ARES 44 : le come-back anthologique de Youssef Boughanem contre Soumah

Youssef Boughanem a signé samedi 31 octobre l’un des retournements les plus spectaculaires de la saison de MMA. Sonné et promis au K.-O. par Mohamed Soumah, le Belgo-Marocain de 36 ans a fini par l’étrangler au sol dès le premier round de l’ARES 44, au Zénith de Strasbourg.

Il y a des premiers rounds qui durent une éternité. Celui de Youssef Boughanem, samedi soir au Zénith de Strasbourg, a commencé comme une correction. Mohamed Soumah, Français d’1,90 m réputé pour la lourdeur de ses frappes, a avancé d’entrée, enchaîné les combinaisons et ne lui a laissé aucun répit. Selon le site spécialisé La Sueur, l’arbitre aurait pu arrêter le combat à plusieurs reprises.

Il ne l’a pas fait. Boughanem a encaissé, survécu, puis amené le combat au sol. Là, le scénario s’est inversé. Une série de frappes, des coudes, puis un étranglement arrière : Soumah a abandonné avant la fin du premier round, rapporte Yabiladi. Le temps exact de la soumission n’a pas été communiqué.

Un roi du muay-thaï en reconversion

Le nom de Youssef Boughanem parle d’abord aux amateurs de boxe thaïlandaise. Ancien champion de muay-thaï, passé aussi par le kickboxing, il s’est lancé dans le MMA sur le tard. Il arrivait à Strasbourg invaincu, fort de cinq victoires en cinq combats sous les couleurs de l’organisation Brave. Il en repart avec un sixième succès.

Le combat avait une saveur particulière. Il s’agissait de ses débuts sous la bannière de l’ARES, l’organisation française qui monte, et il figurait en co-vedette d’une soirée dont la tête d’affiche était le Tchétchène Abou Younousov. Un baptême, donc. Il a failli tourner au bizutage.

Le parcours n’a rien d’évident. Passer du muay-thaï au MMA, c’est réapprendre à se battre là où un frappeur se sent le moins chez lui : au sol, dans les clés et les étranglements. L’étranglement arrière, qui consiste à prendre le dos de l’adversaire et à lui serrer le cou avec le bras, est l’arme de base du grappling. Qu’un ancien roi de la frappe gagne précisément par là en dit long sur le travail accompli depuis sa reconversion.

Le frappeur qui voulait tout casser

En face, Mohamed Soumah n’était pas venu pour faire de la figuration. Présenté comme l’un des meilleurs frappeurs de l’ARES, ce qu’il revendique lui-même, il affiche selon La Sueur un bilan de quatre victoires et quatre défaites en MMA. Son plan était limpide : rester debout et faire mal.

Dimanche, il a réagi à sa défaite sans chercher d’excuses. Il raconte avoir touché son adversaire et lu le désespoir dans son regard, s’être attendu à le submerger, et reconnaît être passé tout près de la victoire. Il dit aussi être fier d’avoir livré le combat qu’il espérait. Le résumé tient en une phrase : il a gagné le combat debout, il a perdu celui du sol.

Ce que dit ce retournement

Le MMA a ceci de cruel qu’il ne récompense pas la domination, seulement la fin. Soumah a fait l’essentiel des dégâts, Boughanem a eu le dernier mot. C’est aussi la leçon d’une reconversion réussie : un spécialiste de la frappe qui gagne par le sol, au moment où on le croyait perdu, montre qu’il a fait ses devoirs.

Pour l’ARES, la soirée strasbourgeoise offre surtout une séquence qui va tourner en boucle sur les réseaux sociaux. Pour Boughanem, elle ouvre la question de la suite, et d’une ascension dans la hiérarchie de l’organisation française.

Youssef Boughanem reste invaincu, mais il sait désormais ce que coûte une entrée en matière à l’ARES. Six victoires, zéro défaite. Et trois minutes qu’il n’est pas près d’oublier.


Sources : Boxemag (Ouest-France), Yabiladi, La Sueur, La Sueur