Féminicides conjugaux : 111 femmes ont été tuées en 2025

En France, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025, soit quatre de plus qu’en 2024. Ce bilan des féminicides conjugaux s’inscrit dans un recensement plus large de 136 morts violentes au sein du couple, dont les trois quarts ont eu lieu dans un domicile.

Le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint a augmenté en France en 2025. Selon le bilan du ministère de l’Intérieur rapporté par France Culture et le réseau ici, 111 victimes ont été recensées, contre 107 l’année précédente. La hausse est de quatre décès, soit environ 4 %.

Le décompte porte sur les homicides commis dans le cadre du couple ou après une séparation. Il ne recouvre pas l’ensemble des meurtres de femmes susceptibles d’être désignés comme des féminicides. Cette distinction permet de situer le chiffre de 111 victimes : il décrit une catégorie précise de violences, suivie chaque année par les services du ministère de l’Intérieur.

Un bilan plus large de 136 morts

Au total, 136 morts violentes au sein du couple ont été enregistrées en 2025, d’après les données ministérielles relayées par ici. Parmi les victimes figurent 111 femmes et 25 hommes. Les femmes représentent ainsi environ 82 % des personnes tuées dans ce cadre.

Le nombre total de morts violentes au sein du couple est légèrement inférieur à celui de 2024, établi à 138. Cette baisse globale coexiste avec une hausse du nombre de femmes tuées. Les deux évolutions portent sur des périmètres différents : l’un rassemble toutes les victimes recensées, l’autre ne concerne que les femmes tuées par un conjoint ou un ex-conjoint.

La progression observée pour ces dernières s’inscrit dans une hausse déjà constatée entre 2023 et 2024. Selon l’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple publiée par le ministère de l’Intérieur et consultable sur Vie publique, 96 femmes avaient été tuées en 2023, puis 107 en 2024. Le bilan de 2025 porte ce nombre à 111. Ces données annuelles indiquent une évolution sur trois années, sans expliquer à elles seules les facteurs à l’origine des crimes.

Des faits majoritairement commis à domicile

Le domicile demeure le principal lieu des homicides conjugaux recensés. En 2025, 76 % des faits se sont produits au domicile du couple, de la victime ou de l’auteur, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur rapportés par ici. Ce périmètre ne se limite donc pas au logement partagé : il comprend aussi des domiciles distincts.

Les données publiées pour 2025 précisent également les moyens employés dans une partie des faits. Des armes blanches ont été utilisées dans 52 cas et des armes à feu dans 30 cas, d’après ici. Ces chiffres décrivent les faits enregistrés ; ils ne permettent pas, à eux seuls, de dresser le portrait des auteurs ou de déterminer les circonstances de chaque homicide.

Les homicides ne constituent par ailleurs qu’une partie des atteintes les plus graves recensées au sein du couple. Le bilan de 2025 fait état de 435 tentatives d’homicide, contre 403 dans l’étude portant sur 2024. Ces tentatives font l’objet d’un décompte distinct de celui des morts violentes : les additionner sans préciser leur nature donnerait une lecture trompeuse des statistiques.

Ce que mesure le recensement annuel

L’étude nationale est établie à partir des faits enregistrés par les services de police et les unités de gendarmerie. Elle vise les morts violentes au sein du couple, y compris lorsque l’auteur est un ancien conjoint ou partenaire. Dans le débat public, le mot « féminicide » est fréquemment employé pour désigner les femmes tuées dans ce contexte, mais il ne constitue pas une qualification pénale autonome en droit français.

Les chiffres des années précédentes apportent aussi des éléments sur les violences antérieures, sans permettre de décrire de la même manière chacune des situations de 2025. Franceinfo relevait, à partir du bilan ministériel de 2024, que 47 % des 107 femmes tuées cette année-là avaient déjà subi des violences de la part de leur partenaire ou ex-partenaire. Parmi ces victimes ayant subi des violences antérieures, 74 % les avaient signalées aux forces de l’ordre.

Ces proportions concernent le seul bilan de 2024 et ne doivent pas être appliquées aux 111 victimes de 2025. Elles montrent toutefois l’intérêt d’examiner, au-delà du nombre annuel de décès, les informations recueillies sur les faits précédant les homicides. Le rapprochement entre ces éléments et le décompte des tentatives permet de replacer les morts violentes dans le suivi plus large des violences au sein du couple, sans confondre des indicateurs de nature différente.

Le bilan de 2025 confirme une hausse du nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, malgré une légère diminution du total des morts violentes au sein du couple. La comparaison des études annuelles devra continuer à distinguer ces deux évolutions et à préciser ce que les données permettent, ou non, de dire des violences antérieures.

Sources

France Culture : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/le-nombre-de-feminicides-augmente-en-france-111-feminicides-recenses-en-2025-2325025

ici : https://www.ici.fr/infos/societe/violences-conjugales-111-femmes-tuees-en-2025-par-leur-conjoint-ou-ex-conjoint-en-hausse-de-4-sur-un-an-9509573

Vie publique : https://www.vie-publique.fr/rapport/300372-etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-2024

Franceinfo : https://www.franceinfo.fr/societe/feminicides/feminicides-conjugaux-107-femmes-tuees-leur-conjoint-ou-ex-conjoint-en-2024-un-chiffre-en-hausse-de-11-en-un-an-selon-le-ministere-de-l-interieur_7586777