Le député LFI Thomas Portes

Thomas Portes : le député LFI érige la fermeture de CNews en priorité

Le député LFI Thomas Portes a affirmé sur X que « la fermeture de CNEWS est une priorité ». Sa prise de position intervient alors qu’une pétition réclamant la fin de la chaîne dépasse les 200 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, et provoque une riposte à droite.

« La fermeture de CNEWS est une priorité. » Le message de Thomas Portes tient en une ligne, publiée sur son compte X. Le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis n’en est pas à son coup d’essai. Dans un message précédent, il réclamait déjà que la chaîne soit fermée, l’accusant de mettre une cible dans le dos des musulmans, d’avoir mené en 2021 une campagne contre la ville de Trappes et d’avoir offert une tribune à Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement ».

Le Journal du dimanche, qui appartient comme CNews à l’univers de Vincent Bolloré, a titré sur la « censure ». La réplique politique est venue de Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, qui a dénoncé une volonté de bâillonner la chaîne et parlé de « bolchevisme », selon le JDD.

Une pétition à 200 000 signatures

Thomas Portes surfe sur une vague qui le dépasse. Une pétition déposée en juin sur la plateforme de l’Assemblée nationale par un citoyen, Lucas Massoni, demande la fermeture de la chaîne, qualifiée de « machine de propagande ». Elle avait dépassé les 200 000 signatures vendredi 30 octobre, dont plus de 60 000 en deux jours, selon L’Humanité cité par Paris Match Belgique.

À 500 000 signatures, le texte peut être débattu en séance publique, si la Conférence des présidents de l’Assemblée le décide. L’auteur de la pétition y recense 27 rappels à l’ordre de l’Arcom depuis 2019 et 630 000 euros d’amendes cumulées. Ces chiffres sont les siens et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante dans les articles consultés.

Un climat chauffé à blanc

Le contexte explique l’emballement. Depuis plusieurs semaines, un mouvement de contestation parti des lycées s’étend en France. Début octobre, la proviseure d’un lycée incendié avait déjà refusé de répondre aux journalistes de CNews devant son établissement, en critiquant la ligne de la chaîne. Plus récemment, des représentants lycéens ont refusé de commencer une conférence de presse en présence de CNews, accusant la chaîne de diffuser des « fake news », et des appels au boycott circulent. Quelques jours plus tôt, deux députés de gauche avaient demandé le retrait des accréditations de CNews à l’Assemblée, et le député écologiste Benjamin Lucas avait mis en cause la chaîne après l’attaque de Trappes.

Thomas Portes est un habitué des polémiques. En 2023, l’Assemblée l’avait exclu quinze jours après la diffusion d’une photo où il posait le pied sur un ballon à l’effigie du ministre du Travail de l’époque, Olivier Dussopt.

Qui peut fermer une chaîne ?

Ni un député, ni une pétition. En France, l’autorisation d’émettre sur la TNT relève de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. C’est elle qui avait décidé fin 2024 de ne pas renouveler la fréquence de C8, sœur de CNews dans le groupe Canal+, qui a cessé d’émettre en février 2025. CNews, elle, avait conservé la sienne. Une fermeture passerait donc par une procédure de sanction ou un refus de renouvellement, encadrés par la loi de 1986 sur la liberté de communication.

Le débat oppose deux lectures. Pour ses détracteurs, la chaîne enfreint ses obligations de pluralisme et de maîtrise de l’antenne. Pour ses défenseurs, la réclamer fermée revient à s’attaquer à la liberté de la presse.

La pétition court toujours, la chaîne aussi. Entre les deux, Thomas Portes a choisi son camp, et l’Arcom reste seule à pouvoir couper le signal.


Le JDD, Paris Match Belgique, Titres Presse (reprise du JDD), Thomas Portes sur X