Le Groupama Stadium de Décines lors d'un match de l'Olympique lyonnais

OL : une vingtaine de supporters du collectif Atypik expulsés du stade

À l’OL, la tribune se dispute aussi hors du terrain. Dimanche 1er novembre, lors de la réception d’Angers au Groupama Stadium, une vingtaine de membres du collectif Atypik Lyonnais, qui revendique la lutte contre le racisme, ont été expulsés du stade, rapporte Foot01 en citant Le Progrès. Le club ne reconnaît pas ce groupe, qui refuse de communiquer l’identité de ses membres.

Tout part d’un chant. En pleine rencontre, ces spectateurs ont entonné un refrain signalant leur appartenance au collectif, selon Le Progrès. Or le règlement intérieur du stade interdit ce type de regroupement non reconnu. Stadiers et policiers sont intervenus. L’expulsion, d’après le récit publié, s’est faite sans violence, mais sans négociation.

Ce n’était pas une première. Lors du match contre Rennes, les membres d’Atypik n’avaient tout simplement pas été autorisés à franchir les portiques.

Pas de noms, pas de statut

Le fond du litige est administratif autant que politique. L’Olympique lyonnais n’a pas reconnu Atypik Lyonnais, notamment parce que le collectif refuse de transmettre au club la liste de ses membres. Une condition que le club pose aux groupes de supporters organisés, dans un contexte de dispositifs de sécurité renforcés autour des tribunes.

Sur le réseau X, le collectif a dénoncé une exclusion orchestrée par le club, affirmant avoir été escorté dehors par la police et les stadiers. Il accuse l’OL de ne pas vouloir d’un groupe antiraciste dans son enceinte. Dans son message, il a aussi désigné les policiers par le code « 1312 », équivalent chiffré d’ACAB, une insulte bien connue envers les forces de l’ordre. L’OL n’a pas communiqué publiquement sur l’incident.

Des tribunes sous tension

Depuis plusieurs semaines, les gradins de Décines sont agités par des frictions entre groupes officiels et officieux. Des échanges tendus ont déjà opposé Atypik à d’autres supporters lyonnais. Foot01 relève que les Bad Gones, groupe historique du virage Nord, goûtent peu d’être pointés du doigt par le nouveau collectif, et redoute un incident plus sérieux.

Le sujet n’est pas anodin à Lyon. Le club et ses tribunes ont été plusieurs fois au coeur de débats sur le racisme dans les stades. Qu’un collectif se réclamant de l’antiracisme soit aujourd’hui expulsé, au nom du règlement, ajoute une couche de complexité à une histoire déjà chargée.

Sur le terrain, tout va bien

Côté sportif, l’OL se porte bien. Après neuf journées, les Lyonnais occupent la troisième place de Ligue 1 avec 17 points. Angers, quinzième avec 8 points, est reparti de Décines sans faire de bruit.

Le Groupama Stadium, inauguré en 2016 à Décines-Charpieu, accueille près de 60 000 spectateurs. Comme dans la plupart des grands stades français, les groupes de supporters y sont encadrés par des conventions avec le club, qui fixent notamment l’accès aux tribunes, le matériel autorisé et les interlocuteurs. Les Bad Gones, fondés en 1987, en sont la figure historique au virage Nord. L’arrivée d’un nouveau collectif, qui refuse ce cadre tout en revendiquant une cause, bouscule cet équilibre ancien. Elle place aussi le club dans une position délicate : appliquer son règlement, au risque d’être accusé de faire taire un discours antiraciste.

Le club dispose d’outils juridiques pour agir. Depuis la loi du 10 mai 2016 sur le supportérisme, les organisateurs de rencontres peuvent refuser l’accès à leurs enceintes aux personnes qui enfreignent les conditions générales de vente ou le règlement intérieur. Le même texte a créé une instance nationale du supportérisme, censée favoriser le dialogue entre clubs, pouvoirs publics et associations de supporters. C’est précisément ce dialogue qui fait défaut entre l’OL et Atypik, dont le refus de transmettre l’identité de ses membres bloque toute reconnaissance officielle.

À Lyon, le match le plus disputé de la saison se joue peut-être en tribune. Et pour l’instant, personne n’a sifflé la fin.


Source : Foot01 – Lyon Capitale