Ukraine : une attaque de drone russe frappe la gare de Dnipro et fait au moins 14 morts

Une frappe de drone russe a fait au moins 14 morts et 14 blessés, jeudi 29 octobre 2026, dans la gare de Dnipro, au centre-est de l’Ukraine. L’attaque a touché un quai où stationnait un train à destination de Zaporijjia, malgré une alerte aérienne en cours. Face à ce nouveau bombardement meurtrier visant les infrastructures ferroviaires ukrainiennes, Volodymyr Zelensky appelle les États-Unis et l’Europe à réagir fermement.

La guerre en Ukraine continue de frapper les infrastructures civiles. Jeudi 29 octobre, un drone à réaction russe a visé un quai de la gare de Dnipro, importante ville du centre-est du pays, provoquant la mort d’au moins 14 personnes et faisant 14 blessés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités ukrainiennes.

Les premières informations faisaient état de 13 morts et cinq blessés, avant que le bilan ne soit revu à la hausse au fil des opérations de secours.

D’après Ukrzaliznytsia, la compagnie nationale des chemins de fer ukrainiens, l’engin a frappé une plateforme où se trouvait un train assurant la liaison entre Dnipro et Zaporijjia, capitale régionale située dans le sud du pays.

Une alerte aérienne avait pourtant été déclenchée avant l’attaque. Plusieurs personnes se trouvaient encore sur le quai au moment de l’impact, a précisé l’entreprise ferroviaire dans un communiqué.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent les conséquences dramatiques de la frappe. Des corps gisent sur le quai tandis que des policiers et des secouristes interviennent auprès des victimes. Les services d’urgence ukrainiens ont également diffusé des photographies montrant l’évacuation de personnes blessées.

Les chemins de fer ukrainiens sous la menace permanente des drones russes

Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de multiplication des frappes russes contre le réseau ferroviaire ukrainien, devenu l’une des infrastructures stratégiques du pays depuis le début de l’invasion à grande échelle lancée par Moscou le 24 février 2022.

Depuis cette date, les trains, les gares et les installations ferroviaires sont régulièrement pris pour cible. Des centaines de locomotives ont été détruites et des cheminots, comme des voyageurs, ont perdu la vie lors de bombardements.

La menace s’est particulièrement intensifiée avec l’utilisation croissante des drones russes, contraignant les autorités ferroviaires à adapter leurs procédures de sécurité.

Selon des informations communiquées début octobre par Ukrzaliznytsia à l’Agence France-Presse, plus de 5 800 trains ont dû faire l’objet d’une évacuation au cours du seul mois de septembre 2026, en raison de risques de frappes aériennes.

Ces opérations concernent principalement les régions situées à proximité de la ligne de front, notamment celles d’Odessa, de Dnipropetrovsk et de Zaporijjia, dans le sud et l’est de l’Ukraine.

Lorsqu’une menace est détectée, les trains doivent s’immobiliser et les passagers sont invités à quitter immédiatement les wagons pour se mettre à distance, jusqu’à la levée du danger.

Ces mesures illustrent les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les chemins de fer ukrainiens, alors que le transport ferroviaire demeure indispensable au fonctionnement du pays.

Depuis la fermeture de l’espace aérien ukrainien au transport civil en raison de la guerre, le vaste réseau de voies ferrées constitue l’un des principaux moyens de déplacement des populations et d’acheminement des marchandises. Il représente également une voie d’accès essentielle pour entrer sur le territoire ukrainien ou en sortir.

Dans ce contexte, les attaques contre les installations ferroviaires perturbent non seulement les déplacements quotidiens, mais fragilisent également un réseau logistique crucial pour l’économie et la population.

Volodymyr Zelensky réclame une réaction ferme des Occidentaux

Quelques heures après l’attaque de Dnipro, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement dénoncé cette nouvelle frappe russe, qu’il a qualifiée d’« horrible ».

Sur les réseaux sociaux, le chef de l’État a appelé les partenaires occidentaux de Kiev à dépasser les condamnations diplomatiques pour répondre à l’intensification des bombardements.

« Il faut des actions justes et résolues de l’Amérique et de l’Europe face à l’escalade russe », a-t-il déclaré.

Cette prise de position intervient alors que les autorités ukrainiennes multiplient les appels à leurs alliés pour maintenir la pression sur Moscou, dans un contexte diplomatique marqué par des discussions sur les conditions d’un éventuel règlement du conflit.

À Paris, Emmanuel Macron a également réagi à l’attaque contre la gare de Dnipro. Le président français a exprimé son « émotion » et dénoncé la poursuite d’une stratégie russe consistant, selon lui, à « miser sur l’escalade » en visant les populations civiles.

Sur le réseau social X, il a estimé que les initiatives diplomatiques ne pouvaient se limiter à des accords de cessez-le-feu géographiquement restreints.

« Nous devons, dans ce contexte, aspirer à bien plus qu’un cessez-le-feu localisé comme celui qui vient d’être négocié localement à Olechky », a affirmé Emmanuel Macron.

Le chef de l’État français a également jugé « intolérable » le refus de Moscou d’accepter les propositions visant à faire cesser les hostilités.

Il a appelé les partenaires internationaux à renforcer leurs efforts diplomatiques afin d’obtenir une issue négociée au conflit.

« Nous devons ensemble redoubler d’efforts pour une paix juste et durable et amener la Russie à la table des négociations », a-t-il insisté.

L’Union européenne veut accentuer la pression sur Moscou

La réaction européenne ne s’est pas limitée à la France. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a lui aussi condamné la poursuite des attaques russes et appelé les partenaires internationaux de l’Union européenne à intensifier leurs efforts.

Dans un message publié sur X, il a réaffirmé la volonté de Bruxelles de maintenir son soutien à Kiev tout en renforçant les mesures de pression contre la Russie.

« L’UE continuera d’accroître la pression sur la Russie et de soutenir l’Ukraine jusqu’à ce qu’une paix juste et durable soit obtenue. Nous appelons tous nos partenaires internationaux à faire de même », a-t-il déclaré.

Cette position intervient dans un contexte international particulièrement délicat pour l’Ukraine, alors que les relations entre Washington et Moscou connaissent de nouvelles évolutions diplomatiques et économiques.

Zelensky redoute un rapprochement entre Washington, Moscou et Pékin

Au-delà de l’attaque de Dnipro, les inquiétudes du président ukrainien concernent également les discussions engagées entre les principales puissances mondiales.

Dans des déclarations diffusées mercredi 28 octobre, Volodymyr Zelensky a mis en garde contre une possible « redistribution des sphères d’influence » entre les États-Unis, la Russie et la Chine.

Cette déclaration intervient alors qu’une rencontre réunissant Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping pourrait être organisée en marge du prochain sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec), prévu à la mi-novembre.

Selon Moscou, les préparatifs d’une telle réunion sont en cours. Le président américain Donald Trump s’est, de son côté, déclaré favorable à cette perspective.

Si elle se concrétisait, cette rencontre constituerait une première réunion spécifiquement consacrée aux échanges entre les dirigeants des trois puissances.

Pour Kiev, la perspective de discussions entre Washington, Moscou et Pékin soulève des interrogations sur la place accordée aux intérêts ukrainiens dans d’éventuelles négociations internationales.

Les préoccupations de Volodymyr Zelensky se sont également accentuées après un accord conclu en octobre entre Donald Trump et Vladimir Poutine concernant les sanctions économiques visant la Russie.

Selon les informations rapportées par RFI et l’AFP, cet accord prévoit un assouplissement des sanctions américaines contre Moscou en contrepartie de la remise sur le marché mondial de diesel russe.

L’objectif affiché de cette mesure est de contribuer à la baisse des prix des carburants aux États-Unis, à quelques jours des élections législatives américaines de mi-mandat, programmées le 3 novembre.

Cette décision a suscité de vives critiques en Ukraine et parmi ses alliés, qui redoutent les conséquences d’un allègement de la pression économique exercée sur Moscou.

La frappe meurtrière du 29 octobre contre la gare de Dnipro survient ainsi à un moment où les autorités ukrainiennes cherchent à obtenir de nouvelles garanties de leurs partenaires occidentaux, tandis que les initiatives diplomatiques et les attaques russes se poursuivent parallèlement.

Sources :

RFI avec AFP, « Ukraine : nouvelle attaque mortelle de drone russe sur la gare de Dnipro », publié le 29 octobre 2026 à 13 h 08, mis à jour à 15 h 37.