Candace Owens : la justice américaine restreint les poursuites des époux Macron dans l’affaire Brigitte

La bataille judiciaire opposant Emmanuel et Brigitte Macron à l’influenceuse américaine Candace Owens connaît un nouveau rebondissement aux États-Unis. Un juge du Delaware a décidé de limiter la portée des poursuites engagées contre la commentatrice conservatrice, qui relaie depuis plusieurs années une rumeur concernant l’identité de la première dame française. Si la procédure reste ouverte contre deux sociétés de Candace Owens, la question de la prescription pourrait désormais peser lourdement sur l’issue du dossier.

La procédure judiciaire engagée par Emmanuel et Brigitte Macron contre Candace Owens vient de franchir une nouvelle étape aux États-Unis. Mardi 27 octobre 2026, le juge Sheldon Rennie, magistrat de l’État du Delaware, a rendu une décision restreignant les poursuites visant personnellement l’influenceuse américaine.

Au cœur de cette affaire figure une rumeur concernant Brigitte Macron, selon laquelle l’épouse du président français serait née homme. Des affirmations largement relayées sur les réseaux sociaux, notamment aux États-Unis, où Candace Owens leur a consacré plusieurs publications et vidéos.

Dans sa décision, le magistrat américain a estimé que Candace Owens ne pouvait être tenue personnellement responsable dans le cadre des poursuites telles qu’elles ont été engagées par le couple présidentiel.

Cette décision constitue une avancée procédurale pour la commentatrice conservatrice. En cas de victoire judiciaire des époux Macron contre ses sociétés, ses biens personnels ne devraient donc pas être directement exposés aux conséquences financières d’une éventuelle condamnation.

Pour autant, le litige est loin d’être terminé. Le juge Sheldon Rennie a confirmé que les actions visant les deux entreprises de Candace Owens pouvaient se poursuivre devant la justice américaine.

À l’annonce de cette décision, l’influenceuse s’est déclarée «extrêmement reconnaissante», accueillant favorablement ce premier résultat judiciaire.

La prescription pourrait compromettre les poursuites des Macron

Au-delà de la question de la responsabilité personnelle de Candace Owens, un autre élément juridique pourrait jouer un rôle déterminant dans cette affaire : le délai de prescription applicable aux accusations de diffamation.

Le juge Sheldon Rennie a soulevé la possibilité d’appliquer les règles françaises en matière de prescription, en raison de la nationalité française des plaignants.

En droit français, le délai de prescription habituel pour des faits de diffamation est de trois mois à compter de leur commission. Certaines infractions de presse, notamment lorsqu’elles présentent un caractère raciste, sexiste, homophobe ou lié au handicap, peuvent toutefois relever d’un délai porté à un an.

Cette distinction pourrait avoir des conséquences pour Emmanuel et Brigitte Macron, qui ont engagé leur procédure judiciaire durant l’été 2025.

Avant de statuer définitivement sur ce point, le magistrat a demandé aux deux parties de présenter leurs arguments concernant les règles de prescription susceptibles de s’appliquer.

Si le tribunal retient finalement le délai de trois mois et considère que les faits poursuivis sont prescrits, les époux Macron pourraient voir leur action rejetée.

Il ne s’agit toutefois, à ce stade, que d’une possibilité juridique. La question de la prescription n’a pas encore été définitivement tranchée.

Une plainte déposée à l’été 2025 pour diffamation

Emmanuel et Brigitte Macron avaient engagé leur action en justice contre Candace Owens durant l’été 2025, devant un tribunal du Delaware.

Dans leur plainte, le président de la République et son épouse affirment avoir subi un préjudice considérable à la suite des déclarations et publications de l’influenceuse américaine.

Le couple présidentiel estime notamment que Candace Owens a participé à une campagne de diffamation portant atteinte à la réputation et à la vie privée de Brigitte Macron.

Les avocats des époux Macron soutiennent que la commentatrice avait connaissance du caractère inexact des affirmations diffusées et qu’elle aurait refusé de procéder aux rectifications demandées.

Selon les arguments présentés dans la plainte, cette stratégie aurait notamment permis à Candace Owens d’accroître sa notoriété et de générer des revenus grâce à la diffusion de ses contenus.

Ces accusations constituent le fondement de la procédure engagée aux États-Unis. Elles restent distinctes de la décision rendue cette semaine, qui porte sur la recevabilité et la portée juridique des poursuites.

Une rumeur apparue en France avant de prendre une dimension internationale

L’affaire trouve son origine dans une rumeur circulant en France depuis plusieurs années, particulièrement sur les réseaux sociaux. Ellea principalement été popularisée en France par Natacha Rey, une Française qui se présentait comme journaliste indépendante, et Amandine Roy, une médium et youtubeuse. En décembre 2021, les deux femmes diffusent sur YouTube une vidéo de plusieurs heures dans laquelle elles développent la théorie selon laquelle Brigitte Macron serait née homme et aurait pris l’identité de son frère, Jean-Michel Trogneux.

Xavier Poussard, un journaliste et auteur français, ancien responsable de la publication Faits & Documents a également consacré plusieurs enquêtes et publications à Brigitte Macron, notamment à la rumeur concernant son identité et son passé familial.

Selon cette rumeur, Brigitte Macron, née Trogneux, aurait été un homme à la naissance. Une autre version de ces allégations prétend que son frère, Jean-Michel Trogneux, aurait pris son identité après une transition de genre.

Ces affirmations ont progressivement dépassé les frontières françaises, trouvant un nouvel écho auprès de certaines communautés politiques et médiatiques américaines.

Candace Owens, figure médiatique de la droite conservatrice aux États-Unis, s’est notamment emparée de cette affaire en mars 2024.

L’influenceuse a ensuite considérablement amplifié la diffusion de ces allégations à partir de janvier 2025, avec une série de vidéos intitulée «Becoming Brigitte», que l’on peut traduire par «Devenir Brigitte». Elle s’est largement appuyée sur les travaux de Xavier Poussard pour développer sa série.

Ces publications ont contribué à donner une visibilité internationale à la rumeur, suscitant de nombreuses réactions sur les plateformes numériques.

C’est notamment cette médiatisation qui se trouve aujourd’hui au centre du différend judiciaire opposant la commentatrice américaine au couple présidentiel français, alors que Candace Owens, sur d’elle, aurait souhaité pouvoir s’expliquer sur le fond de l’affaire.

Une procédure toujours ouverte dans le Delaware

La décision rendue par le juge Sheldon Rennie ne met donc pas un terme à l’affrontement judiciaire entre les époux Macron et Candace Owens.

Elle modifie néanmoins les conditions dans lesquelles la procédure pourra se poursuivre. D’une part, la responsabilité personnelle de l’influenceuse a été écartée dans le cadre de cette étape judiciaire. D’autre part, les deux sociétés visées par la plainte demeurent concernées par les poursuites.

La prochaine étape pourrait être déterminante, puisque le tribunal devra examiner les arguments des parties concernant l’éventuelle application du délai de prescription prévu par le droit français.

Si cette question est tranchée en faveur de Candace Owens et de ses sociétés, elle pourrait compromettre la poursuite de l’action engagée par Emmanuel et Brigitte Macron.

À l’inverse, si les arguments des plaignants sont retenus, la procédure pourrait continuer sur le fond des accusations de diffamation.

Pour l’heure, la justice américaine n’a pas rendu de décision définitive sur le fond du litige. Le dossier reste ouvert, dans une affaire où s’entremêlent liberté d’expression, réputation, réseaux sociaux et différences entre les systèmes juridiques français et américain.

La presse américaine affirme que la procédure judiciaire aux États-Unis aurait déjà coûté « entre 5 et 10 millions de dollars ».

Sources :

Le Figaro avec AFP, 28 octobre 2026, «États-Unis : les poursuites des époux Macron contre Candace Owens restreintes après la décision d’un juge».

20 Minutes, « États-Unis : Un juge restreint les poursuites du couple Macron contre la blogueuse Candace Owens ».