatibles avec des antipsychotiques et des antidépresseurs.
L’homme a déjà été condamné à quatre reprises, la dernière fois en 2012, selon Temps Réel 78.
Un dossier suivi de près
La qualification terroriste retenue, pour une attaque à motivation raciste revendiquée, a donné à l’affaire une dimension nationale. Elle fait aussi de la santé psychique du mis en examen un enjeu central de la procédure : les expertises psychiatriques devront dire s’il pouvait mesurer la portée de ses actes. La famille de Pengo Bossio Wangi, comme les sept blessés, attend que la justice établisse les responsabilités.
Entre un suspect qui revendique ses cibles et une défense qui interroge sa raison, l’instruction ne fait que commencer.
Source : Temps Réel 78