Les frappes en Arabie saoudite et les opérations menées en retour au Yémen alimentent les tensions autour d’une éventuelle intervention américaine. Les houthistes préviennent qu’ils s’en prendraient aux intérêts des États-Unis dans la région si Washington participait directement aux attaques contre leur mouvement. Au 13 octobre, aucune participation directe américaine n’était annoncée.
Le mouvement houthi a adressé un avertissement aux États-Unis alors que l’Arabie saoudite cherche leur soutien face aux attaques visant son territoire. Mohammed al-Bukhaiti, membre de son bureau politique, a indiqué à l’Agence France-Presse que les intérêts américains dans la région seraient visés si Washington entrait directement dans la guerre au Yémen. La menace porte sur une intervention éventuelle, et non sur une opération américaine déjà annoncée.
Cette déclaration intervient après une série d’attaques contre des infrastructures saoudiennes, notamment aéroportuaires, tandis que Riyad mène des frappes au Yémen. Selon Le Monde, le royaume réclame l’appui de Washington sans avoir obtenu, à ce stade, l’engagement qu’il demande. La question d’une participation américaine constitue désormais l’un des principaux enjeux de cette escalade.
Une attaque meurtrière à Riyad
L’aéroport international King Khalid, à Riyad, a été touché par une attaque samedi 10 octobre. Les informations rapportées par l’AFP font état de 13 morts et de plusieurs centaines de blessés. Ce bilan concerne cet épisode précis : il ne doit pas être confondu avec les chiffres avancés pour l’ensemble des attaques récentes contre des installations saoudiennes, qui varient selon les publications.
La nature exacte de l’attaque fait également l’objet de récits opposés. Les houthistes affirment avoir visé l’aéroport de Riyad au moyen d’un missile balistique et avoir mené une autre opération, avec un drone, contre une base aérienne à Khamis Mushait. De son côté, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite dit avoir intercepté et détruit un missile lancé vers la capitale, rapporte The Jerusalem Post. Ces déclarations ne permettent pas, à elles seules, d’établir le déroulement complet des faits.
Des perturbations au-delà des sites visés
Les attaques et les menaces concernent plusieurs sites aéroportuaires et militaires saoudiens, au-delà de la capitale. D’après The Jerusalem Post, les autorités saoudiennes ont prolongé la suspension des opérations à l’aéroport King Khalid afin de vérifier la sécurité et l’état de ses installations. Les conséquences se mesurent ainsi aussi dans la circulation aérienne, indépendamment des bilans humains.
Les États-Unis et le Royaume-Uni ont alerté leurs ressortissants sur les risques de perturbation des vols et de l’espace aérien saoudien, selon Democrata. Ces avis aux voyageurs ne constituent toutefois pas une annonce de participation militaire. Ils témoignent des répercussions de la situation sur les déplacements civils, alors que les autorités évaluent les conditions de sécurité des infrastructures.
Washington examine sa réponse
Donald Trump a condamné l’attaque contre l’aéroport de Riyad et déclaré que les États-Unis étudiaient la possibilité de rejoindre les opérations saoudiennes contre les houthistes, selon l’AFP. Un entretien avec le prince héritier Mohammed ben Salmane était également envisagé. Ces déclarations marquent une ouverture à l’examen de cette option, sans valoir décision d’engager directement les forces américaines dans des frappes.
La distinction entre appui et intervention est importante. D’après NPR, Washington fournit déjà du renseignement et une aide à l’identification de cibles. Le média précise toutefois que les États-Unis n’avaient pas accepté de mener eux-mêmes des frappes ni d’accorder certains moyens logistiques sollicités par Riyad, dont le ravitaillement en vol. Ce soutien rapporté par NPR ne doit donc pas être assimilé à une entrée directe dans les opérations.
Un risque d’extension du conflit
L’Arabie saoudite et les houthistes se font face dans un conflit qui dépasse les seules attaques contre les aéroports. NPR fait état d’actions houthies visant aussi des installations pétrolières et des navires, tandis que Riyad poursuit ses frappes au Yémen. Les attaques contre les transports aériens ajoutent une dimension civile immédiate à cette confrontation, en touchant des lieux fréquentés par les voyageurs et en entraînant des restrictions de vols.
Les houthistes, présentés comme soutenus par l’Iran dans les informations publiées par Le Monde et l’AFP, cherchent à dissuader Washington de franchir le seuil d’une participation militaire directe. Leur avertissement vise les intérêts américains dans la région, sans préciser dans les éléments disponibles quelles installations seraient concernées. Dans ce contexte, les déclarations des parties sur leurs opérations et leurs pertes doivent rester attribuées : elles ne fournissent pas un bilan indépendant de l’ensemble des frappes menées des deux côtés.
Au 13 octobre, l’éventualité d’une intervention américaine demeure à l’étude, tandis que Riyad cherche un soutien plus important et que les houthistes menacent de riposter. La portée de la réponse de Washington déterminera si la confrontation reste centrée sur l’Arabie saoudite et le Yémen ou s’étend aux intérêts américains dans la région.
Sources
Agence France-Presse : https://www.afp.com/en/houthi-official-warns-swift-painful-response-if-us-enters-yemen-war
The Jerusalem Post : http://payments.jpost.com/middle-east/article-911498