Mort d’Iris et Warren à Lyon : l’ambulancier condamné à un an de prison ferme sous bracelet électronique

Quatre ans après la mort d’Iris Pichène, 15 ans, et de Warren Bistoquet, 17 ans, fauchés par une ambulance à Lyon, la justice a rendu son verdict. Ce mardi 27 octobre 2026, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné le conducteur à un an de prison ferme aménageable sous bracelet électronique, assorti de quatre ans de sursis probatoire. Une peine moins sévère que celle réclamée par le ministère public, dans une affaire marquée par les antécédents routiers du prévenu.

Le verdict est tombé ce mardi 27 octobre 2026, plus de quatre ans après le drame qui avait coûté la vie à deux adolescents sur les quais de Saône, à Lyon. Le tribunal correctionnel a reconnu coupable un ambulancier de 40 ans de double homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité.

Le conducteur a été condamné à un an de prison ferme, une peine qui pourra être exécutée à domicile sous surveillance électronique, ainsi qu’à quatre années de sursis probatoire. La juridiction a également prononcé une interdiction de repasser le permis de conduire pendant sept ans et une interdiction d’exercer la profession d’ambulancier.

Cette décision intervient au terme d’une procédure judiciaire portant sur les circonstances de la mort d’Iris Pichène et de Warren Bistoquet, respectivement âgés de 15 et 17 ans au moment des faits.

Une peine moins sévère que les réquisitions du parquet

Lors de l’audience du 22 octobre, la procureure de la République avait demandé une peine d’un an de prison ferme sans aménagement, accompagnée de trois ans de prison avec sursis.

Le ministère public avait également requis l’annulation du permis de conduire du prévenu, avec une interdiction de le repasser pendant dix ans, soit la durée maximale prévue par la loi dans ce dossier.

Le tribunal a finalement retenu une sanction différente, en permettant l’aménagement de la partie ferme de la peine sous bracelet électronique et en fixant à sept ans l’interdiction de retrouver le droit de conduire. La durée du sursis probatoire a toutefois été portée à quatre ans, contre trois demandés par la procureure.

Interrogé par Le Progrès, Me Tristan Jannot, avocat du conducteur, a indiqué que son client ne ferait pas appel de sa condamnation.

Le 22 août 2022, un drame sur le quai Joffre

Les faits remontent au 22 août 2022, sur le quai Joffre, à Lyon. Ce jour-là, Iris Pichène et Warren Bistoquet circulaient ensemble sur une trottinette lorsqu’ils avaient été percutés par une ambulance appartenant aux Ambulances lyonnaises.

Selon les éléments rapportés par Le Progrès, le conducteur avait emprunté un couloir de circulation partagé entre les bus et les vélos, tout en roulant à une vitesse excessive.

Alors qu’il tentait de dépasser les deux adolescents, l’ambulancier les avait violemment percutés. L’accident avait coûté la vie au jeune couple.

Les circonstances de cette collision, notamment la vitesse du véhicule et les conditions dans lesquelles le dépassement avait été entrepris, ont occupé une place centrale dans cette affaire judiciaire.

Un conducteur déjà sanctionné pour des infractions routières

Le passé routier du prévenu constitue également un élément important du dossier. Avant l’accident mortel du 22 août 2022, l’ambulancier avait déjà commis de multiples excès de vitesse.

Ces infractions avaient notamment entraîné une suspension, puis une annulation de son permis de conduire.

Ces antécédents donnent une dimension particulière à la condamnation prononcée par le tribunal correctionnel de Lyon. La justice a retenu la qualification de double homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité.

Au-delà de la peine d’emprisonnement, l’interdiction d’exercer la profession d’ambulancier et celle de repasser le permis pendant sept ans constituent deux autres sanctions majeures prononcées contre le quadragénaire.

La famille d’Iris souhaitait une interdiction définitive de conduire

À l’approche du verdict, la mère d’Iris avait exprimé auprès du Progrès son souhait de voir le conducteur définitivement privé du droit de conduire.

Dans un témoignage publié le 27 octobre, elle déclarait vouloir « que cet homme ne puisse plus jamais conduire ».

Cette demande allait au-delà des sanctions finalement prononcées par la juridiction, qui a fixé à sept ans l’interdiction de repasser le permis.

Les familles des deux victimes étaient représentées dans cette procédure par leurs avocats, notamment Mes Florence Vincent et Frédéric Doyez, intervenant pour les parties civiles.

Quatre ans après la collision mortelle du quai Joffre, le jugement du 27 octobre 2026 fixe ainsi les sanctions pénales infligées au conducteur. Son avocat ayant annoncé qu’aucun appel ne serait formé par son client, la décision du tribunal correctionnel de Lyon marque une étape déterminante dans cette affaire.

Sources :

Le Progrès, article « Mort d’Iris et Warren : le conducteur de l’ambulance condamné à un an de prison ferme aménageable »

Le Progrès – La mère d’Iris souhaite que le conducteur ne puisse plus jamais conduire (27 octobre 2026)

Le Progrès – Mort d’Iris et Warren : retour sur les lieux du drame avant le procès (21 octobre 2026)