Nice : une directrice d’école maternelle agressée avec une arme

Une école maternelle de Nice est sous le choc après l’agression de sa directrice et d’une enseignante, rapporte franceinfo. Lundi 2 novembre, une mère d’élèves de 36 ans a menacé la directrice avec une arme, l’a frappée, puis a giflé une enseignante. Interpellée peu après, elle a été placée en garde à vue. Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public.

Il est environ 9 heures à l’école maternelle Clément-Roassal, près du centre-ville. Une mère dont deux enfants sont scolarisés dans l’établissement demande en urgence à voir la directrice. Dans le bureau, elle sort une arme de poing et l’accuse d’agressions sexuelles dont l’un de ses enfants aurait été victime.

Selon le procureur de Nice, Damien Martinelli, la femme frappe la directrice, lui tire les cheveux, la frappe au visage avec l’arme et lui pose un couteau sur la joue. Elle ne ressort du bureau qu’environ une heure plus tard. En quittant l’école, elle gifle une enseignante et la menace en actionnant l’arme pointée vers elle. Aucun coup de feu n’est parti. Aucun élève n’a assisté à la scène.

Une suspecte déjà condamnée

La mère de famille a été interpellée peu après à son domicile. Elle se déclare de double nationalité tunisienne et italienne et dit exercer comme aide-soignante. Elle conteste toute violence. Selon le parquet, elle a déjà été condamnée à deux reprises, dont une fois en 2019 pour violences avec arme. L’arme n’a pas été retrouvée lors de la perquisition, et la suspecte affirmait ne disposer que de deux balles.

Franceinfo indique par ailleurs que la suspecte faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français et avait été suivie pour radicalisation islamiste. L’enquête, confiée à la police judiciaire de Nice, devra éclaircir le mobile et l’origine de l’arme. Les accusations portées contre la directrice ne reposent, à ce stade, sur aucun élément rendu public.

Ciotti sur place, le ministre réagit

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a jugé l’agression intolérable sur le réseau X. Le maire de Nice, Éric Ciotti, s’est rendu à l’école et a dénoncé une violence inouïe. Le recteur de l’académie de Nice, Emmanuel Roux, a dépêché une équipe académique de sécurité et mis en place un accompagnement psychologique pour les personnels.

L’affaire intervient alors que d’autres menaces visant des enseignants ont récemment été jugées, près de Toulouse et de Bordeaux, avec plusieurs condamnations à de la prison ferme.

La qualification retenue par le parquet est lourde. La tentative de meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public relève de la cour d’assises et fait encourir les peines les plus sévères du Code pénal. La loi protège spécifiquement les enseignants et personnels de l’Éducation nationale, dont la qualité constitue une circonstance aggravante. Les investigations devront notamment établir si l’arme était réelle et chargée, un élément déterminant pour la suite de la procédure.

Les directeurs d’école en première ligne

Le drame relance une question ancienne. Les directeurs et directrices d’école sont devenus l’interlocuteur unique de familles parfois en conflit ouvert avec l’institution, sans autorité hiérarchique réelle ni moyens de protection spécifiques. Les syndicats d’enseignants dénoncent régulièrement la multiplication des incivilités et des menaces venant de parents, et réclament un meilleur accompagnement en cas d’incident.

Le cas niçois relève d’une gravité exceptionnelle. Il rappelle cependant qu’en école maternelle, la porte du bureau de la directrice est souvent la seule barrière entre la cour de récréation et la violence du dehors.

Les enfants n’ont rien vu, et c’est la seule bonne nouvelle de la matinée. Pour les adultes de l’école Clément-Roassal, la peur, elle, est entrée dans le bureau.


Sources: franceinfo ;Yahoo Actualités ; franceinfo (suspecte)