Un homme de 44 ans est décédé mardi 27 octobre 2026 alors qu’il se trouvait en garde à vue au commissariat de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Si les premières informations évoquent un arrêt cardiorespiratoire, la famille de la victime soupçonne des violences lors de son interpellation ou de sa détention. Son père a déposé plainte et réclame l’ouverture d’une information judiciaire, tandis qu’une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Les circonstances de la mort de Mauricio K., 44 ans, survenue mardi 27 octobre au commissariat de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, soulèvent de nombreuses interrogations.
L’homme, qui se trouvait en garde à vue, est décédé dans l’après-midi malgré l’intervention des services de secours.
Selon les premières informations communiquées par le parquet de Bobigny, il aurait été victime d’un arrêt cardiorespiratoire. Les pompiers, dépêchés sur place, n’ont pas réussi à le réanimer.
Le ministère public a confirmé le décès, initialement révélé par le média Actu.fr, sans apporter davantage de précisions sur les circonstances exactes de l’événement.
Les raisons de l’interpellation de Mauricio K. n’ont notamment pas été rendues publiques.
Face à ce décès survenu dans des locaux de police, une enquête destinée à déterminer les causes de la mort a été ouverte.
Les investigations ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale, communément appelée IGPN.
Cette saisine, précise le parquet, constitue une procédure habituelle lorsqu’une personne décède au cours d’une garde à vue.
À ce stade, aucune conclusion officielle n’a été communiquée sur l’origine du décès.
Le père de la victime dépose plainte pour violences volontaires
Dès le lendemain du drame, mercredi 28 octobre, Maurice K., père du défunt, a décidé d’engager une procédure judiciaire.
Assisté de son avocat, Me Yassine Bouzrou, il a déposé plainte auprès du procureur de la République de Bobigny pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises par une personne dépositaire de l’autorité publique.
Cette qualification pénale, particulièrement grave, est passible de vingt ans de réclusion criminelle.
Dans sa plainte, la famille évoque la possibilité que Mauricio K. ait subi des violences au moment de son interpellation, voire à l’intérieur du commissariat.
Me Bouzrou affirme notamment que des actes de violence graves auraient pu être commis avant le décès de son client.
Il précise également que, selon les informations dont dispose la famille, Mauricio K. ne souffrait d’aucune maladie grave susceptible d’expliquer une mort aussi soudaine.
Ces éléments conduisent les proches à demander que l’hypothèse de violences soit examinée dans le cadre des investigations.
Il convient toutefois de souligner que ces soupçons n’ont pas été confirmés par les autorités judiciaires et qu’aucune responsabilité individuelle n’a été établie à ce stade.
La famille réclame la désignation d’un juge d’instruction
Au-delà du dépôt de plainte, le père de Mauricio K. souhaite que les circonstances du décès fassent l’objet d’une enquête judiciaire approfondie.
Son avocat demande notamment qu’un juge d’instruction soit désigné pour conduire les investigations.
Une telle procédure permettrait à un magistrat indépendant du parquet de superviser les actes d’enquête nécessaires à la manifestation de la vérité.
La famille souhaite notamment obtenir des réponses sur les conditions de l’interpellation, le déroulement de la garde à vue et les événements ayant précédé l’intervention des secours.
La question d’éventuelles violences policières figure au centre de ses préoccupations.
À ce stade, le parquet de Bobigny a uniquement confirmé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la mort, confiée à l’IGPN.
Aucune information judiciaire n’a été annoncée dans les éléments communiqués.
L’avocat dénonce le manque d’informations du parquet et de l’IGPN
Me Yassine Bouzrou critique vivement la communication des autorités depuis le décès de Mauricio K.
Interrogé par Le Parisien, l’avocat dénonce le manque d’informations transmises à la famille par le parquet de Bobigny et l’Inspection générale de la police nationale.
Selon lui, les proches de la victime n’ont toujours pas obtenu d’explications précises sur les circonstances de la mort.
L’avocat affirme qu’une autopsie a été pratiquée mercredi matin, mais que ses conclusions ne lui ont pas été communiquées.
Il reproche également aux enquêteurs de ne pas avoir transmis les premiers éléments permettant de comprendre ce qui s’est produit au commissariat.
Toujours selon Me Bouzrou, le parquet et l’IGPN ont pris contact avec le père de Mauricio K. afin de recueillir son témoignage, sans lui fournir davantage de précisions sur le décès de son fils.
Cette situation nourrit l’incompréhension et la colère des proches, qui réclament une clarification rapide des faits.
Il faut néanmoins distinguer les critiques formulées par l’avocat des obligations de confidentialité pouvant entourer une enquête judiciaire en cours.
La thèse d’un simple malaise cardiaque contestée par les proches
L’une des principales interrogations porte sur l’origine de l’arrêt cardiorespiratoire évoqué après le décès.
Cette expression désigne l’arrêt des fonctions cardiaque et respiratoire, mais ne permet pas, à elle seule, d’en déterminer la cause.
Pour la famille de Mauricio K., les explications disponibles sont insuffisantes.
Me Yassine Bouzrou conteste l’hypothèse d’un malaise spontané et affirme que son client ne présentait pas de problème de santé connu susceptible d’expliquer sa mort.
L’avocat considère que des événements survenus pendant l’interpellation ou la garde à vue pourraient avoir contribué au décès.
Il demande donc que l’ensemble des circonstances soit examiné, notamment les éventuelles interventions physiques des policiers et les conditions dans lesquelles Mauricio K. a été pris en charge.
Ces déclarations constituent, pour l’heure, la position de la famille.
Les résultats de l’autopsie et les conclusions des investigations devront permettre de déterminer si le décès résulte d’une cause médicale, de violences ou d’autres circonstances.
Mauricio K., peintre et installé en France depuis l’enfance
Derrière cette affaire judiciaire se trouve également une famille confrontée à la disparition brutale d’un proche.
Selon son avocat, Mauricio K. exerçait la profession de peintre. D’origine angolaise, il vivait en France depuis sa petite enfance. Âgé de 44 ans au moment de son décès, il résidait dans un pays où il avait passé l’essentiel de sa vie.
Me Yassine Bouzrou décrit une famille profondément affectée par cette disparition, mais également en colère face à l’absence de réponses précises sur les circonstances du drame.
Les proches souhaitent désormais comprendre ce qui s’est produit entre l’interpellation de Mauricio K. et son décès dans les locaux du commissariat.
L’IGPN chargée de déterminer les circonstances du décès
L’enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale devra établir le déroulement des faits ayant conduit à la mort de Mauricio K.
Les investigations devront notamment permettre de reconstituer les circonstances de son interpellation, les conditions de sa garde à vue et les événements précédant son arrêt cardiorespiratoire.
Les constatations médico-légales, notamment celles issues de l’autopsie, pourraient jouer un rôle déterminant dans l’établissement des causes du décès.
Pour l’heure, aucune conclusion officielle n’a été rendue publique.
La plainte déposée par le père de Mauricio K. ouvre parallèlement la possibilité de nouvelles suites judiciaires, en fonction des éléments recueillis.
La famille demande qu’un juge d’instruction soit saisi afin de garantir un examen approfondi des circonstances de cette mort survenue sous la responsabilité des autorités.
Au 28 octobre 2026, l’enquête se poursuit et les soupçons de violences formulés par les proches restent à vérifier.
Sources :