BFMTV : Éric Zemmour déprogrammé après l’attaque de Trappes et une vague de protestations

Prévue samedi 24 octobre à 21 heures, l’interview d’Éric Zemmour sur BFMTV a finalement été annulée quelques heures avant sa diffusion. Cette décision intervient au lendemain de l’attaque de Trappes, dans les Yvelines, et alors qu’une pétition dénonçait la présence du président de Reconquête à une heure de grande écoute. La chaîne assure avoir pris cette décision en raison du contexte, alors que de précédentes déclarations du polémiste sur LCI avaient déjà suscité une vive controverse.

Éric Zemmour ne sera finalement pas sur le plateau de BFMTV. Attendu samedi 24 octobre 2026 à 21 heures pour une interview consacrée à l’actualité politique et aux événements qui secouent la France, le président de Reconquête a été déprogrammé par la chaîne d’information en continu.

Une décision prise dans un climat particulièrement tendu, au lendemain de l’attaque survenue à Trappes, dans les Yvelines, et alors qu’une mobilisation s’organisait sur les réseaux sociaux pour réclamer l’annulation de son intervention.

Selon les informations publiées par Puremédias, la chaîne avait pourtant prévu cette interview avant les événements de Trappes. Mais la gravité de la situation et les réactions suscitées par cette programmation ont conduit BFMTV à revoir ses plans.

Une interview annulée quelques heures avant sa diffusion

L’annonce de cette déprogrammation a été rendue publique par la société des journalistes de BFMTV, à travers un message diffusé sur les réseaux sociaux.

L’organisation interne de la rédaction a confirmé qu’Éric Zemmour, initialement attendu samedi soir, ne participerait finalement pas à l’émission prévue.

Interrogé par Puremédias, un responsable de BFMTV a précisé que l’entretien avait été organisé avant l’attaque de Trappes.

La décision de l’annuler aurait été prise après les événements, puis communiquée directement à Éric Zemmour en fin de matinée.

Ce changement de programmation intervient dans un contexte national particulièrement sensible. Au lendemain de l’attaque dans les Yvelines, Emmanuel Macron avait évoqué un « tournant dans la vie de notre République ».

La France connaissait également une nouvelle journée de mobilisation générale, organisée sous un important dispositif de sécurité.

Dans ces circonstances, la présence à l’antenne du président de Reconquête, figure particulièrement clivante du débat politique français, avait rapidement suscité des interrogations et des critiques.

Une pétition contre la présence d’Éric Zemmour sur BFMTV

Avant même l’annonce de l’annulation, une pétition avait été lancée pour demander à BFMTV de renoncer à son invitation.

Le texte dénonçait la programmation d’Éric Zemmour au lendemain de ce que ses auteurs qualifiaient d’attentat raciste.

Les signataires estimaient qu’accorder une tribune télévisée à cette personnalité politique, déjà condamnée par la justice pour des propos racistes, constituait une provocation dans le contexte des événements de Trappes.

La mobilisation avait notamment reçu le soutien du député Benjamin Lucas.

Au-delà de la seule personnalité d’Éric Zemmour, les auteurs de la pétition entendaient interpeller les médias sur leur responsabilité dans la diffusion des discours politiques susceptibles d’alimenter les tensions.

Ils dénonçaient notamment le risque de voir certaines antennes devenir des relais pour des idéologies racistes ou islamophobes.

Cette initiative a contribué à placer la programmation de BFMTV au centre des discussions sur les réseaux sociaux.

Toutefois, si l’annulation est intervenue alors que cette mobilisation prenait de l’ampleur, la chaîne n’a pas explicitement présenté la pétition comme le motif de sa décision.

BFMTV a privilégié une explication liée au contexte créé par l’attaque de Trappes.

Les propos d’Éric Zemmour sur LCI avaient déjà provoqué une polémique

Cette déprogrammation intervient également une semaine après une autre controverse télévisuelle impliquant Éric Zemmour.

Le samedi précédent, le président de Reconquête avait été invité par Darius Rochebin sur LCI, alors que des violences urbaines avaient éclaté en marge de manifestations contre la vie chère.

Au cours de cet entretien, l’ancien candidat à l’élection présidentielle avait associé ces événements à la théorie du « grand remplacement ».

Pour illustrer son propos, Éric Zemmour avait notamment évoqué une « horde de barbares maghrébins et africains », tout en faisant référence à la présence de drapeaux palestiniens, algériens et marocains.

Ces déclarations avaient provoqué de nombreuses réactions indignées. Malgré les interventions du journaliste Darius Rochebin, plusieurs collectifs avaient estimé que les propos tenus à l’antenne n’avaient pas fait l’objet d’une contradiction suffisante.

Ils avaient alors demandé à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) d’examiner la séquence.

L’objectif était de déterminer si la diffusion de ces déclarations respectait les obligations applicables aux chaînes de télévision, notamment en matière de lutte contre les discriminations et les discours de haine.

L’Arcom sollicitée et un signalement à la justice

La polémique née de l’intervention sur LCI ne s’était pas limitée aux réactions sur les réseaux sociaux.

Le député La France insoumise de l’Essonne, Antoine Léaument, avait également annoncé avoir saisi la procureure de la République au sujet des déclarations d’Éric Zemmour.

L’élu avait dénoncé des propos qu’il considérait comme racistes et demandé que la justice examine les faits.

Il avait notamment rappelé que le racisme ne relevait pas, selon lui, de la simple expression d’une opinion politique, mais pouvait constituer une infraction pénale.

Ces démarches s’inscrivent dans un contexte où les interventions médiatiques d’Éric Zemmour suscitent régulièrement des débats sur les limites de la liberté d’expression et les obligations des diffuseurs.

Les éléments rapportés par Puremédias ne permettent cependant pas d’établir si cette précédente polémique a directement pesé dans la décision de BFMTV.

La chaîne a uniquement confirmé que l’entretien avait été annulé après l’attaque de Trappes.

BFMTV face à la responsabilité des chaînes d’information

L’annulation de cette interview soulève une nouvelle fois la question de la place accordée aux personnalités politiques controversées sur les chaînes d’information en continu.

La programmation d’Éric Zemmour, ancien candidat à la présidentielle et président de Reconquête, relevait initialement d’un choix éditorial destiné à commenter une actualité nationale particulièrement chargée.

Mais les événements de Trappes ont profondément modifié le contexte dans lequel cette intervention devait avoir lieu.

La pétition soutenue par Benjamin Lucas et les réactions suscitées par les déclarations précédentes du responsable politique ont renforcé l’attention portée à cette invitation.

Pour BFMTV, la décision s’est finalement traduite par une annulation annoncée quelques heures seulement avant l’horaire prévu.

Selon les explications recueillies par Puremédias, Éric Zemmour a été informé de ce changement en fin de matinée, samedi 24 octobre.

À ce stade, aucune nouvelle date d’interview n’est mentionnée dans les informations publiées par le média.

La déprogrammation intervient ainsi dans une période où la couverture médiatique des violences, des tensions identitaires et des discours politiques fait l’objet d’une vigilance accrue.

Sources :

Source principale : Puremédias, « Attaque à Trappes : BFMTV déprogramme en urgence Éric Zemmour ce soir après la colère des internautes », publié le 24 octobre 2026.