Marine Le Pen en 2025

Marine Le Pen et la Pologne : Varsovie lui demande du respect

Marine Le Pen s’est invitée dans la crise polonaise, et Varsovie lui a répondu sèchement. Dimanche 1er novembre, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle a dénoncé sur X « une prise de contrôle forcée » du Tribunal constitutionnel polonais. Le ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, lui a demandé de respecter la Pologne comme celle-ci respecte la France, rapporte Le Parisien. Raphaël Glucksmann a, lui aussi, riposté.

Marine Le Pen dit sa profonde inquiétude. Dans son message, elle critique l’intervention des forces de l’ordre autour du Tribunal constitutionnel de Varsovie et la suspension contestée de son président. Selon elle, on ne peut prétendre restaurer l’État de droit en semblant ignorer ses propres règles. Elle reproche aussi à l’Union européenne son indifférence et aux médias leur silence, estimant que Bruxelles ne peut défendre la démocratie tout en se taisant sur l’équilibre constitutionnel d’un État membre.

La prise de position n’est pas fortuite. Le Rassemblement national affiche ouvertement sa proximité avec le président polonais Karol Nawrocki, élu en 2025 avec le soutien du parti conservateur Droit et Justice (PiS).

Sikorski, en commentaire

La réponse est venue directement sous le message. Radosław Sikorski a rappelé à Marine Le Pen que la Pologne, amie et alliée de la France, ne s’immisce pas dans la politique française. Il lui a demandé d’avoir la même retenue à l’égard des affaires polonaises. Une réplique diplomatique dans la forme, cinglante dans le fond.

Le chef de la diplomatie polonaise n’en était pas à son coup d’essai dans cette crise. Le lendemain, il ironisait sur la démission de trois ambassadeurs proches de l’ancien président Andrzej Duda, qu’il soupçonne d’avoir été encouragés par Karol Nawrocki.

Glucksmann retourne l’argument

À Paris, Raphaël Glucksmann, candidat de Place publique, a pris le contre-pied. Pour lui, les atteintes à l’État de droit sont à chercher du côté des alliés ultraconservateurs de Marine Le Pen. Le gouvernement de Donald Tusk chercherait avant tout à défaire l’emprise du PiS sur le Tribunal constitutionnel. Le député européen dénonce une propagande coordonnée et décrit l’exécutif polonais comme démocrate, pro-européen et hostile à Vladimir Poutine.

Ce qui s’est passé à Varsovie

Le vendredi 30 octobre, la police antiémeute a encerclé le siège du Tribunal constitutionnel. Huit juges élus cette année par le Parlement y sont entrés et ont déclaré le président Bogdan Święczkowski suspendu. La juge Anna Korwin-Piotrowska s’est présentée comme présidente par intérim. Le ministre de la Justice, également procureur général, a demandé la levée de l’immunité de Bogdan Święczkowski, qui dénonce une tentative de coup d’État.

Karol Nawrocki a écourté un déplacement au Sénégal pour se rendre au tribunal dans la nuit, puis a convoqué en urgence les groupes parlementaires en invoquant une violation de l’ordre constitutionnel. Plusieurs juristes, y compris critiques du PiS, s’interrogent sur la régularité de l’opération.

Bruxelles plus nuancée que ne le dit Le Pen

Contrairement au silence dénoncé par Marine Le Pen, la Commission européenne s’est exprimée dès le samedi. Son porte-parole a indiqué suivre la crise de près et rappelé que les autorités polonaises doivent permettre au tribunal de fonctionner conformément à la Constitution et à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union. Il a aussi souligné que la nomination de huit nouveaux juges relève des compétences constitutionnelles du Sejm, et rappelé les mesures provisoires de la Cour européenne des droits de l’homme du 5 mai 2026, qui demandaient de ne pas empêcher ces juges de siéger.

La crise remonte à 2015, lorsque le PiS avait refusé de reconnaître trois juges élus par la législature précédente. Depuis, chaque camp accuse l’autre d’avoir capturé l’institution.

À un peu plus d’un an des législatives polonaises, le Tribunal constitutionnel est devenu un champ de bataille. Il est désormais aussi un sujet de la présidentielle française.


Source : Le Parisien – https://www.leparisien.fr/international/pologne-marine-le-pen-denonce-une-prise-de-controle-forcee-du-tribunal-constitutionnel-varsovie-lui-demande-du-respect-02-11-2026-FPNBXP7HLBDALDPO3WKL6264RU.php

Sources consultées : Yahoo Actualités ; 20 minutes (Suisse)