CNews : Une pétition pour la fermeture de la chaine explose après Trappes

La pétition CNews, qui demande la suppression de la chaîne de l’audiovisuel français, a dépassé les 300 000 signatures le 31 octobre sur la plateforme de l’Assemblée nationale. Mise en ligne en juin, elle végétait jusqu’à l’attentat raciste de Trappes, le 23 octobre. Elle réclame le retrait de la convention TNT de la chaîne et pourrait, à 500 000 signatures, être débattue en séance publique.

Jeudi, 100 000. Vendredi, 200 000. Samedi après-midi, 300 000. Selon LCP Assemblée, cité par Elections 2027, la pétition intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a franchi un palier par jour en fin de semaine. Déposée le 10 juin sur la plateforme officielle des pétitions de l’Assemblée nationale par un citoyen, Lucas Massoni, elle avait jusque-là suscité peu d’intérêt.

Le texte qualifie la chaîne d’information du groupe Canal+, dont la famille Bolloré est le premier actionnaire, de machine de propagande. Il lui reproche la polarisation du débat public, des propos jugés racistes ou discriminatoires et des manquements répétés au pluralisme. Son auteur avance 27 mises en garde de l’Arcom et environ 630 000 euros d’amendes cumulées depuis 2019, des chiffres qui n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

Le déclic de Trappes

Plusieurs médias relient ce sursaut à l’attentat de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines. Le vendredi 23 octobre, un homme a ouvert le feu dans la rue, tuant Pengo Bossio Wangi, un combattant de MMA de 26 ans, et blessant cinq personnes, dont une fillette de 12 ans, selon Brut. Le suspect, Kévin T., 39 ans, a été interpellé à Coignières. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête, et Emmanuel Macron a qualifié l’attaque d’acte terroriste raciste.

Dans la foulée, le député Benjamin Lucas a accusé, le 27 octobre, un groupe médiatique de diffuser le racisme et la violence, rapporte 20 minutes. Paris Match Belgique note par ailleurs que plusieurs acteurs du mouvement lycéen refusent depuis début octobre de répondre aux journalistes de CNews. Selon les articles consultés, la chaîne n’avait pas réagi publiquement à la pétition.

Ce que peut, et ne peut pas, une pétition

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir de décision. Passé le seuil de 100 000 signatures, déjà franchi, le texte a été transmis à la commission des affaires culturelles. À 500 000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, il peut être débattu en séance publique si la Conférence des présidents le décide. Sans garantie de vote. Le précédent de la pétition contre la loi Duplomb, qui avait réuni plus de deux millions de signatures, est dans toutes les têtes : la loi a été discutée, adoptée et promulguée.

La décision de retirer une convention de diffusion appartient à l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, qui peut le faire en cas de manquements graves et répétés. Le précédent existe : en 2024, le régulateur n’avait pas renouvelé l’autorisation de C8, autre chaîne du groupe. L’auteur de la pétition doute toutefois que l’Arcom agisse sans pression populaire durable.

Une chaîne au cœur de la présidentielle

Le débat dépasse le cas d’une chaîne. À six mois de la présidentielle, CNews est devenue un marqueur politique, louée par les uns pour sa liberté de ton, accusée par les autres d’avoir banalisé les thèses de l’extrême droite. La question de la régulation du pluralisme, et de ses limites face à la liberté éditoriale, revient au premier plan.

Reste la question du droit. En France, la liberté de communication audiovisuelle est encadrée par la loi de 1986, qui confie au régulateur le soin de veiller au pluralisme et à l’honnêteté de l’information. Fermer une chaîne relève d’une procédure lourde.

La pétition fera sans doute du bruit à l’Assemblée. Elle a déjà fait de l’audience à CNews.


Sources :

Télé Star
20 minutes (Suisse)
Elections 2027 / LCP
Paris Match Belgique
Brut