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Entreprises françaises : des marges au plancher malgré les aides

Les entreprises françaises affichent l’une des plus faibles rentabilités de la zone euro, malgré des milliards d’euros d’aides publiques. C’est la conclusion d’une étude de l’institut Rexecode publiée en novembre 2026. Leur marge nette plafonne à 12,8 % de la valeur ajoutée en 2025, contre 22,4 % pour la médiane de la zone euro. Les prélèvements obligatoires, et surtout les cotisations patronales, expliquent l’essentiel de l’écart.

Le classement tient en une ligne. Sur les vingt pays de la zone euro, la France arrive en dix-neuvième position pour la rentabilité de ses entreprises non financières. Seule l’Autriche fait moins bien. Le document de travail, signé par l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie et relayé par BFMTV puis Les Echos, compare les comptes des sociétés non financières en 2025.

La tendance est longue. En 1990, la marge nette des entreprises françaises atteignait 16,9 % de leur valeur ajoutée. Elle est tombée à 12,8 % en 2025. Pendant ce temps, la médiane européenne s’établit à 22,4 %.

Ce que l’État donne d’une main

Le paradoxe tient aux deux colonnes du bilan public. Avant subventions, les prélèvements pèsent 25,7 % de la valeur ajoutée des entreprises françaises, contre 19,4 % dans la zone euro. Les aides publiques en restituent 4,8 points. Une fois ces subventions déduites, la charge nette reste de 20,9 %, contre 15,8 % en moyenne européenne. L’Allemagne se situe à 12,2 %, l’Espagne à 17,5 %, l’Italie à 17,9 %.

Autrement dit, les aides ne compensent qu’une partie du fardeau. Elles réduisent l’écart avec les voisins, sans le combler.

Les cotisations en première ligne

Rexecode décompose l’écart de 9,5 points de marge avec la médiane de la zone euro. Les cotisations patronales en expliquent 5,3 points. Elles représentent 15,9 % de la valeur ajoutée en France, contre 10,6 % chez les voisins. Les salaires bruts pèsent pour 2,6 points supplémentaires. Les impôts de production complètent le tableau avec 1,8 point.

Les entreprises françaises consacrent ainsi une part plus élevée de leur richesse à la rémunération du travail que leurs concurrentes européennes, cotisations comprises. Un constat qui nourrit deux lectures opposées : modèle social protecteur pour les uns, frein à l’investissement pour les autres.

50 milliards pour revenir aux années 1990

Pour retrouver le niveau d’excédent d’exploitation de la période 1990-2000, les entreprises françaises auraient besoin d’environ 50 milliards d’euros supplémentaires chaque année. Autant de capacités d’investissement absentes, selon l’auteur de l’étude.

Il faut aussi situer l’émetteur. Rexecode est un institut proche des milieux patronaux. Ses conclusions alimentent un débat budgétaire où la question des aides aux entreprises, régulièrement estimées à plus de 150 milliards d’euros par an par divers travaux parlementaires et syndicaux, revient à chaque projet de loi de finances.

Les chiffres de Rexecode posent une question que le débat public évite souvent : à quoi servent des aides qui ne suffisent qu’à réduire une partie des prélèvements qu’elles accompagnent ?


Source : BFMTV ; Quartz (édition française)