À trois jours d’une nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes, Emmanuel Macron a présidé, mercredi 28 octobre, un conseil de défense consacré au maintien de l’ordre. Après les violences et les pillages du 17 octobre, l’exécutif entend renforcer l’anticipation des risques tout en maintenant le dialogue avec les manifestants. Le gouvernement annonce parallèlement une aide pouvant atteindre 10 000 euros pour les commerces endommagés.
Face à la poursuite des mobilisations sociales en France, Emmanuel Macron a réuni un conseil de défense à l’Élysée, mercredi 28 octobre 2026, afin de préparer les prochaines journées de manifestations.
Cette réunion, consacrée aux dispositifs de sécurité et de maintien de l’ordre, intervient dans un climat social tendu, marqué par les violences et les dégradations survenues lors des rassemblements du 17 octobre.
L’objectif affiché par la présidence de la République est d’éviter que les difficultés d’anticipation constatées à cette occasion ne se reproduisent.
Les autorités souhaitent notamment mieux coordonner les moyens de sécurité déployés sur le terrain, alors que plusieurs nouvelles mobilisations sont annoncées dans les prochains jours.
Deux échéances retiennent particulièrement l’attention de l’exécutif : le samedi 31 octobre, avec une mobilisation à l’appel des gilets jaunes, puis le jeudi 5 novembre, à l’initiative des organisations syndicales.
L’Élysée a également indiqué que ce conseil de défense avait permis de dresser un bilan du week-end précédent, durant lequel aucun incident majeur n’avait été signalé.
Malgré cette accalmie, la présidence entend conserver un niveau de vigilance élevé.
Trois priorités fixées par le président : ordre, négociations et accompagnement
Lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron a présenté les trois grandes orientations devant guider la réponse gouvernementale aux mobilisations sociales.
Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, le chef de l’État souhaite articuler son action autour du maintien de l’ordre, des négociations et de l’accompagnement des personnes affectées par les manifestations.
Le premier objectif concerne la prévention des violences et la protection des personnes et des biens.
Le président a réaffirmé la volonté de l’exécutif de faire preuve de fermeté face aux individus impliqués dans des actes de destruction ou de pillage.
Maud Bregeon a également rapporté les remerciements adressés par Emmanuel Macron aux forces de l’ordre pour leur mobilisation lors des précédentes journées de manifestations.
Le gouvernement entend maintenir cette ligne sécuritaire lors des rassemblements du 31 octobre et du 5 novembre.
Toutefois, le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de prendre en considération les revendications exprimées dans les mouvements sociaux.
Les revendications des lycéens, étudiants et manifestants jugées légitimes
Si l’exécutif affiche une ligne ferme concernant les violences, Emmanuel Macron a tenu à distinguer les actes de dégradation des revendications portées par les manifestants.
Selon Maud Bregeon, le président considère que les demandes exprimées dans les mobilisations lycéennes, étudiantes et sociales doivent être entendues.
Cette position intervient alors que les mouvements de contestation se poursuivent dans plusieurs secteurs, notamment dans l’éducation.
Le gouvernement cherche ainsi à maintenir un équilibre entre les impératifs de sécurité publique et la prise en compte des préoccupations sociales.
La question des négociations figure désormais parmi les priorités annoncées par l’exécutif, parallèlement au renforcement des dispositifs de maintien de l’ordre.
Cette orientation intervient à quelques jours d’une nouvelle mobilisation syndicale prévue le 5 novembre, dont l’ampleur reste à déterminer.
Jusqu’à 10 000 euros d’aide pour les commerces victimes de dégradations
Les conséquences économiques des manifestations constituent également un sujet de préoccupation majeur pour le gouvernement.
Les violences du 17 octobre ont notamment provoqué des dégâts dans de nombreux commerces, certains établissements ayant subi des pillages ou d’importantes destructions.
Mercredi 28 octobre, le ministre du Commerce, Serge Papin, a annoncé la mise en place d’une aide directe pouvant atteindre 10 000 euros pour les entreprises concernées.
Cette mesure vise à soutenir les commerçants dont l’activité a été perturbée par les violences et à faciliter la reprise de leur activité.
Le dispositif sera réservé aux entreprises réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et employant moins de 50 salariés.
Selon les estimations communiquées par le ministre, environ 3 000 entreprises auraient été touchées par les dégradations.
Cette aide financière doit permettre aux établissements concernés de faire face aux premières dépenses nécessaires à leur redémarrage.
Elle s’inscrit dans un ensemble de mesures d’accompagnement évoquées par l’exécutif, comprenant également les dispositifs d’assurance et le recours éventuel à l’activité partielle.
Les centres-villes au cœur des préoccupations économiques
Au-delà des destructions matérielles, le gouvernement s’inquiète des répercussions des manifestations sur la fréquentation des commerces.
Les rassemblements peuvent entraîner des fermetures temporaires, des difficultés d’accès aux établissements et une diminution de l’activité commerciale dans les secteurs concernés.
Cette situation préoccupe particulièrement l’exécutif à l’approche des fêtes de fin d’année, période traditionnellement importante pour de nombreux commerçants.
La porte-parole du gouvernement a indiqué qu’une attention particulière serait accordée aux conséquences économiques des mobilisations dans les centres-villes.
Parmi les solutions envisagées figure l’adaptation des itinéraires des cortèges afin de limiter leur passage dans les zones commerciales les plus sensibles.
Une telle organisation avait déjà été mise en œuvre à Paris lors de la précédente journée de mobilisation, avec des parcours évitant certains secteurs du centre-ville.
L’exécutif souhaite pouvoir renouveler ce type de dispositif lorsque les circonstances le justifient.
L’objectif est de préserver autant que possible l’activité économique tout en permettant l’organisation des rassemblements.
Deux nouvelles journées de mobilisation sous surveillance
Le conseil de défense du 28 octobre marque une nouvelle étape dans la préparation gouvernementale des manifestations annoncées pour les prochains jours.
La première échéance est fixée au samedi 31 octobre, avec un appel à manifester lancé par les gilets jaunes.
Une seconde journée de mobilisation est prévue le jeudi 5 novembre, cette fois à l’initiative des organisations syndicales.
Ces deux rendez-vous interviendront dans un contexte où les autorités cherchent à prévenir de nouvelles scènes de violence comparables à celles du 17 octobre.
Le gouvernement entend s’appuyer sur les enseignements tirés des précédentes mobilisations pour adapter ses dispositifs de sécurité.
Parallèlement, l’exécutif devra poursuivre les discussions sur les revendications sociales, tout en déployant les mesures annoncées en faveur des commerçants touchés par les dégradations.
La préparation de ces deux journées repose ainsi sur une stratégie associant maintien de l’ordre, dialogue social et soutien économique, conformément aux orientations présentées par Emmanuel Macron.
L’emploi de l’expression « conseil de défense » suscite déjà des critiques parmi certains observateurs et responsables politiques, à l’image d’Alexis Corbière, qui déplore une formulation laissant entendre que les manifestants pourraient être considérés comme un « ennemi intérieur ».
Sources :