Suisse : un incendie ravage le siège du fabricant des LBD utilisés par la police française

Un violent incendie a ravagé le siège de Brügger & Thomet, fabricant suisse d’armes équipant notamment les forces de l’ordre françaises en lanceurs de balles de défense (LBD 40). Survenu dans la nuit du 28 au 29 octobre 2026 à Thoune, près de Berne, le sinistre n’a fait aucun blessé. Alors qu’une revendication évoquant un soutien au mouvement social français circule sur les réseaux sociaux, la police suisse envisage la piste criminelle et poursuit ses investigations.

Un incendie d’une rare intensité a frappé l’entreprise suisse Brügger & Thomet (B&T AG), dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 octobre 2026. Le feu s’est déclaré dans un bâtiment abritant le siège de cet armurier, installé à Thoune, une ville située au sud de Berne, en Suisse.

L’entreprise est notamment connue pour fabriquer des équipements destinés aux forces de sécurité, parmi lesquels le lanceur de balles de défense GL06, utilisé par les forces de l’ordre françaises sous l’appellation LBD 40.

L’incendie intervient dans un contexte de fortes tensions sociales en France, marqué par plusieurs journées de mobilisation et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Une revendication publiée sur les réseaux sociaux évoque d’ailleurs un soutien au mouvement social français, sans que son authenticité ni un éventuel lien avec les auteurs du sinistre aient été établis.

Un bâtiment entièrement embrasé à l’arrivée des pompiers

Selon les informations communiquées par la police cantonale bernoise, les services de secours ont été alertés aux alentours de 3 heures du matin, jeudi 29 octobre.

Lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux, le bâtiment était déjà entièrement la proie des flammes. L’ampleur du sinistre a nécessité une intervention des secours pour maîtriser l’incendie et sécuriser les alentours.

Par mesure de précaution, trois habitants des immeubles voisins ont été évacués. Aucun blessé n’a été signalé, selon les autorités locales.

Le bâtiment touché abrite le siège de Brügger & Thomet, une société spécialisée dans la conception et la fabrication d’armes à feu, de silencieux et d’accessoires destinés aussi bien aux professionnels de la sécurité qu’aux particuliers.

L’étendue précise des dommages matériels et les conséquences sur les capacités de production de l’entreprise n’ont pas été détaillées dans les informations communiquées.

La police suisse n’écarte pas un incendie criminel

Les circonstances du départ de feu font désormais l’objet d’une enquête menée par les autorités suisses.

La piste d’un acte volontaire est envisagée, même si aucune conclusion définitive n’a été rendue publique à ce stade.

« Les circonstances et les causes du départ de feu font actuellement l’objet de l’enquête », a déclaré Michelle Egger, porte-parole de la police cantonale.

Un appel à témoins a également été lancé afin de recueillir des informations susceptibles de faire progresser les investigations.

L’enquête devra notamment déterminer l’origine de l’incendie, établir si une intervention humaine est en cause et, le cas échéant, identifier les personnes responsables.

Une revendication évoque le mouvement social français

Un élément retient particulièrement l’attention des enquêteurs et des observateurs : l’incendie aurait été revendiqué sur les réseaux sociaux au nom d’un soutien au mouvement social actuellement en cours en France.

Cette revendication intervient alors que le pays connaît plusieurs semaines de contestation contre la vie chère, accompagnées de tensions autour du maintien de l’ordre et de l’utilisation des équipements policiers.

Le fabricant suisse entretient en effet un lien commercial avec les forces de sécurité françaises, auxquelles il a fourni des lanceurs de balles de défense.

Toutefois, les autorités n’ont pas confirmé que cette revendication émanait des auteurs de l’incendie. Aucun élément communiqué publiquement ne permet, à ce stade, d’établir avec certitude une motivation politique ou un lien direct avec les manifestations françaises.

La police poursuit donc ses investigations sans privilégier officiellement une conclusion définitive sur l’origine du sinistre.

Brügger & Thomet, le fabricant suisse des LBD 40 français

Fondée en Suisse, Brügger & Thomet est une entreprise spécialisée dans l’armement et les équipements destinés notamment aux forces de sécurité.

Parmi ses produits figure le GL06, un lanceur de projectiles de calibre 40 mm utilisé par les forces de l’ordre françaises sous la désignation LBD 40.

Ce matériel appartient à la catégorie des armes dites de force intermédiaire, employées dans certaines opérations de maintien de l’ordre.

Le LBD 40 est conçu pour tirer des projectiles de défense à distance. Son utilisation dans les manifestations constitue depuis plusieurs années un sujet sensible en France, particulièrement en raison des blessures graves susceptibles d’être provoquées par ces tirs.

Les débats autour de son emploi ont notamment pris une place importante lors du mouvement des Gilets jaunes, durant lequel les conditions d’utilisation des lanceurs de balles de défense avaient suscité de nombreuses controverses.

Le fait que Brügger & Thomet fournisse ce type d’équipement aux forces de sécurité françaises donne à cet incendie une résonance particulière dans le contexte actuel, sans permettre pour autant d’en déduire les motivations de ses éventuels auteurs.

Une activité suspendue jusqu’à nouvel ordre

À la suite de l’incendie, Brügger & Thomet a annoncé la fermeture temporaire de plusieurs de ses installations.

Sur son site officiel, l’entreprise a publié un message informant ses clients et partenaires des conséquences immédiates du sinistre.

« En raison de l’incendie survenu chez B&T le 29 octobre, nos bureaux, notre magasin et notre stand de tir resteront fermés jusqu’à nouvel ordre », précise la société.

Cette annonce confirme une interruption d’activité sur les sites concernés, sans toutefois préciser la durée de la fermeture.

L’entreprise n’a pas communiqué, dans les éléments disponibles, d’évaluation chiffrée des dégâts ni de calendrier de reprise.

Les informations publiées ne permettent pas non plus de déterminer si l’incendie affectera les livraisons de matériels destinés aux forces de sécurité, notamment françaises.

Un incendie sur fond de tensions sociales en France

Le sinistre survient deux jours avant la troisième journée nationale de mobilisation contre la vie chère, organisée le samedi 31 octobre.

Depuis le 17 octobre, la France connaît une succession de manifestations réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes, selon les comptages communiqués par les autorités et les organisateurs.

Ces rassemblements ont été accompagnés, dans plusieurs villes, d’affrontements entre les forces de l’ordre et des groupes violents.

Le ministère français de l’Intérieur a d’ailleurs déployé un dispositif de sécurité exceptionnel pour la journée du 31 octobre, mobilisant environ 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire.

Dans ce contexte, la revendication évoquant un soutien au mouvement social français attire nécessairement l’attention. Elle ne constitue cependant pas, à elle seule, une preuve permettant d’attribuer l’incendie à un groupe militant ou à des participants aux manifestations.

À Thoune, les enquêteurs suisses poursuivent leurs recherches pour déterminer les causes exactes du sinistre. L’appel à témoins lancé par la police cantonale doit notamment permettre de recueillir d’éventuels renseignements sur les circonstances de l’incendie.

En attendant les résultats de l’enquête, le siège de Brügger & Thomet demeure touché par un sinistre majeur, tandis que ses bureaux, son magasin et son stand de tir restent fermés jusqu’à nouvel ordre.

Sources :

CNEWS

Le Parisien

Police cantonale bernoise – Communiqué relatif à l’incendie et à l’intervention des secours.

Police cantonale bernoise – Informations sur l’enquête et l’appel à témoins.

Brügger & Thomet – Site officiel du fabricant et annonce de fermeture temporaire.