La foire Saint-Romain à Rouen

Foire Saint-Romain : de jeunes catholiques agressés à Rouen

Une quinzaine de jeunes catholiques ont été agressés aux abords de la foire Saint-Romain, à Rouen, dans la nuit du samedi 31 octobre, rapportent actu.fr et le JDD. Quatre d’entre eux ont été hospitalisés, dont un pour une fracture du plancher de l’orbite. Plusieurs plaintes ont été déposées. Le maire socialiste Nicolas Mayer-Rossignol a saisi le procureur et réclame une réponse exemplaire.

Samedi soir, vers 22 heures, un groupe d’amis se rend à la foire Saint-Romain, la grande fête foraine d’automne de Rouen. Ils sont une quinzaine, réunis pour célébrer deux anniversaires. Selon leurs récits rapportés par le JDD, ils entonnent des chants français et catholiques, dont le cantique « Resuscitò ».

Un autre groupe les prend alors à partie, les traite de « fachos » et passe aux coups. Selon le témoignage d’une victime, Pierre-Alexis Michau, les agresseurs ont frappé, craché, proféré des insultes visant les Blancs et des menaces de mort. Ces éléments reposent à ce stade sur les déclarations des victimes, l’enquête devant établir précisément le déroulé des faits et l’identité des auteurs.

Quatre hospitalisés

Le bilan est lourd. Quatre jeunes ont été conduits à l’hôpital. L’un souffre d’une fracture du plancher de l’orbite, les autres d’hématomes et de saignements de nez. Plusieurs plaintes ont été déposées. Aucune interpellation n’était rapportée à la publication des articles consultés.

Le même soir, à Sotteville-lès-Rouen, dans l’agglomération, une vingtaine d’individus ont attaqué des supporters de football dans un bar, selon le JDD. Rien ne permet, en l’état, de relier les deux affaires.

Le maire saisit le procureur

Nicolas Mayer-Rossignol a réagi sur le réseau X. Le maire de Rouen dit condamner sans réserve ces violences et affirme qu’aucune différence de croyance ou de conviction ne saurait les justifier. Il a saisi le procureur de la République et attend une réponse exemplaire. Le 18 octobre, il avait organisé au Zénith de Rouen un grand rassemblement contre le racisme, notamment avec SOS Racisme.

L’affaire a d’abord été révélée par Boulevard Voltaire, puis relayée par CNews et de nombreux comptes sur les réseaux sociaux, avant d’être reprise par la presse régionale et nationale.

Une affaire qui s’emballe

L’émoi est réel, et la récupération aussi. Sur les réseaux, l’agression est devenue en quelques heures un objet de bataille politique, certains comptes avançant des détails sur l’identité des agresseurs que l’enquête n’a pas encore établis. Le contexte national, deux semaines après l’attentat raciste de Trappes, alimente une surenchère où chaque fait divers est lu à travers le prisme des tensions identitaires.

Le droit, lui, offre une grille plus sobre. Des violences commises en réunion, ayant entraîné des blessures, sont aggravées si elles ont été motivées par l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une religion. C’est ce que les enquêteurs devront déterminer, à partir des témoignages, des éventuelles images de vidéosurveillance de la foire et de l’audition des suspects.

À Rouen, la foire Saint-Romain est une tradition vieille de plusieurs siècles. Les manèges tournent encore. L’enquête, elle, ne fait que commencer.


Sources : actu.fr Rouen ; Le JDD